Bais, une Voie de la Liberté


Photo Remonter le temps – IGN – 1950
Cette enquête sur un épisode sur la libération et rattaché à Bais commence il y a environ 30 ans avec le témoignage de M. Cadieu à Louvigné-de-Bais. Il évoquait l’atterrissage de plusieurs avions américains, des Piper, dans une prairie de la commune. À l’époque, je ne connaissais même pas Bais. Les rumeurs mentionnaient aussi une station radar allemande à proximité, à la « Morinais » de Vergéal.
Plus tard, en 2007, je m’installe à Bais et deviens membre, en 2009, de l’Union des Anciens Combattants (UNC) de Bais. Environ 15 ans plus tard, l’UNC reçoit le courrier d’un ancien de Bais, habitant désormais Rennes. Il racontait avoir été témoin, durant la guerre, de la présence d’une unité de transmissions de l’armée américaine stationnée dans un champ au « Haut Goué ». Ne connaissant pas encore l’histoire de la libération de notre région, je n’ai pas pu lui répondre.
Quelques années après, Dominique Taburet me signale un autre bivouac américain : celui d’un campement dans un champ près de la ferme de « La Chenevetrie », sur la route de Teillais menant à Domalain.
Le fil des souvenirs
Au début de l’année 2025, Roger Colombel, né au village de « La Greulière » en 1945, partage ses souvenirs. Il se rappelle l’histoire racontée par sa famille, celle de petits avions américains qui avaient atterri dans la grande prairie « d’Housillé », juste en face de leur ferme. Son grand frère, très jeune à l’époque, fut même invité par un pilote à monter dans un des avions pour aller en Amérique !
Roger me signale que Marcel Reuzé, qui habitait au « Bas-Goué », avait aussi connaissance de cette histoire. Je décide d’aller le rencontrer le 19 août, et il confirme le récit. « Bien sûr que je me souviens de ces avions venus atterrir dans la grande prairie de 8 hectares. Je me souviens de tout comme si c’était hier, » me confie l’homme, âgé de 96 ans. Je me trouvais à travailler dans le champ juste en face quand ils arrivèrent pour venir se poser dans la prairie. Des petits avions de reconnaissance venus se poser dans notre dans la grande prairie « d’Housillé », (4 hectares d’après le cadastre).
Il se remémore également un autre événement. Alors qu’il était au bout du chemin de la ferme familiale du « Haut-Goué » avec ses parents, une Jeep s’arrête. Un général américain et son ordonnance demandent la route de teillee, teilleee, de Teillais. Mon père comprit enfin. Je proposais de monter dans la jeep mais mon père refusa catégoriquement. »
Autres témoignages marquants
Peu après l’arrivée des Américains, des soldats canadiens ! s’installèrent dans la prairie de trèfle appartenant à la famille Reuzé, non loin de la route de Vergéal. Ils y déployèrent trois imposants canons : l’un orienté vers l’ouest, le deuxième vers le nord-est, et le dernier vers le sud-est. Ces hommes restèrent sur place pendant trois jours, et certains prêtèrent main-forte à la famille pour les travaux liés à la paille.
Les canons avaient été placés sous nos pommiers. Une radio, posée sur une vieille charrue à l’entrée du champ, diffusait leurs échanges. On pouvait entendre leurs conversations, comme un écho lointain de la guerre qui se jouait ailleurs.
Une nuit — ou peut-être un soir, comme le raconte Marcel — un avion allemand a survolé le champ où se trouvaient les canons. Avec nos parents, nous avons été pris d’une grande peur : celle de voir des bombes tomber sur notre ferme.
Un drame est survenu à la ferme du « Breil »
Après le départ des soldats américains et de leurs trois canons de notre prairie du Haut-Goué, notre voisin, Louis Theuret de la ferme du Breil, située à Vergéal juste après notre prairie, fit une découverte tragique. En fouillant les lieux, il trouva un sac contenant des grenades abandonnées.
Malheureusement, pris d’une mauvaise intuition, il monta au grenier avec sa femme pour examiner l’objet… et ce fut l’explosion.
Une ouvrière de leur ferme accourut chez nous, affolée, en criant : « Un grand malheur est arrivé au Louis ! » Je partis aussitôt avec mon père vers leur ferme. Là, Louis, dans un état effroyable, dit à mon père : « Pourtant, j’ai fait l’armée… mais je ne connaissais pas cet engin. Je me suis fait avoir. »
Louis avait les mains arrachées, le ventre ouvert. Il fut transporté en urgence à l’hôpital de La Guerche, mais il succomba rapidement à ses blessures. Sa femme, elle, fut blessée à la jambe par un éclat.
Plus loin, dans notre autre champ celui de la « Bonnelière » en bordure de la route menant à Bais, une autre troupe s’installe. À leur arrivée, ils arrachent nos jeunes plants de pommiers. Adolescent, par curiosité, je m’approche du camp, mais une sentinelle me crie « Halt ! Halt ! » en me mettant en joue. J’ai failli me faire tuer ce jour-là. Il me semble qu’il y avait eu qu’une tente, j’ai pensé à un PC, pour des officiers. Il n’y avait pas de gros véhicules.
Dans un autre de nos champs un peu plus loin que la « Bonnelière », il y a eu aussi plusieurs camions à stationner. Puis comme les ceux de la prairie de la « Bonnelière », ils durent partir durant une nuit.
Le témoin raconte aussi le passage incessant de tanks et de véhicules pendant au moins deux jours. La route et les fossés menant au bourg ont été complètement défoncés.
Ces témoignages ont lancé mes recherches, d’autant plus que l’histoire de la 2ème Division Blindée du Général Leclerc était mentionnée. J’avais appris qu’elle était passée par Vitré, Argentré-du-Plessis et Domalain, où le général aurait passé une soirée avant de prendre la route du Mans le 7 août 1944.
La piste de la 2ème DB
L’année 2024 a marqué le 80ème anniversaire de la libération. En Ille-et-Vilaine, une borne « Voie de la 2ème DB » a été inaugurée à Domalain le 17 septembre 2012, confirmant la présence de la division dans la région.
Au début de mon enquête, fin février, je pensais donc que l’unité ayant bivouaqué à Bais, notamment dans la prairie près de la route de Teillais/Domalain, appartenait à la 2ème DB. Cependant, en consultant le site de la Fondation du Maréchal Leclerc et en analysant le parcours de ses unités, de nouvelles réponses sont arrivées.
La 2ème Division du Général Leclerc

Le 05/08/44 : A 8h, le Capitaine CHANSON accompagné du Lieutenant MESSIAH se rend à une réunion au Q.G., reçoit communication d’ordres préparatoires de mouvement et se rend en reconnaissance d’une nouvelle zone de stationnement dans la région 15 km sud sud-est d’Avranches, départ à 9h, arrivée à 13h. Le Lieutenant BREZINA est détaché. Entre 23h et 24h activité aérienne ennemie sur la region sud d’Avranches. Tirs de D.C.A. américaine (90, 40).
2ème Bie : Le Lieutenant MARTY dépose à la caserne ROCHAMBAULT à Cherbourg, 9 prédicteurs et 9 générateurs. La batterie est réunie en bivouac avec le groupe, à Vesly près de la Haye-du-Puits.
3ème Bie : Arrivée du complément de matériel. La batterie est au complet à I8h.
Le 06/08/44 : Le Capitaine CHANSON retourne au stationnement du groupe à Vesly et rend compte de sa mission. Départ d’une reconnaissance par batterie à l6h. Le groupe fait mouvement suivant ordre de mouvement de la Division, passage à Vesly de la téte de colonne du groupe à 20h. Ordre des batteries: E.M.. l, 2, 3, 4. Itinéraire: Vesly, Périers, Coutances, Gevrey, La Haye-Pesnel, Avranches, Ducey, St-Aubin-de-Terregatte et stationnement.
2ème Bie : Départ de Vesly å 19 heures. Arrivée au bivouac au sud de Bauerie à 3h00 le 07/08/44.
3ème Bie : 19h20, départ du bivouac de Vesly en colonne de Division. Une mutation à la 4ème batterie.
Les autres batteries occupent un stationnement entre St-Aubin-de-Terregatte et St~James, EM. et la 2ème batterie sur G.C.78A entre St-Aubin-de-Terregarte et St-James, 1ère et 3ème batteries sur I.C.67 allant de St-Senier-de-Beuvron au G.C.78A (toutes ces batteries à moins de 2 km au nord carrefour G.C.78A – I.C.67). Les tirs des canons de 40 est autorisé en toutes circonstances sur avion reconnu ennemi. Les mitrailleuses ne sont pas autorisées à ouvrir le feu.
Dans la nuit du 6 au 7 août, réception d’ordres préparatoires du mouvement en direction de la région à 6 km nord de la Guerche-de-Bretagne. A 8h30, départ en reconnaissance du Lieutenant MESTDAG (plus 2 half-tracks avec 1 Jeep). A 9h, réunion des chefs de corps et de leur adjoint (Commandant LANCRENON, Capitaine CHANSON) au Q.G. de la Division. Le Général LECLERC fait un exposé de la situation et des enseignements à tirer des opérations d`une division blindée en Bretagne (Enseignements recueillis pendant ces opérations par le sous-chef d’Etat-Major). A 11h, le Capitaine CHANSON prend contact au Q.G. du XXème Corps avec l’officier de liaison du groupe A.A.A. (Anti-Aircraft Artillery) – Artillerie anti-aérienne) du XXème Corps auprès de ce Corps. (Major General Walton Walker, commandant XXème Corps d’armée US). A l4h, le Commandant LANCRENON accompagné du Lieutenant PESKINE se rend au P.C. du groupe A.A.A. du XXème Corps (entre Vitré et la Guerche-de-Bretagne). A 17h30, réception d’un ordre préparatoire d`opérations en direction de l’est. Des reconnaissances sont envoyées par la Division, le groupe des F.T.A. (Forces Terrestres Anti-aériennes) sauf la 4ème batterie qui reste détachée à la base) passe aux ordres du Colonel Commandant le R.M.S.M. (1er régiment de spahis marocains) et reste sur les emplacements actuels, guidé et articulé en direction de l’est. Le Lieutenant MESSIAH est détaché auprès du Colonel commandant le R.M.S.M. De 22h à 2h, activité aérienne ennemie au dessus de la zone de stationnement de la Division (bombardement).
La 537th Anti-Aircraft Artillery Automatic Weapons Battalion (A.A.A. A.W)
Selon le journal de marche de la Battery B du 537th AAA AW Battalion, ce dernier pourrait la bonne unité en protection des troupes dans le secteur de Domalain.
Le 537th AAA AW Battalion a traversé la région au sud de Vitré autour du 5–7 août 1944, dans le cadre de la poussée vers la Mayenne et Laval.
Le 1er août, ils sont à Saint-Hilaire-du-Harcouët, au sud d’Avranches.
- Le 3 août, ils engagent des formations aériennes allemandes (16 et 38 avions), réussissant à les disperser.
- Le 5 août, ils sont bombardés sans pertes, puis rejoignent le 344th FA Battalion.
- Le 7 août, ils traversent la Mayenne entre Mayenne et Laval, poursuivant leur route vers le sud-est.
L’officier de liaison A.A.A. au Q.G. du XXème Corps. Son rôle était essentiel : Transmettre les ordres du commandement du corps aux unités antiaériennes.
Positionner les batteries en fonction des menaces aériennes et des priorités opérationnelles.
Assurer la coordination avec les divisions (blindées, d’infanterie, d’artillerie) pour éviter les tirs amis.
Analyser les rapports de reconnaissance aérienne et proposer des ajustements de couverture.
Ce poste exigeait une connaissance fine du terrain, des capacités de communication interarmes, et une réactivité tactique face aux évolutions du front.
Lors de la percée vers Le Mans : L e 537th AAA AW Battalion et le 344th FA Battalion avancent en parallèle avec le XXème Corps. L’officier de liaison A.A.A. aurait été chargé de positionner les batteries autour de points sensibles comme Domalain, Bais, ou les carrefours routiers. Il aurait aussi coordonné les tirs contre les Fw 190 et Me 109 qui survolaient les colonnes.
Le 07/08/44 : La tête de colonne arrive aux lieux de stationnement le 7 à 2h. Activité aerienne ennemie (bombardement) dans la région d’Avranches, Ducey pendant toute la première panîe dans la nuit (22h à 2h). Tirs de la D.C.A. américaine (90, 40, 12,7). La colonne du groupe se trouve sur les itinéraires bombardés au moment de son passage. Aucun incident sérieux à signaler pour le groupe. A l`arrivée dans la zone de stationnement de la Division, une batterie (4ème) est mise à la disposition du Colonel commandant la base pour assurer la protection de la base au stationnement et en déplacement. Cette batterie rejoint la base dès son arrivée, sur un emplacement reconnu par le Lieutenant MESSIAH et le Sous-lieutenant CHRISTOPHE, et se met en position au jour. P.C. de la batterie sur route Pontaubault St-James, à 3 km sud de Pontaubault.

Une batterie du 537th AAA AW Battalion en position au nord de Domalain, le 7 août 1944. On y voit le M16 MGMC camouflé sous les feuillages, le Quadmount .50 cal braqué vers le ciel, les soldats en alerte. Image générée par IA via Microsoft Copilot.
Composition du 537th AAA AW Battalion
👥 Effectif humain
| Poste / Fonction | Nombre approximatif |
|---|---|
| Commandement (officiers supérieurs) | 10–15 |
| Officiers de batterie (A, B, C, D) | ~20 par batterie |
| Sous-officiers (sergents, chefs de section) | ~80–100 |
| Tireurs et opérateurs radio | ~200–250 |
| Conducteurs et mécaniciens | ~100 |
| Personnel logistique et médical | ~50 |
| Total estimé | ~600 hommes |
Chaque batterie (A, B, C, D) était divisée en plusieurs sections (ex. B1, B2, B3…), chacune avec ses propres véhicules et équipes de tir.
🔧 Matériel principal
| Équipement | Quantité estimée | Description |
|---|---|---|
| M16 MGMC (Multiple Gun Motor Carriage) | ~24 | Half-track équipé du Quadmount .50 cal |
| M15A1 Half-track | ~8 | Variante avec canon 37 mm + .50 cal |
| Jeep Willys MB | ~30 | Liaison, commandement, reconnaissance |
| Camions GMC CCKW 2.5t | ~40 | Transport de troupes et munitions |
| SCR-610 / SCR-510 radios | Nombre variable | Communications tactiques |
| Munitions .50 cal | Plusieurs tonnes | Pour les Quadmounts |
| Camouflage et filets | Standard | Pour dissimulation des positions |
| Antennes fouet | Montées sur véhicules | Liaison radio longue portée |
🛡️ Organisation tactique
- HQ Company : commandement, communications, logistique
- Battery A–D : chacune composée de 4 à 6 sections de tir
- Sections : 1 half-track + 4 à 6 hommes (conducteur, chef de pièce, tireurs, radio)
- Déploiement : en soutien mobile des divisions d’infanterie, souvent en embuscade ou en couverture de points stratégiques (ponts, carrefours, dépôts)
| 🕒 Heure | 📍 Localisation | 🎖️ Acteurs impliqués | 🔧 Action / Événement clé |
|---|---|---|---|
| Nuit du 6 au 7 | 6 km au nord de La Guerche-de-Bretagne | État-major de la 2e DB | Réception d’ordres préparatoires pour mouvement vers l’est. |
| 08h30 | Secteur nord de La Guerche | Lt MESTDAG + 2 half-tracks + 1 Jeep | Départ en reconnaissance vers la zone d’opérations. |
| 09h00 | Q.G. de la 2ème DB | Cmdt. LANCRENON, Cne CHANSON, chefs de corps | Réunion de coordination. Leclerc expose les enseignements de la campagne bretonne. |
| 11h00 | Q.G. du XXème Corps | Cne. CHANSON / Officier de liaison AAA / Maj. Gen. Walton Walker | Prise de contact officielle entre la 2e DB et le groupe AAA du XXème Corps. |
| 14h00 | P.C. du groupe AAA (entre Vitré et La Guerche) | Cmdt. LANCRENON, Lt. PESKINE | Visite au poste de commandement AAA pour coordination tactique antiaérienne. |
| 17h30 | Q.G. de la 2ème DB | État-major de la division | Réception d’un ordre préparatoire d’opérations vers l’est. |
| 18h00 | Emplacements actuels (Domalain/Bais) | Groupe F.T.A. / 1er R.M.S.M. | Le groupe F.T.A. (sauf 4e batterie) passe sous les ordres du colonel du R.M.S.M. |
| 18h30 | Q.G. du R.M.S.M. | Lt. MESSIAH | Détachement du Lt. MESSIAH auprès du colonel commandant le R.M.S.M. |
| 22h–02h | Zone de stationnement de la 2ème DB | 2ème DB / F.T.A. / AAA américaines | Bombardement aérien ennemi. Activité intense au-dessus des positions françaises. |
Le 7 Août 1944, Extrait du J.M.O. du 12 CUIRS. A 08H00, ravitaillement en essence et gas-oil. Des précurseurs partent vers la préparation d’un bivouac à 10 km au sud de Vitré, sur la route Vitré – La Guerche-de-Bretagne à La HERVIERES, « La Heinrière« , situé au Sud de Vitré.
2ème Bie : Stationnement.
3ème Bie : 3h. arrivée au bivouac au sud de St-Aubin~de-Terregatte. Pendant la route, Pontorson, la 6ème pièce, a été accidenté. Il rejoint seulement vers 10h. Une Jeep, première section, endommagée par éclatement de bombe sur la route. A I9 h, entrée en opérations. Ordre de se tenir prêt à intervenir pour repousser attaque allemande prévue dans la région de Mortain. Le groupe est en réserve sous les ordres du Colonel commandant le R.M.S.M.
4ème Bie : Activité aérienne ennemie, plusieurs bombes sont tombées autour du convoi, deux véhicules endommagés par collision. Nouveau cantonnement au sud de Pontaubault.
Le 08/08/4 : Le groupe est stationné entre St-Aubin-de-Terregatte et St-James, 15 km sud sud-est d’Avranches. A 19h30, le Commandant de groupe, après liaison avec lc Q.G. de Ia Division, donne un ordre de mouvement pour le groupe.
1) Colonnes de combat allégées : Batterie d’E.M., le Commandant, et Capitaine CHANSON, le Lieutenant MESTDAG, le Lieutenant MESSIAH et le Lieutenant BREZTNA dans un Command Car, une Jeep, un 750 kg (5-13).
Batterie de tir 1, 2, 3, les véhicules de commandement (3 Jeeps, 2 750, 1 1500), les 8 autocanons et 1 2T5 des T.C.
Départ de la colonne ainsi constituée à 20h30, intercalée entre deux éléments de la Division (G.T.L. et Q.G.). Itinéraire : St-James, G.C. 12, G.C.40, Antrain, G.C.96, N776, N792. St-Aubin-du-Oonnier, Vitré, G.C.88. Argentré-du-Plessis, Cuillé, N80x, Cossé-le-Vivien. D4, Quelaines, DI, Château-Gontier, N769, Grez-en-Bouère, Boucssay. NI59, Sablé, N768, Le Mans.
2) la 4ème batterie reste détachée à la protection de la base et fera mouvement le 9 avec cet élément.
3) le reste du groupe fera mouvement le 9, départ du stationnement à 9h45, sous le commandement du Capitaine DOUVILLE, même itinéraire que ci-dessus.
2ème Bie : Départ de la batterie de tir à 20h00. Les T.C. et les T.R., qui restent sur place. subissent un bombardement aérien de nuit assez violent. Pas de dégât.
3ème Bie : 22h à 1h30 : passages d’avions ennemis, bombardement des environs, tirs de D.C.A., 3 avions abattus. On apprend dans la matinée que l’attaque allemande a échoué et que les Américains détruísirent 135 chars et reprirent enfin Mortain. 19h40, ordre de se tenir prêt à partir pour 20h30. 20h30, départ de la batterie de tir.
4ème Bie : Bombardement aérien ennemi.
Le 09/08/44 : Entre 0h et lh, les éléments du groupe restés en stationnement font l`objet d’un bombardement d’aviatíon, un blesse grave évacué (Canonnier FOURNET) et un blessé léger a la batterie d’E.M. Au passage å Chãteau~Gontier des colonnes combat du groupe (8h), la 2ème batterie reçoit l’ordre du Commandant de groupe de prendre position à Château-Gontier autour du pont sur la Mayenne en protection du mouvement de la Division (point de passage obligé å écoulement difficile). A 9h30 arrivée des 1ère et 3ème batteries à Bouessay (6 km nord-ouest de Sablé) après liaison avec le 3ème bureau précurseur de la Division. Le Commandant de groupe fait mettre en position la 1ère batterie dans la région nord-est d’Auvers-le-Hamon (8 km nord de Sablé) en protection de la zone de stationement du QG. et la 3ème batterie dans la région nord de Sablé (G.C.l2. G.C.37) en protection du G.T.D. A 10h, le Capitaine CHANSON et le Lieutenant MESTDAG effectuent une liaison au P.C. de l’A.A.A. du XVème Corps auquel la 2ème D.B. est désomtais rattachée. (P.C. à Blandouet, 22 km nord de Sablé). A 14h, le Commandant du groupe en liaison au Q.G. reçoit l’ordre de placer deux batteries en position au nord du Mans, en protection de deux ponts de bateaux en construction sur la Sarthe. ll convoque les reconnaissances des Ière et 2ème batteries et donne l’ordre de mouvement à ces deux batteries. Reconnaissance et mise en place s’effectuent entre 14h et 17h. La 1ère batterie assure la défense du pont sud à St-Pavace (39-40), la 2ème batterie la défense du pont nord près de Neuville-sur-Sanhe (39-44). Vers 17h à Gennes-sur-Sarthe, le Maréchal-des-Logis BOUCHER (2ème batterie) et le Canonnier CHALMEL (1ère batterie) sont blessés accidentellement et évacués. A 20h30. le Sous-lieutenant GLOAGUEN commandant la 1ère batterie, au cours d’une mission de liaison, fait un prisonnier à St-Marceau et le ramène en croisant une colonne de chars ennemis qui le prennent sous leur feu. A 18h, la 3ème batterie reçoit la mission de protéger le Q.G. dans la région d’Auvers-le-Hamon, mise en position terminée à I9h. A 23h, les éléments du groupe partis du stationnement de St-James à 9h45 arrivent à Bouessay. Ils sont dirigés par l`itinéraire Sablé, Cheville, Brûlon, Joue-en-Charníc, Chassillé, Coulans-sur-Gée, sur une none de stationnement située entre Coulans-sur-Gée et Chauffour-Notre-Dame. (route Nl57, 12 km est du Mans). Arrivée å cette zone d’attente à 3h. La 4ème batterie suit la base dans son mouvement et assure sa protection.
2ème Bie : Mise en batterie autour du pont de Château-Gontier (Mayenne) pour la protection du passage de la Division. A 16 heures, départ pour le Mans, puis mise en place pour la protection du pont de bateaux nord sur la Sarthe établi à Neuville-sun Sarthe. Mise en place terminée à 22 heures. Les T.C. rejoignent sous le commandement du Capitaine DOUVILLE. Le Marechal des Logis Chef BOUCHER est grièvement blesse à la suite d’un acte de démence du Canonnier CHALMEL de la 1ère batterie.
3ème Bie : 13h, mise en batterie pour la protection des passages nord de Sablé. 15h, mise en position dans la zone de stationnement du G.T.L. pour protection. 19h30. ordre de se porter région Chauffour-Notre-Dame puis passe la Sarthe sur ponts de bateaux au nord du Mans vers l5h. 15h, reçoit mission de mettre la batterie en position pour défendre la zone de statiotmement du Q.G. au carrefour de Ballon.
4ème Bie : Bombardement aérien de nuit. Départ pour Bouessay.
Aspirant BOSCQ Jean Marcel
97ème escadron de quartier général – 2ème Division Blindée
Nous allons intercaler l’histoire de Jean Marcel Boscq, il est né le 18 avril 1921 à Casablanca (Maroc), décédé des suites de ses blessures le 9 août 1944 à Vitré (Ille-et-Vilaine) ; étudiant ; FFL. Voici sa fiche.
Cela mérité d’en parler car il existe un monument dédié à Jean Marcel Boscq. Il s’agit d’une stèle commémorative érigée à l’endroit où Jean Marcel Boscq a été mortellement blessé le 9 août 1944, lors d’un accident en service commandé. La stèle se trouve le long de la route départementale D105, en direction de Cornillé, à la sortie de Vitré.
Elle porte l’inscription : « À la mémoire de Jean Marcel Boscq, aspirant au 28e Escadron du Train, mort pour la France le 9 août 1944 ».
L’acte de décès numéro 130 dressé à l’état civil de Vitré le 9 août 1944 déclare que Jean Marcel Boscq, aspirant au FTG (Fleet Training Group) du QG, matricule 56221 est « décédé ce même jour à une heure trente sur le territoire de la commune de Vitré, aux Ormeaux-Ambulance américaine ».
Une mention additive, ajoutée à son acte de décès le 21 novembre 1944, le dit « aspirant au 28ème Escadron du train des équipages militaires ».
Cette mention « FTG (Fleet Training Group) », enregistrée en erreur a fait dire un moment par des personnes de la région que Jean Marcel Boscq était un soldat américain. Une rumeur signale que ce dernier prit d’une crise de démence, aurait été blessé par un soldat américain !
Le terme Fleet Training Group est typiquement associé à la marine britannique ou américaine, désignant des unités chargées de la formation opérationnelle des équipages de flotte. Or, Jean Boscq était aspirant dans une unité de la France Libre, formé en Angleterre, et affecté à une division blindée.
Une erreur de transcription ou de terminologie : Il est possible que le terme « FTG » ait été mal interprété ou mal traduit dans l’acte de décès. Rappelons nous que ce dernier est décédé dans une ambulance américaine stationnant sur Vitré. Le contexte militaire français n’utilise pas cette appellation.
Le 28ème Escadron du Train des Équipages Militaires (ETEM) est une unité qui n’a jamais été rattaché à la 2ème Division Blindé du général Leclerc. Il s’agit d’une erreur.
- Les unités du train affectées à la 2ème DB sont :
- Les 197ème et 297ème compagnies de transport,
- La 397ème compagnie de circulation routière
- La 497ème compagnie de services
- Le 97ème escadron de quartier général.
L’aspirant Jean-Marcel BOSC était affecté à la 97èmeescadron de quartier général. Le 97ème escadron faisait partie du Train Divisionnaire, aux côtés des compagnies de transport (197ème, 297ème), de circulation routière (397ème), et de services (497ème). Il ne relevait pas directement du Groupe d’Exploitation d’Intendance ni du Bataillon Médical, mais jouait un rôle transversal essentiel à la coordination divisionnaire.
Merci au forum La 2ème Division Blindée de Leclerc pour la rectification au sujet de l’erreur de l’unité.
Organigramme du 12e groupe d’armées (États-Unis)
- 12th Army Group – Général Omar Bradley
- 1re armée – Gen Courtney Hodges
- III Corps – Gen James Van Fleet
- V Corps – Gen Clarence R. Huebner
- VII Corps – Gen Joseph Lawton Collins
- XVIII Airborne Corps – Gen Matthew Ridgway
- 3e armée – Gen George S. Patton
- VIII Corps – Gen Troy H. Middleton
- XII Corps – Gen Manton S. Eddy
- XX Corps – Gen Walton Walker
- 9e armée – Gen William Hood Simpson
- XIII Corps – Gen Alvan Cullom Gillem, Jr.
- XVI Corps – Gen John B. Anderson
- XIX Corps – Raymond S. McLain
- 15e armée – Gen Leonard T. Gerow
- XXII Corps – Gen Ernest N. Harmon
- XXIII Corps – Gen Jesmond Dene Balmer
THE XX CORPS (United States)
Le 20ème corps d’armée (États-Unis)

Headquarters and Headquarters Battery XX Corps Artillery
Corps Artillery Organization – 9 August 1944
Headquarters and Headquarters Battery XX Corps Artillery
HISTORY OF THE XX CORPS ARTILLERY
LES CAMPAGNES DE NORMANDIE ET DU NORD DE LA FRANCE
1er août – 31 août 1944

Major General Walton Walker
The Command Post of the XXth Corps
Campaigns of Normandy and France, XX Corps operational report, 1 August – 1 September 1944
Le 1er août 1944, la Troisième Armée américaine, sous le commandement du lieutenant-général George S. Patton Jr., devint opérationnelle. L’heure d’action du XXème Corps était imminente. À la même date, le 5ème Groupe d’artillerie de campagne et les 83ème, 695ème, 696ème et 177ème Bataillons d’artillerie de campagne furent détachés de l’artillerie du XXème Corps et rattachés au VIIIème Corps pour sa percée à travers la péninsule bretonne.
Le 3 août, les groupes de reconnaissance du Corps d’artillerie furent les premières unités à se déplacer. À 7 h 17, ils partirent avec pour mission de rechercher des points de franchissement d’artillerie sur les rivières Rousse et Sélune et de sélectionner des zones de bivouac dans les environs de Fleury, à une centaine de kilomètres au sud de Saint-Jacques-de-Néhou. Tous les commandants de groupe furent rassemblés au poste de commandement du quartier général de l’artillerie le soir du 3 août et l’ordre fut donné de faire marcher toutes les unités du Corps le lendemain matin vers les environs de Fleury. Le déplacement commença à 9 h 35, le 4 août, et après avoir parcouru 85 kilomètres, le Headquarters XXth Corps Artillery installa son poste de commandement à 1,6 kilomètre au sud-est de Fleury à 13 h. Peu après son arrivée sur place, on découvrit que le XXth Corps Artillery se trouvait encore à une distance considérable des combats, qui progressaient rapidement vers le sud, les lignes allemandes se désintégrant sous le poids de la percée américaine à Avranches. L’ordre fut donné à 5 h 35, le 5 août, pour que l’artillerie du Corps d’armée reprenne la route. La destination cette fois était Saint-Martin-de-Landelle, à cinquante-six kilomètres plus au sud, atteinte à 9 h. C’est là que le quartier général de l’artillerie du XXème Corps d’armée connut son premier bombardement aérien ennemi, lorsque les Allemands lancèrent la Luftwaffe, longtemps inactive, pour tenter de préparer le terrain à leur attaque du 7 août, depuis Mortain en direction d’Avranches.
La Luftwaffe donnait tout ce qu’elle avait. Notre poste de commandement, juste à l’est de Saint-Martin-de-Landelle, subit pendant trois nuits consécutives le poids des bombardements ennemis acharnés sur nos colonnes routières et les ponts sur la Sélune et la Rousse, près de Saint-Hilaire-de-Harcouët. La nuit du 6 août fut notre premier véritable baptême du feu dans la guerre. La terre tremblait sous le fracas des bombes, le sol était « clair comme le jour » grâce aux fusées éclairantes ennemies qui semblaient suspendues dans les airs, le ciel était rouge sous les rafales de balles traçantes de calibre 50 et les rafales d’obus de 90 mm, deux avions Jerry en flammes luisaient comme des boules de feu en s’abattant vers la mort, et le bruit était assourdissant du rugissement des moteurs, du fracas des bombes et des tirs furieux de la DCA. Ce spectacle dura trois nuits avant que l’ennemi ne s’affaiblisse. Nous n’oublierons jamais ces nuits. C’est alors que hommes et officiers apprirent à utiliser les tranchées.
La contre-attaque de Mortain
Du 6 au 13 août 1944
Opération Lüttich, nom de code allemand
Cette contre-attaque de Mortain nous la connaissons bien, ayant travaillé au sein de l’ABSA 39-45 à établir les pertes aériennes en Bretagne.
- Le 6 août – Corseul, Ju 188 F-1
- Le 6 août – Saint Michel de Plélan – Do 217 M-1
- Le 7 août – Les Champs Géraux – Heinkel 111
- Le 7 août – Bazouges La Pérouse – Ju 88 R-2
- Le 7 août – Rennes-Est – Bf 109 G-6
Nous avons de nombreuses pertes du 6 au 10 août sur le département de la Mayenne.
Des pertes plus nombreuses pour le département de la Sarthe.
C’est une histoire pour le moins singulière : celle d’un mystérieux missile V1 qui explosa dans le bourg de Coësmes, en Ille-et-Vilaine, au mois d’août 1944. Cet événement, aussi surprenant qu’isolé, s’inscrit dans le contexte plus large de la contre-offensive allemande de Mortain. Il constitue un épisode méconnu mais remarquable de la Seconde Guerre mondiale dans cette région, révélant l’empreinte inattendue du conflit sur le territoire breton.

Cliquez sur la bombe volante

Patton en uniforme de lieutenant-général (1943 ou 1944).
Le général Patton à partir du 6 août avait installé son poste de commandement, au manoir du Long-Pré, à Saint-Méloir. Patton y restera « trois, quatre jours » au Long Pré, avant de continuer son chemin pour libérer la Bretagne.
XXth Corps Artillery Organization au 9 août 1944
Headquarters and Headquarters Battery XX Corps Artillery
7th FA Observation Battalion
- 193rd Field Artillery Group
- 177th FA Battalion (155 H)
- 949th FA Battalion (155 H)
- 195th Field Artillery Group
- 733rd FA Battalion (155 G)
- 736th FA Battalion (8′ H)
- 4th Tank Destroyer Group
- 774th Tank Destroyer Battalion (T)
- 814th Tank Destroyer Battalion (S/P)
De ce tableau dressé au 9 août, soit après la libération d’Angers et ce grand périple des éléments rattachés au XXth Corps, avec la 5th Division d’Infanterie, la 35th Division d’Infanterie et la 2ème Division Blindée du Général Leclerc. De ce grand déplacement à partir de la Manche vers le Mans et Angers, ne se trouve pas rattaché le dans le 195th Field Artillery Group, le 177th et 949th. Du 4th Tank Destroyer Group en Normandie du 6 juin au 24 juillet 1944 et du 25 juillet au 14 septembre 1944 dans le nord de la France. Idem pour les deux battalions du 4th Tank Destroyer Group.

Corps Artillery Organization – 9 August 1944
Du 7 au 12 août 1944, l’organisation débarqua de 2 LST et 1 LCT à Utah Beach à partir de 4 h 50 et termina le déchargement à 9 h 15. Après un court séjour dans la zone de transit « B », le bataillon partit pour Négreville, où il termina sa mission à 23 h 50. Le bataillon « C Charlie » quitta Négreville à 6 h le 8 août 1944 et arriva à un bivouac à 1 h 07, le 9 août 1944, à 1 kilomètre à l’est de Domalain, où il était rattaché au 195th Field Artillery Group. La batterie « A », du 551st Anti-Aircraft Artillery était rattachée au bataillon pour la défense antiaérienne. Le bataillon C a quitté Domalain à 00h30 le 10 août 1944 et est arrivé à une nouvelle zone de bivouac à 10 miles à l’est de Laval à 08h30. À 16h10, le bataillon a quitté cette zone et a occupé des positions de tir à 2 1/2 miles au nord-ouest de Vaiges.
D’après le livret d’un ancien vétéran du 736th, sa batterie à bivouaqué le 8, où ils sont restés temporairement à l’Éclardière, puis le 9, près de Domalain, et le 10, ils sont arrivés à un bivouac à 16 kilomètres à l’est de Laval, dans une ville appelée Nuille-Sue-Ocewette, (Nuillé-sur-Ouette, Mayenne) et ont quitté la zone à 16 h.
Le 195th Field Artillery Group
Le 551st Anti-Aircraft Artillery
🧱 Rattachement et rôle du 195th Field Artillery Group. Composition typique
| Élément | Fonction |
|---|---|
| HQ Battery | Commandement, communications |
| Batteries A, B, C | Artillerie de campagne (canons de 155 mm) |
| Service Battery | Logistique, munitions, maintenance |
| Unités rattachées | 551st AAA Battalion, 733rd FA Battalion, 736th FA Battalion |
Le 551st AAA est rattaché au 195th FA Group pour assurer la protection antiaérienne des batteries d’artillerie et des axes logistiques.
Le 7 août 1944, une batterie du 551st est déployée à Domalain, sous coordination du 195th, pour défendre les positions du 736th FA Battalion.
Le poste de commandement AAA du XXth Corps était situé entre Vitré et La Guerche-de-Bretagne, et les officiers du 195th assurent la liaison avec les unités de la 2ème DB et de la 5th Infantry Division.
Ses deux photos, se trouvent sur le site de la fondation Maréchal Leclerc de Hautecloque, la Voie de la 2ème DB et concerne la Guerche de Bretagne. La photo du haut, nous montre un convoi de M16 Multiple Gun Motor Carriage, également connu sous le nom de M16 half-track, et d’une Jeep Willys M, et d’un camion GMC CCKW 353, transport de munitions et ravitaillement.
Sur la seconde photo, il s’agit de chars M4 Sherman (variante M4A1 ou M4A3). Il s’agit vraisemblablement de modèles de début ou de milieu de production, probablement des variantes M4A1 ou M4A3, compte tenu de leur coque arrondie et de la forme de leur tourelle. La présence de plusieurs Sherman en colonne suggère une avancée blindée coordonnée, possiblement au sein d’une force opérationnelle plus importante.
De cette traversée pour la grande armada de la 5th Infantry Division, qui passa par la Guerche de Bretagne ne laissa pas de trace photographique comme pour la 2ème DB, car le convoi passa de nuit en majorité.
Le 7 août le poste de commandement du Corps était situé à proximité de Vitré, point de départ de la grande offensive de l’organisation vers l’est, en direction du bassin lorrain. Une équipe de combat de la 5ème division d’infanterie du général de division S. Leroy Erwin fut motorisée et envoyée au sud-est pour prendre Angers. La prise de la ville, le 10 août, empêcha non seulement la 7ème armée allemande de s’échapper, mais bloqua également toute chance à la 15ème armée allemande de lui venir en aide.
À cette époque, le XXème Corps se composait de la 2ème Division blindée française et des 5ème et 35ème Division d’infanterie, avec pour mission initiale d’avancer vers l’est, en parallèle du XVème Corps situé sur notre flanc sud. Cependant, l’attaque de quatre divisions blindées allemandes depuis Mortain vers Avranches devint si sérieuse que la 2ème Division blindée française, la 35ème Division d’infanterie, ainsi que la 80ème Division d’infanterie récemment rattachée au XXème Corps depuis le XIIème Corps, furent redéployées pour stopper les Allemands. Après deux jours de combats très intenses, les Corps AX et VII (Première Armée américaine) réussirent à arrêter l’avancée ennemie, contribuant ainsi à la formation de la poche de Falaise qui piégea par la suite la majeure partie des forces allemandes en France occidentale (7ème Armée allemande).
Au début de la deuxième semaine d’août, l’artillerie du XXth Corps se déplaça encore plus au sud pour établir son poste de commandement près de Vergéal, (Bais) à midi, le 7 août. À Vergéal (Bais), les bataillons d’artillerie de campagne suivants furent rattachés à l’artillerie du XXth Corps, puis aux 195 Field Artillery Group et le 195th Field Artillery Group :
Le 177ème Bataillon d’artillerie de campagne (obusier de 155 mm howitzer), le 204ème Bataillon d’artillerie de campagne (155 mm howitzer), le 949ème Bataillon d’artillerie de campagne (155 mm howitzer), le 733ème Bataillon d’artillerie de campagne (canon de 155 mm).
Bien que ces unités n’aient pas été directement impliquées dans la contre-offensive allemande à Mortain, elles furent engagées, avec la 5ème Division d’infanterie, dans la protection du flanc droit du Corps, qui était également celui de la Troisième Armée américaine et du Groupe d’armées n°12. Sauf le 736èmeBataillon d’artillerie de campagne (8 pouces howitzer), qui fut engagé sur la région de Vitré/Bais/voir Domalain.
La 5ème Division d’infanterie avait reçu pour mission de s’emparer de la ville d’Angers, située sur la rive nord de la Loire, près de son embouchure. La Loire devait constituer l’ancrage du flanc droit du général Patton dans sa course vers l’est, et les Allemands avaient sécurisé Angers avec une force importante pour conserver une position au nord du fleuve. Le 204ème Bataillon d’artillerie de campagne (obusier de 155 mm howitzer) du XXème Corps fut rattaché à la 5ème Division d’infanterie et tira plusieurs centaines de coups pour appuyer l’attaque de la division. Après de durs combats, Angers tomba le 10 août. À l’issue de cette bataille, le 204ème retourna sous le contrôle de l’artillerie du Corps.
7th Field Artillery Observation Battalion

7th Field Artillery Observation Battalion
Le 6 août, le XXth Corps reçut sa première mission opérationnelle. La mission principale était d’étendre l’infanterie, les canons et les forces de soutien du 12th Army Group afin qu’ils puissent affluer. Une fois à environ 320 kilomètres au sud des plages du Débarquement, le Corps d’Armée devait se diriger vers l’est et se diriger vers le sud de Paris. La rapidité était essentielle, car les Alliés s’efforçaient de couper l’arrière du saillant allemand de la poche de Falaise.
Les divisions de combat sous le contrôle du XXth Corps à ce moment-là étaient les 5th, 35th et 8th Divisions d’Infanterie et la 2th Division Blindée Française. Le XXth Corps avait initialement l’intention de se concentrer dans les environs de Vitré, à environ 45 kilomètres au sud de l’emplacement actuel du quartier général à Saint-Hilaire. La 5th Division d’Infanterie, était déjà à Vitré, prendrait la tête du front sud. La plupart des troupes avancent et s’emparent d’Angers.
Encore cinquante kilomètres plus au sud. Le XXth Corps serait alors responsable d’une immense zone de cent dix kilomètres de large, s’étendant de Mortain, au nord, jusqu’à Angers, au sud.
Désireux de quitter Saint-Hilaire, cible des bombardements de la Luftwaffe, le 7 août, la FAOB se met en route et parcourt quatre-vingt kilomètres au sud jusqu’à une position près de La Mortinanais, où elle entame ses premières opérations de combat offensives.
Équipement principal
| Catégorie | Matériel utilisé |
|---|---|
| Véhicules blindés | M8 Greyhound (auto-mitrailleuse légère pour reconnaissance) |
| Véhicules d’observation | Jeeps équipées de radios SCR-610 ou SCR-284, parfois avec périscopes ou télémètres |
| Véhicules de transport | Camions 2½ tonnes, Dodge WC-54, Half-tracks pour le personnel et le matériel |
| Radars et télémètres | Télémètres M1, radars SCR-584 (fin de guerre), équipements de triangulation |
| Appareils optiques | Jumelles, télémètres stéréoscopiques, lunettes d’observation |
| Stations radio | SCR-193, SCR-506, SCR-610 pour liaison avec les batteries d’artillerie |

Reconstitution détaillée d’un bivouac du 7th Field Artillery Observation Battalion pendant la Seconde Guerre mondiale, avec tout l’équipement radio et les véhicules. Image générée par IA via Microsoft Copilot.
Missions et matériel spécialisé
- Sections de sonoréglage : utilisaient des microphones et des chronographes pour localiser les batteries ennemies par le son.
- Sections de repérage optique : déployaient des observateurs avancés avec télémètres et cartes topographiques.
- Sections de liaison aérienne : parfois équipées de petits avions d’observation (L-4 Grasshopper) pour repérage aérien.
Dotation typique en L-4 Grasshopper
Les bataillons d’observation d’artillerie comme le 7th FAOB étaient généralement dotés de plusieurs avions légers L-4 pour assurer leurs missions. Bien que les archives ne donnent pas toujours un chiffre exact pour chaque unité, voici les standards connus :
- Nombre d’appareils : En général, chaque bataillon d’observation disposait de 6 à 12 L-4 Grasshopper, selon les besoins opérationnels et la disponibilité logistique.
- Répartition : Ces avions étaient répartis entre les différentes batteries ou équipes d’observation, souvent avec un pilote et un observateur/artilleur.
- Utilisation :
- Réglage des tirs d’artillerie
- Reconnaissance tactique
- Liaison entre unités
- Surveillance des mouvements ennemis
- Équipement radio : Souvent équipé de postes SCR-510 ou SCR-610 pour communiquer avec les batteries au sol.
- Autonomie : Environ 2h30 de vol, ce qui permettait des missions courtes mais fréquentes.
Organisation typique
- Compagnie QG : commandement, communications, logistique
- Compagnie A & B : observation optique et sonoréglage
- Compagnie C : liaison et cartographie

Image générée par IA via Microsoft Copilot, représentant un Piper L-4 Grasshopper du 7th Field Artillery Observation Battalion en mission d’observation pendant la Seconde Guerre mondiale. Conception basée sur des références historiques et marquages authentiques.
La Division Artillery de la 5th Infantry Division
Situation tactique au 6 août 1944
Le 6 août, la Division Artillery est rassemblée dans le secteur de Saint Georges de Reintembault, avant de se déplacer en direction de Vitré à 12h45 (environs du Fresne, entre Torcé et Etrelles, selon une information transmise, il existe le lieu dit Fresne à Torcé).
Appui aérien : Les Piper Cub L-4 Grasshopper de la Division Artillery sont regroupés sur une piste d’aviation improvisée installée dans le parc du Château de la Vieuville, situé au nord de Fougères, sur la commune du Châtellier. (Ce château, aujourd’hui restauré, servait alors de base logistique pour les avions d’observation).
Déplacement : À 12h45, les unités se mettent en route vers Vitré, il s’agit en réalité du lieu dit : « Le Fresne », en Vergéal — un axe stratégique pour contourner les défenses allemandes et soutenir l’avance vers Laval.
Les Piper Cub, vont se poser dans la grande prairie « d’Housillé », en face de la ferme de la « Greulière », sans doute pour installer le poste de commandement de la 5th Infantry Division. Ce PC pouvait être celui installé selon Marcel Reuzé dans le verger de la « Bonnelière », voir le témoignage plus haut. De cette grande prairie « d’Housillé », il y avait un chemin de terre situé en face de la ferme de la « Greulière » et qui débouchait au lieu dit « Les Buttes », passant devant le « Bas-Goué » pour rejoindre la D110, puis vers Bais, le verger de la « Bonnelière ».
Ce lieu dit Le Fresne à Vergéal était situé juste à coté du manoir d’Houzillé, il y avait aussi de grandes prairies près de ce manoir, mais les Piper Cub viendront atterrir la grande prairie « d’Housillé », les témoignages sur Bais sont imparables depuis bien longtemps dans les souvenirs.
À trois kilomètres au nord-est de la prairie dite « d’Housillé », se trouvait, durant la guerre, une station radar allemande connue sous le nom de Vierfüssler. Il s’agissait d’une installation stratégique pour la région de Rennes et, plus largement, pour la Bretagne, intégrée au vaste réseau de défense aérienne appelé la ligne Kammhuber.
L’armée américaine connaissait parfaitement l’emplacement de cette station radar située entre Torcé et Vergéal. La première mention dans un témoignage que j’en ai trouvée remonte à une trentaine d’années, avec un M. Cadieu, de Louvigné-de-Bais. Ce dernier, était originaire de Vergéal, il m’a rapporté avoir vu des avions Piper atterrir dans un champ à Bais — probablement pour ce dernier, en lien avec la présence de cette station radar.
Ce témoignage fut pour moi une révélation : j’apprenais alors l’existence d’une telle installation, sans me douter qu’en l’an 2000, je m’engagerais dans des recherches approfondies sur l’aviation durant la Seconde Guerre mondiale.
Le nombre estimé de Piper L-4 dans la Division Artillery de la 5th Infantry Division : entre 6 et 9 avions.
Le 7 août en début d’après midi, la route qui fut prise ensuite part la grande armada de tous les éléments de la 5th Infantry Division, la voie vers Angers. Nous savons que d’après le compte rendu du 11th Infantry Regiment, la Division reçut la mission de s’emparer du pont sur la Seiche, à proximité de La Guerche-de-Bretagne, à quelques kilomètres au sud de la zone de concentration.
A priori aucun témoignage ne ressort du passage de cette grande armada dans le bourg de Bais, c’est à dire, que ce convoi aurait du prendre la route de Domalain, aujourd’hui la rue du docteur Lebreton et la grande route de la Guerche en passant sur le pont de la Seiche à Carcraon. Il est vrai que ce grand convoi a été mise en route vers 22h30.
La seconde route et la plus courte d’après les anciens de Bais était de prendre la route de Domalain, la D37, la Pavière, rue de la Pavière, le bourg de Domalain étant évité, par la D48, puis le passage sur le pont de la Seiche à Carcron, la D95. La Guerche de Bretagne, Rannée, Chelun, Senonnes, Segré, direction le Lion d’Anger et Angers.

Recherche documentaire : Fonds d’archives : 10 Fi 12 (48) : Commune de Bais. THOT Internet
- 1 – Emplacement des trois canons de 203 mm dans la prairie du « Haut Goué ».
- 2 – Emplacement d’un bivouac ou d’un PC dans le verger de la « Bonnelière ».
- 3 – Zone d’atterrissages des Piper Cub dans la grande prairie « Ouzillé ».
- 4 – Emplacement, stationnement de véhicules.
- 5 – Bivouac ou emplacement d’un PC.
- Flèches bleues, itinéraire par la route de Domalain
- Flèches rouges, itinéraire direction le bourg de Bais, par la rue de Domalain, aujourd’hui, rue du docteur Lebreton.
Le Headquarters Battery de la Division Artillery pouvait également disposer d’un ou deux appareils supplémentaires pour les officiers supérieurs.
Ces avions étaient pilotés par des officiers ou sous-officiers spécialement formés, souvent issus de l’Artillery Air Section.
- Dotation typique en L-4 Grasshopper
- Bien que les chiffres précis pour la 5th Infantry Division ne soient pas toujours détaillés dans les archives publiques, voici ce que l’on sait de manière générale :
- Surveillance de mouvements ennemis
- Chaque bataillon d’artillerie de campagne (comme les 19th, 21st, 46th ou 50th FA Bn de la 5th ID) était généralement doté de 2 à 3 Piper L-4.
- Les L-4 étaient utilisés pour :
- Observation des impacts
- Réglage de tir indirect
- Liaison entre unités
736th Field Artillery Battalion

Il est très difficile de retracer le 736th Field Artillery Battalion. Les bataillons d’artillerie lourde comme le 736th étaient souvent affectés temporairement à différents corps ou divisions selon les besoins tactiques, notamment pour appuyer les offensives ou les sièges. Au mois d’août 736th était rattaché à la 7th Armored Division.
Effectif estimé : Environ 530 à 600 hommes, selon le type d’artillerie utilisée. Cette unité opérait des obusiers de 8 pouces (environ 203 mm), tractés par des véhicules lourds. Ces obusiers étaient capables de tirer des projectiles puissants à longue distance, utilisés pour détruire des fortifications ennemies ou appuyer les troupes au sol. Ce bataillon illustre le rôle crucial de l’artillerie dans les opérations alliées : préparer le terrain, affaiblir les défenses ennemies, et protéger les troupes d’infanterie.
Organisation typique :
- Quartier général et batterie de commandement : coordination, reconnaissance, communications.
- Trois batteries de tir : chacune avec ses propres pièces d’artillerie et équipes de tir.
- Batterie de service : logistique, munitions, carburant, maintenance.
- Composition en matériel :
- Type d’artillerie : Le 736th était équipé principalement de obusiers tractés de 8 pouces (203 mm). 6 canons de 203 mm.
- Ces pièces étaient utilisées pour des tirs à longue portée, souvent contre des positions fortifiées ou des concentrations de troupes ennemies.
- Matériel de soutien :
Tracteurs pour le remorquage des obusiers. - Véhicules de transport pour les munitions et le personnel.
- Équipements de communication et de repérage.
🔧 Organisation standard d’une batterie d’artillerie lourde américaine (Seconde Guerre mondiale) :
- Une batterie d’obusiers de 8 pouces (203 mm) comme celle du 736th Field Artillery Battalion était généralement composée de 6 canons. Batterie pouvant être divisée en deux sections de trois canons.
- Ces canons étaient répartis en deux sections de trois pièces chacune.
- Chaque batterie était soutenue par des véhicules de transport, des équipes de munitions, des observateurs avancés et un poste de commandement.
📌 Structure typique du bataillon :
- 3 batteries de tir (A, B, C), chacune avec 6 canons
- 1 batterie de quartier général (HQ Battery), chargée de la coordination, des communications et du soutien logistique
Cela donnait un total de 18 canons de 203 mm pour l’ensemble du bataillon.

Carte reconstitution historique montrant le déploiement du 736th Field Artillery Battalion près de Haller, Luxembourg, en février 1945. Image générée par IA via Microsoft Copilot.
Le 736th Field Artillery Battalion était composé comme sur ce document de la batterie A (Able), B (Baker), C (Charlie) et HQ Headquarters Battery et d’une dernière appelée Service Battery.
Nous avons la chance d’avoir ce site internet du 736th Field Artillery Battalion, malheureusement ce site date d’au moins de l’année 2002 selon la mention en bas de la page. Site constitué par des vétérans, le temps passe et il ne doit plus rester beaucoup de ses hommes en vie. Nous avons une page vers History Page 3 – Chronology -7 Aug 1944 to 30 Aug 1944 (Photos). Nous aurions eu des photos selon ce lien pour le mois d’août, mais le lien est cassé. Les adresses mails des administrateurs ne sont plus valables.
En recherchant sur internet des informations sur le 736th Field Artillery Battalion, il existe une page Facebook où j’ai réussi à poser des questions pour essayer de retrouver des photos pour le mois d’août 1944, j’ai obtenu dès aussitôt une réponse d’une femme, JoAnn Baez, son mari était un membre du 736th Field Artillery Battalion.
Voilà sa réponse : Je n’ai pas de photos, mais le 7 août, ils sont partis pour Négreville, en France. Le 8, ils sont restés temporairement à Éclardière, le 9, près de Dalmatie, et le 10, ils sont arrivés à un bivouac à 16 kilomètres à l’est de Laval, dans une ville appelée Nuille-Sue-Ocewette, et ont quitté la zone à 16 h. C’est d’après les notes/le dossier de mon mari.
Selon mes précisions : sa batterie à bivouaqué le 8, où ils sont restés temporairement à l’Éclardière (La Chapelle-Fleurigné), puis le 9, près de Domalain, et le 10, ils sont arrivés à un bivouac à 16 kilomètres à l’est de Laval, dans une ville appelée Nuille-Sue-Ocewette, (Nuillé-sur-Ouette, Mayenne) et ont quitté la zone à 16 h.
Selon la page du 736th Field Artillery Battalion WWII History & Reunions Web Page. En cherchant dans les listes des roster des batteries, nous retrouvons dans la C (Charlie), Charles M. Baez. Il était le Pfc. Charles Manuel Baez, né en 1921 et décédé en 2013.

Canon américain M115 203 mm Howitzer
Calibre : 203 mm ( 8 inch ) – Cadence de tir : 3 coups en 2 min. Portée : 16,8 km. Poids : 14,5 tonnes. Année : 1939. Servant : 14 personnes. Longueur : 10.97 m

Un véhicule utilitaire M-4 de dix-sept tonnes, remorqué par un obusier de quinze tonnes et équipé d’un équipage de canon, pouvait atteindre une vitesse de 56 km/h sur une route.
The 736th Field Artillery Battalion

Canon américain M115 203 mm Howitzer
Calibre : 203 mm (8 pouces) – Cadence de tir : 3 coups en 2 min. Obus explosifs M106 de 90,7 kg. Portée maximale : jusqu’à 22 860 mètres. Poids : 14,5 tonnes. Année : 1939. Longueur : 10.97 m. Servants : 14 personnes.
Véhicules de traction utilisés : Camion Mack NO 7½ tonnes 6×6 : robuste et conçu spécialement pour le remorquage de pièces d’artillerie lourde comme le M115.
Tracteur d’artillerie M4 : un véhicule chenillé utilisé pour tracter les canons lourds sur terrains difficiles.

Le canon de 155 mm, M1 ou M2 (plus tard M59), plus connu sous le nom de Long Tom, était un canon de cam-pagne de 155 mm utilisé par l’armée américaine durant la Seconde Guerre mondiale.
Poids du canon et de l’affût : 4 352 kg (batterie) et 13 880 kg (transport).
Portée pratique : 16 000 m
Portée maximale : 22 014 m avec des obus à charge séparée de 45 kg, (AP M112) et de 23 513 m pour une charge de TNT de 42 kg (obus HE M101).
Cadence de tir : 1 coup toutes les 2 minutes.
Servants : 8 à 10 hommes
Le 195th Field Artillery Group
Le 195th Field Artillery Group (souvent appelé 195th Field Artillery Battalion) était une unité d’artillerie de l’armée américaine pendant la Seconde Guerre mondiale, engagée dans plusieurs campagnes majeures en Europe. Voici une synthèse détaillée de sa composition et de ses opérations :
- Effectif estimé : Environ 500 à 600 hommes, répartis en :
- Quartier général et batterie de commandement
- Trois batteries de tir : A, B et C
- Batterie de service : logistique, munitions, maintenance
Matériel utilisé :
Le 195th était équipé de canons de 155 mm tractés, capables de tirs à longue portée. Ces pièces d’artillerie étaient utilisées pour appuyer les divisions d’infanterie et blindées dans des combats intensifs, notamment en terrain difficile comme les forêts ou les zones urbaines.
- Engagements majeurs : Le parcours du 195th FA Group est impressionnant :
15 juin 1944 : Débarquement sur Utah Beach - Normandie Juin–juillet 1944 : Soutien aux 4th, 79th et 82nd Divisions dans la péninsule du Cotentin
- Août 1944 : Intervention décisive à Mortain contre la contre-offensive allemande
- Septembre 1944 : Passage de la ligne Siegfried et entrée en Allemagne
Le 733rd Field Artillery Battalion
Le 733rd Field Artillery Battalion était une unité d’artillerie de campagne de l’armée américaine, active pendant la Seconde Guerre mondiale.
| Unité | Fonction |
|---|---|
| HHB (Headquarters and Headquarters Battery) | Commandement, communications, logistique, coordination tactique |
| Battery A, B, C | Batteries de tir principales, chacune équipée de canons (souvent de 155 mm) |
| Service Battery | Soutien logistique : munitions, carburant, maintenance |
Chaque batterie de tir comprenait :
- Des canons tractés ou automoteurs
- Des équipes de tir (artilleurs, chefs de pièce, observateurs avancés)
- Des véhicules de transport pour les munitions et le personnel
- Déploiement en août 1944
- Le bataillon faisait partie de la 3rd Army du général Patton, qui venait d’être activée le 1er août 1944.
- Le 733rd avançait à travers la Normandie et se dirigeait vers l’est, participant à la percée d’Avranches et à la libération de villes comme Le Mans et Chartres, dans le cadre de l’opération Cobra.
- Il fournissait un appui feu mobile pour les unités d’infanterie et blindées, en utilisant des canons de 155 mm pour neutraliser les positions allemandes.
- Progression vers la Lorraine
- À la fin du mois d’août, le bataillon se rapprochait de la région de Lorraine, en préparation de la campagne de Metz et de la ligne Siegfried, qui deviendront des points clés de leur engagement en automne.
La 5th Infantry Division (Mechanized)
« Red diamond »

La 5th Infantry Division (Mechanized), « Red diamond »

Lieutenant General Stafford LeRoy Irwin
Le jeudi 10 août 1944, les troupes américaines de la 11th Infantry Regiment de la 5th Infantry Division (Mechanized), « Red diamond », parviennent à traverser le pont endommagé de la Basse-Chaîne et à progressivement investir le centre-ville D’Angers. Général Birdsong, William H., Jr. Commanding Officer, HQ, 3rd Battalion, 11th Infantry Regiment, 5th Infantry Division « Red Diamond », U.S. Army. Le 11th régiment avait trois bataillons. Le 1er a attaqué de La Membrolle vers Avrillé et est arrivé à la Maine par la rue Beaurepaire. Le 2th bataillon a attaqué par la route de Nantes et est entré dans Angers par la rue Saint-Jacques.

Jeep Willys MB HQ-0 de la 5th Infantry Division. Image générée par IA via Microsoft Copilot.

La légende de cette photo sur le site de Vitré Communauté est référencée comme ceci : Américains à Bourgneuf, sans doute pour le hameau du Bourgneuf en Val d’Izé. Le matin du 4 août 1944, le 85th Cavalry Reconnaissance Squadron (Mechanized), de la 5ème Division d’Infanterie de l’armée du général Patton pénètre à Vitré par les routes de Pocé-les-Bois, Combourg, Fougères et Balazé. Marquage sur le pare-chocs avant : 5Δ-85R C-22.
Ce marquage est typique des véhicules américains pendant la Seconde Guerre mondiale. Il se lit comme suit :C-22 : Compagnie C, véhicule numéro 22.5Δ : 5ème Division d’Infanterie (le triangle Δ est l’insigne de division).85R : 85th Cavalry Reconnaissance Squadron (Mechanized). Était rattaché au XXème Corps.
Ce 85th Cavalry Reconnaissance Squadron (Mechanized) était arrivé dans la région de Fougères le 3 août. Le 4 août il se déplace au sud-est de Fougères vers Vitré. Le 5 le 85th prend la direction d’Ernée, le 6 sur Cossé-le-Vivien, direction le Mans.
Ce sont principalement des éléments de la 79th Infantry Division américaine qui ont libéré Bourgneuf-la-Forêt. En tête, on retrouve le 79th Reconnaissance Troop et le 121st Cavalry Squadron.
Le 2nd Cavalry Reconnaissance Group et le 42nd Cavalry Reconnaissance Squadron précède arrivent sans doute en avance sur le 85th son arrivée sur Vitré. Au soir du 3 août, la Troop B [2ème escadron]a rencontré l’ennemi près de Vitré. La Troop, en réserve, était en avant-garde pour le 2nd squadron de commandement. L’axe de marche était la vallée de Vitré. En approche de la ville de Val d’Izé, à 4 km au nord-est de Vitré, la colonne, commandée par le lieutenant Ratcliffe William Edward et le 3ème peloton a trouvé le sommet d’une colline et à commencé à descendre de l’autre côté quand un véhicule ennemi, une voiture ordinaire avec quatre occupants à bord, approche par une petite route et se retrouve dans le champ de vision à 60 mètres de la jeep de tête. Le mitrailleur, le soldat Perry, a immédiatement ouvert le feu et a mis beaucoup de balles dans le véhicule ennemi. Le premier véhicule blindé arrêté à côté de la jeep a tiré deux balles explosives (HE) dans le radiateur de la voiture. L’excitation étant retombée, les soldats ont été se rendre compte du résultat. Ils ont constaté que nos tirs avaient tué trois des quatre occupants et que l’autre, peut-être blessé, s’était enfui.
Le capitaine Potts William E. a ordonné à la colonne de s’arrêter et a mis en ligne des soldats pour rechercher l’Allemand qui s’est enfui et pour des indications sur les positions ennemies. Après avoir couvert environ 400 mètres un nid d’ennemis armés a ouvert le feu sur notre droite. Nous avons concentré nos petites armes sur ce barrage et l’avons aussitôt neutralisé mais l’équipe mitrailleuse (Machine Gun) s’est enfuie à la tombée de la nuit.
Le long de la route près de Val d’Izé, le 42nd Cavalry Reconnaissance Squadron allait à son bivouac quand la colonne est arrêtée par la Résistance de Vitré.
Le staff (état-major) lisait les rapports du premier contact avec l’ennemi à Fougères quand le colonel Reeds est arrivé au poste de commandement de l’escadron pour alerter le colonel Hill de relever le 2nd Squadron le lendemain matin, excepté la Troop B qui va attaquer Vitré. Maintenant le 42d Cavalry Reconnaissance Squadron, était toujours bien abrité dans les premiers jours de combat, à chaque halte plus de dix minutes chaque homme creusait son trou.
Au lever du jour [le 4 août], après un petit déjeuner rapide, la ligne de combat a été reformée et nous sommes repartis en direction de notre objectif : Vitré. Cette fois, nous étions soutenus par la Troop E et un peloton de la Troop C devait attaquer la ville depuis une autre direction. Après avoir parcouru quelques centaines de mètres, nous avons traversé un ruisseau et sommes tombés sur une vieille ferme. Nous venions juste de finir de fouiller l’endroit, sans rien trouver d’important, et nous commencions à nous éloigner lorsqu’une mitrailleuse allemande a ouvert le feu sur nous. Ils ont peut-être du mal, lors de l’entraînement de base, à faire comprendre aux soldats l’importance de se coucher au sol, mais vous pouvez me croire, il ne faut pas longtemps pour découvrir comment se rapprocher de notre mère la Terre lorsqu’une mitrailleuse est pointée vers vous. Votre gorge devient sèche, les paumes de vos mains moites et, soudain, vous êtes conscient de chaque petit contour du terrain devant vous. Un petit monticule, insignifiant pour un observateur occasionnel, prend l’importance protectrice d’une montagne.
En nous mettant à couvert et en rampant, nous avons rapidement contourné ce point d’appui et nous avons recommencé à avancer sur la route et à travers les champs en direction de la ville. Notre progression a été interrompue par un 40 mm et par de petites armes qui nous ont fixés le long de la route. Les armes d’assaut (M8 ?ou chars) sont arrivées et tirent sur les points forts que nous avons indiqués. Les boches ont reculé. Nous avons avancé doucement. Quand nous sommes arrivés sur un point haut à l’entrée de la ville, l’artillerie a ouvert le feu à une distance d’environ 1 800 mètres stoppant encore provisoirement notre avance. La situation s’est éclaircie quelque peu vers 10 h 30 liquidant toute résistance majeure dans la ville. Mais même après nous avons sécurisé nous-mêmes dans la ville où il y avait de petits tirs sporadiques ici et là. Les civils nous ont signalé la présence de quelques soldats allemands et il y a eu des échanges de tirs pour les éliminer.
Quand le calme est revenu, ce fut un merveilleux sentiment ; nous avions libéré une ville ! Pour preuve, nous avons été impressionnés par le comportement des civils. Chaque petit groupe de soldats a un groupe d’admirateurs (…)
Mais notre joie s’est assombrie par une mauvaise nouvelle du 1er peloton de la Troop C qui nous avait appuyés par le sud-ouest de la ville et en attirant l’attention des Allemands. Au cours de leur déplacement, ils se sont heurtés à un canon de 88, des mitrailleuses et des tireurs isolés. C’est là que le Pvt Harry Earnshaw a été tué, le premier homme de notre groupe à mourir au combat.
L’ennemi qui a tenu Rennes lors de l’attaque de la 8th Infantry Division et la 4th Armored Division, est maintenant coupé de Paris et un autre axe de route vers la Loire a été dégagé et garanti. Le général Patton a immédiatement désigné ce point comme la zone de concentration du XVème corps d’armée en vue de fermer la poche de Falaise.
Après que la Troop du capitaine Pott a libéré Vitré, le 42nd Cavalry Reconnaissance Squadron, qui a été engagé pour soulager les éléments du 2nd Squadron, a passé par la ville et a poursuivi sa route vers le sud en direction d’Angers. Le groupe de commandement a suivi de près. En route, des ordres sont parvenus de la 4th DB pour appuyer les éléments du Combat Command B dans Châteaubriant et la Troop A du 2nd Squadron a été désignée pour cette mission.
L’état-major du Groupe s’est positionné aux alentours de Pouancé vers 23 h 00. A peine le bivouac étant en place que le commandement était alerté d’un nouveau combat dans Pouancé. Le 1er Peloton de la Troupe C, du 42d Cavalry Reconnaissance Squadron, sous les ordres du lieutenant William Pridgen, a accroché une petite colonne de Boches dans la ville juste 300 mètres du poste de commandement du Groupe. [Il s’agit de l’accrochage au lieu-dit la Promenade situé au carrefour des routes de Martigné-Ferchaud et de Pouancé-Châteaubriant].
Le 2nd Cavalry Reconnaissance Group Mechanized

Le 2nd Cavalry Reconnaissance Group Mechanized (ou 2nd Cavalry Group, Mechanized) était une unité de reconnaissance blindée de l’armée américaine pendant la Seconde Guerre mondiale, rattachée à la 3rd Army du général Patton. Voici sa structure typique et son évolution :
- 🛡️ Structure générale (à partir de décembre 1943).
- Headquarters and Headquarters Troop (HHT) Commandement et coordination des opérations du groupe.
- 2nd Cavalry Reconnaissance Squadron, Mechanized Escadron de reconnaissance blindée, issu du 2nd Cavalry Regiment (anciennement monté).
- 42nd Cavalry Reconnaissance Squadron, Mechanized Deuxième escadron de reconnaissance du groupe, également mécanisé.
Chaque escadron était composé de plusieurs troupes (équivalent de compagnies) :
🏇 Composition typique d’un escadron de reconnaissance mécanisé - Troop A, B, C – Troupes de reconnaissance Véhicules blindés légers (jeeps, M8 Greyhound, M20) pour missions de patrouille, éclaireurs, liaison.
- Troop D – Troupe antichar Équipée de canons antichars tractés ou automoteurs (souvent M10 ou M18).
- Troop E – Troupe de mortiers Soutien indirect avec mortiers de 81 mm montés sur half-tracks.
- Troop F – Troupe de mitrailleuses lourdes Appui feu avec mitrailleuses .50 cal sur véhicules blindés.
- Medical Detachment – Soutien sanitaire Personnel médical et ambulances pour les soins en première ligne.
Le 5th Cavalry Reconnaissance Troop (Mechanized)

5th Cavalry Reconnaissance Troop (Mechanized)
Le 7 août 1944, la Cinquième Division reçut pour mission de s’emparer d’Angers et des ponts sur la Loire. À la réception de cet ordre, le Major-général Irwin, commandant de la division, décida d’envoyer une force à Châteauneuf-sur-Sarthe, à 34,5 kilomètres au nord d’Angers, puis à l’est d’Angers, afin de déborder Angers et de s’emparer du pont sur la Loire, situé directement au sud de la ville, aux Ponts de Cé. Cette force fut baptisée Task Force Thackeray. Simultanément à la constitution de la Task Force Thackeray, la Septième Équipe de Combat se dirigea vers Angers, quittant Vitré à 14 heures le 7 août et effectuant une marche motorisée d’environ 101 kilomètres à bord de véhicules de transport, de chars, de chasseurs de chars, d’artillerie et de camions du génie.
Composition de la Task Force Thackeray
La Task Force Thackeray était une force composite, regroupant environ 500 hommes issus de diverses unités : Elle était commandée par le Lieutenant Colonel Donald W. Thackeray, officier du renseignement (G-2) de la division.
5th Cavalry Reconnaissance Troop
- Company G, 2nd Infantry Regiment
- 81 mm Mortar Platoon, H Company
- First Platoon, Company A, 7th Engineer Battalion
- Clearing Company, 5th Medical Battalion
- Company D, 735th Tank Battalion (moins un peloton)
- Éléments de photographie militaire, interprétation, et contre-espionnage
Composition en matériel standard
| Catégorie | Équipement |
|---|---|
| Véhicules blindés | 6 × M8 Greyhound (auto-mitrailleuse légère à 6 roues, canon de 37 mm) |
| Véhicules semi-chenillés | 6 × M3 Half-tracks (transport de troupes et soutien feu) |
| Véhicules légers | 3 × Jeeps (liaison, commandement, patrouille) |
| Véhicules de soutien | 1 × Camion 2½ tonnes (ravitaillement, transport logistique) |
| Véhicules : Reconnaissance rapide Transport de personnel et de matériel léger Liaison entre unités Évacuation sanitaire improvisée | Truck, ¼-ton, 4×4. Willys MB et Ford GPW. Le ¼-ton 4×4 était idéal pour les troupes de reconnaissance mécanisée. |
Armement individuel et collectif
- Mitrailleuses :
- 6 × calibre .50 (sur M8 et half-tracks)
- 6 × calibre .30 (souvent montées sur jeeps ou half-tracks)
- Armes portatives :
- Fusils M1 Garand
- Pistolets mitrailleurs Thompson
- Carabines M1
- Bazookas (pour appui antichar léger)
Effectif
- Organisation en sections de reconnaissance, section de commandement, et section de soutien
- Environ 3 officiers et 68 hommes (variable selon les périodes et les pertes)
Rôle tactique
- Opérations en avant de la division pour détecter l’ennemi
- Sécurisation des routes, ponts et points stratégiques
- Liaison entre unités et transmission de renseignements

Un M8 Greyhound du 5th Cavalry Reconnaissance Troop (Mechanized). Image générée par IA via Microsoft Copilot.

Un Gi de la 5th Cavalry Reconnaissance Troop (Mechanized) avec un colt 45
La 2nd Infantry Regiment

Le 7 août 1944 : La Task Force avance depuis Azé vers Coudray, où elle affronte une forte résistance allemande, notamment des éléments de la Waffen SS.
Objectif principal : S’emparer du pont Dumnacus sur la Loire à Angers, afin de faciliter la progression de la 5th Infantry Division vers l’est.
Passage en Mayenne
- Juillet–Août 1944 : Après avoir traversé la Normandie, le régiment progresse vers la Mayenne, en direction de Laval, Château-Gontier, et Craon.
- Libération : La ville de Laval est libérée le 6 août 1944 par des éléments de la 5th Infantry Division, dont le 2nd Infantry Regiment faisait partie.
Les autres unités de la 5th Infantry Division
- 81 millimeter Mortar Platoon of H Company 2th Infantry ; peloton de mortiers de 81 mm de la compagnie H du 27ème régiment d’infanterie
- First Platoon Company A 7th Combat Engineer Battalion ; 1er peloton de la compagnie A du 7th Combat Engineer Battalion
- 1er platoon of the Clearing Company ; 1er peloton d’une compagnie de triage médicale – Exemple du 603d Medical Clearing Company
- 5th Medical Battalion ; Effectif total : environ 500 hommes, dont médecins, infirmiers, brancardiers, chauffeurs d’ambulance, personnel administratif et technique.
- 5th Signal Company : communications. Installation et maintenance des réseaux de communication (radio, téléphone, télégraphe).
- 5th Quartermaster Company : logistique, ravitaillement
- 705th Ordnance Company : maintenance et munitions. Réparer et entretenir les armes légères, les véhicules, les équipements de communication et autres matériels.
- Military Police Platoon : sécurité et discipline. Gestion des mouvements de troupes et de véhicules, surtout dans les zones de combat.
- Elements of the Division Photo Team, the Military Interpretation Team, Signal Corps ; Équipe photo divisionnaire, corps des transmissions, documenter visuellement les opérations militaires.
- Counter Intelligence Detachment. The force was commanded by Lieutenant Colonel D. W. Thackeray, Division G-2. Ou CID : était une unité spécialisée du Counter Intelligence Corps (CIC), rattachée à chaque division américaine. Sa mission : protéger les forces armées contre l’espionnage, le sabotage, la subversion et les menaces internes.
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Organisation typique d’un peloton de combat du génie

Le 7th Combat Engineer Battalion était une unité du Corps du Génie de l’armée américaine, spécialisée dans les missions de soutien au combat : franchissements, déminage, fortifications, destructions, etc.
Organisation du peloton de mortiers de 81 mm
- Un peloton de mitrailleuses (.30 ou .50 cal)
- Un peloton de mortiers de 81 mm
La compagnie H était une compagnie d’armes lourdes dans un régiment d’infanterie. Elle comprenait :
Composition du 1er peloton :
- 1 chef de peloton (lieutenant)
- 1 sergent de peloton
- 3 escouades de sapeurs, chacune avec :
- 1 chef d’escouade
- 8 à 10 soldats du génie
- 1 véhicule (jeep ou camion léger)
- 1 escouade de soutien (optionnelle) :
- Transport de mines, explosifs, outils lourds
Effectif total : environ 30 à 40 hommes
Équipement
- Armement individuel : fusils M1 Garand, mitraillettes M3, pistolets M1911
- Armement collectif : mitrailleuses Browning (.30 ou .50 cal), lance-grenades
- Matériel du génie :
- Explosifs (TNT, charges de démolition)
- Mines antipersonnel et antichars
- Outils : pelles, haches, scies, pinces
- Ponts portables (type Bailey), radeaux, treuils
- Véhicules
- Jeep Willys MB pour commandement et reconnaissance
- Camions GMC 2½-ton pour transport de matériel
- Remorques d’explosifs et de mines
- Parfois véhicules blindés légers selon le théâtre d’opération

Sapeurs du 7th Combat Engineer Battalion en pleine opération de déminage sur la route D69, au petit matin du 8 août 1944, juste après l’explosion qui a touché un M8 Greyhound du 5th Cavalry Reconnaissance Troop.
CARTE GÉNÉRALE DE TOUS LES EMPLACEMENTS STRAÉGIQUES SUR BAIS
Le 10th Infantry Regiment


Colonel Robert P. Bell
Débarquant sur la plage d’Utah en juillet 1944, la 5th DI servit de troupes de remplacement pour celles perdues lors du premier débarquement de Normandie en juin. Le 10 juillet, elle établit un poste de commandement à Montebourg, à douze milles au nord-ouest de la plage d’Utah, sur la péninsule du Cotentin. Puis elle marcha vers le sud en direction de Balleroy, un village situé à trente kilomètres à l’ouest de Caen. Pendant le reste du mois de juillet, la 5th DI combattit à la base de la péninsule du Cotentin, établissant un poste de commandement à Cerisy-la-Salle le 4 août.22 Pendant ce temps, un obus d’artillerie toucha John Maddox, le blessant à la jambe ; Heureusement, il se rétablit de cette grave blessure.
De Cerisy-la-Salle, le 10th Infantry Regiment de Maddox quitta la Normandie et marcha 200 kilomètres au sud jusqu’à Angers, rencontrant en chemin une légère résistance de la part d’unités allemandes désorganisées. Angers s’est avérée géographiquement et tactiquement importante, car la ville marquait une voie centrale pour sortir de la région Bretagne vers le centre et l’est de la France.
Le 11th Infantry Regiment


Colonel Charles W. Yuill
Le 11th Infantry Regiment : À 21 h 42, le 4 août, des ordres d’alerte furent donnés pour un mouvement motorisé vers une autre zone d’assemblée à proximité de Saint-Georges-de-Reintembault. Le 5 août, la division se déplaça, avec deux navettes de transport organique et deux compagnies de camions, jusqu’à Saint-Georges-de-Reintembault, sur une distance de 40 kilomètres, et s’approcha de la nouvelle zone à 4 h 20 le 6. Pendant cette période, la troupe de reconnaissance du 5th régiment de cavalerie patrouilla jusqu’à Vitré au sud sans rencontrer de résistance, bien qu’aucune troupe alliée n’ait auparavant été présente dans la majeure partie de la zone. Alors que les unités de tête se rapprochaient de la zone de concentration autour de Saint-Georges-de-Reinteinbault, la Division reçut l’ordre de se déplacer vers une nouvelle zone de rassemblement à proximité de « La Bresne », au sud de Vitré. Ce lieu dit « La Bresne » est inconnu au sud de Vitré mais un lieu dit « Le Fresne en Vergéal, lieu qui se trouve situé près de la dans la grande prairie « d’Housillé ».
Le mouvement devait s’effectuer en deux navettes, utilisant uniquement les moyens de transport. Ce fut le premier d’une longue série de mouvements « sur la route » au cours desquels chaque centimètre carré disponible sur les moyens de transport fut utilisé afin d’empêcher les navettes incessantes des véhicules « Red Diamond ». Outre ce mouvement, la Division reçut la mission de s’emparer du pont sur la Seiche, (au village de Carcraon, voici une vue sur le pont où passe la Seiche) à proximité de La Guerche-de-Bretagne, à quelques kilomètres au sud de la zone de concentration. Le mouvement et la mission furent accomplis sans difficulté et la Division pénétra dans la nouvelle zone à 6 h 00 le 7 août, à l’exception de quelques unités de l’arrière et de service. Le pont nouvellement conquis était fortement déployé par nos troupes et les canons de l’artillerie divisionnaire y étaient déployés pour parer à toute tentative de contre-attaque. Pendant ce temps, des patrouilles opéraient devant la division sans rencontrer de résistance.
C’est pendant la période de mouvement de Cerisy-La-Salle à Vitré que les armées alliées formaient les puissantes tenailles qui devaient plus tard se refermer sur la célèbre trouée de Falaise, et les colonnes allemandes en fuite constituaient d’excellentes cibles pour notre aviation. Les troupes de la Cinquième Division ont pu se faire une idée de l’immense puissance de notre aviation alors qu’elles dévalaient la route qui longeait Avranches et le Mont-Saint-Michel. Des véhicules cabossés et du matériel défoncé gisaient de chaque côté de la route tandis que les colonnes poussiéreuses de la division avançaient vers le sud. Des corps calcinés de chevaux et d’hommes encombraient les fossés, et un déluge de casques, de fusils, de papiers et de vêtements jonchait les champs adjacents à la route. Des batteries de pièces légères allemandes de campagne étaient immobilisées le long des routes, leurs moteurs principaux et leurs caissons ne constituant qu’un obstacle à la circulation des chars roulants.
La percée s’était transformée en une avancée radicale, et les forces aériennes américaines et britanniques balayaient les colonnes boches jour et nuit, les bombardant sans relâche de bombes légères et lourdes, et les mitraillant sans relâche. Il était évident pour les hommes de la division que sans le puissant soutien aérien fourni aux forces terrestres, nombre des engagements mineurs auraient été majeurs et que l’avancée des forces alliées aurait été beaucoup plus lente. L’accueil réservé aux troupes par la population française des provinces de Normandie et de Bretagne rendait les voyages, même les plus pénibles, plus rentables. Des groupes de paysans se tenaient à chaque carrefour, saluant les troupes qui passaient. À chaque halte, les Français pressaient des fleurs, des fruits et du vin sur les colonnes libératrices.
Pendant ce temps, devant la division, des éléments des FFI (Forces françaises de l’intérieur) tendaient des embuscades aux convois allemands, traquaient les tireurs d’élite et indiquaient aux éléments avancés les embuscades et les points d’appui possibles. Les rues bondées des villes étaient pavoisées de drapeaux, français et américains, et le rugissement de bienvenue déferlait comme une vague tandis que les chars, les camions et les jeeps filaient vers le sud. La nécessité de maintenir les compagnies de fusiliers à portée de main des éléments de tête, et la pénurie de camions de transport de troupes, imposèrent de charger les hommes sur tout ce qui roulait, y compris les chars, les chasseurs de chars et les véhicules allemands capturés. Les véhicules moteurs et les camions de ravitaillement de l’artillerie divisionnaire grouillaient de fusiliers, tout comme les batteries antiaériennes et les camions-restaurants.
Composition en matériel du 11th Infantry Regiment – 5th Infantry Division
| Catégorie | Équipement principal | Détails |
|---|---|---|
| Armement individuel | M1 Garand, M1 Carbine, Colt M1911 | Fusils semi-automatiques, carabines légères, pistolets |
| Mitrailleuses | Browning M1919, M2 .50 cal | Appui feu lourd, anti-aérien et anti-véhicule |
| Mortiers | 60 mm & 81 mm M1 mortars | Appui indirect, haute cadence |
| Bazookas | M1/M9 Rocket Launcher | Arme antichar portative |
| Véhicules | Jeep Willys MB, camions GMC CCKW | Transport de troupes, logistique |
| Artillerie divisionnaire | 105 mm & 155 mm howitzers | Fournie par les Field Artillery Battalions de la division |
| Communication | Radios SCR-300, SCR-536 | Liaison entre unités, commandement |
| Équipement de terrain | Tentes, sacs de couchage, outils de tranchée | Vie en campagne, fortification légère |
Artillerie divisionnaire de la 5th Infantry Division
Le 11th Infantry Regiment ne possédait pas sa propre artillerie lourde. Celle-ci était fournie par les unités suivantes :
- 46th Field Artillery Battalion – obusiers de 105 mm
- 94th Field Artillery Battalion – obusiers de 155 mm
- 10th Field Artillery Battalion – obusiers de 105 mm
Ces unités appuyaient directement les régiments d’infanterie comme le 11th avec des tirs de barrage, de neutralisation ou de destruction.
À noter
- Le 11th Infantry Regiment était une unité motorisée mais pas mécanisée
L’avancé vers Angers

La carte du siège d’Angers par le 11th Infantry Regiment revêt une importance capitale, car elle fournit des informations précises sur la composition des bataillons en combat, ce qui a permis d’identifier l’intégralité des unités de la 5th Division ayant ultérieurement suivi la route de la Manche par Bais.

Photo du camion américain traversant La Guerche. Il appartient à la 5th Infantry Division, 19th Field Artillery Battalion
La Task Force YUILL était composée du 11th Infantry Regiment, commandé par le colonel C. W. Yuill, du 19th Field Artillery Battalion ; de la Compagnie C du 7th Engineer Battalion; ; de la Compagnie C du 818th Tank Destroyer Battalion ; de la Compagnie C de rassemblement, d’un peloton de la Compagnie de déminage du 5th Bataillon médical ; et d’un peloton de la Compagnie D du 735th Tank Battalion. Cette force devait progresser directement vers le sud sur 48 km jusqu’à Châteaubriant, puis vers le sud-est jusqu’à Angers, sur 70 km supplémentaires, et capturer la ville.
Le jeudi 10 août 1944, les troupes américaines de la 11th Infantry Regiment de la 5th Infantry Division (Mechanized), « Red diamond », parviennent à traverser le pont endommagé de la Basse-Chaîne et à progressivement investir le centre-ville D’Angers. Général Birdsong, William H., Jr. Commanding Officer, HQ, 3rd Battalion, 11th Infantry Regiment, 5th Infantry Division « Red Diamond », U.S. Army. Le 11th régiment avait trois bataillons. Le 1er a attaqué de La Membrolle vers Avrillé et est arrivé à la Maine par la rue Beaurepaire. Le 2th bataillon a attaqué par la route de Nantes et est entré dans Angers par la rue Saint-Jacques.
Le 735th Tank Battalion

Le 735th Tank Battalion. Le 6 août 1944. Message téléphonique reçu à 12 h 40 demandant au capitaine Robinson, de la 5th division d’infanterie, de rejoindre leurs régiments. La compagnie « B », rattachée au 10th bataillon d’infanterie, et la compagnie C ont reçu l’ordre verbal à 16 h de partir à 19 h 15 et de se diriger vers la zone de concentration de la division, près de Vitré, en France. Le départ a été de nouveau retardé et nous n’avons pas pu partir avant 21 h 30.
Le 7 août 1944, le bataillon, sans les compagnies « B » et Co « C », s’est rapproché dans une nouvelle zone. À 2 h 00, position 350467 (Lieu-dit La Gérardière-Ronceray à Étrelles), carte réf. 1/100 000, feuille 6G de la Belgique et de la France. Il s’agissait d’une marche d’environ 56 km ; la compagnie « B » a pris position à 1 h 20. À 13 h 30, le poste 355465 (Lieu-dit La Chédevinière à Étrelles), a reçu un message au 1er peloton, la compagnie « D », lui demandant de se présenter au commandant de section de S à 14 h 30. Le chef de peloton (Lt. Taylor) et le peloton lui demandant de se préparer pour une opération de trois jours ont reçu à 15 h 05 un autre message au peloton (Lt. Scialla) de la compagnie « D » pour rejoindre le CT 2. La mission consistait à s’emparer et à tenir un pont au sud d’Angers (850780), feuille n° 14, /250 000, sur la Loire, connu sous le nom de force de Yuill.
Structure et équipement par compagnie
| Compagnie | Équipement principal |
|---|---|
| Compagnie QG | 10 jeeps, 8 half-tracks, 3 M21 (mortiers 81 mm), 2 M4 Sherman 75 mm, 3 M4 105 mm |
| Compagnie A, B, C | 17 M4 Sherman 75 mm, 1 M32 ARV (véhicule de récupération), 1 half-track, 2 jeeps |
| Compagnie D | 17 M5 Stuart ou M24 Chaffee, 1 M32 ARV, 1 half-track, 2 jeeps |
Soutien et armement additionnel
- Chars :
- 53 × M4 Sherman
- 17 × M5 Stuart ou M24 Chaffee
- 6 × M4 105 mm (obusier)
- Véhicules :
- 3 × M21 half-track (mortiers)
- 16 × half-tracks
- 39 × camions 2½ tonnes
- 23 × jeeps
- Armement individuel :
- 35 × bazookas
- 449 × mitraillettes
- 227 × carabines
- 6 × mortiers de 81 mm
Effectifs
- 39 officiers
- 2 enseignes
- 709 sous-officiers et soldats

Un camion militaire GMC CCKW 2½ tonnes, surnommé « Jimmy ». Image générée par IA via Microsoft Copilot.

Un M21 Half-track Mortar Carrier, mortier de 81 mm M1. Image générée par IA via Microsoft Copilot.

Un M4 Sherman 75 mm du 735th Tank Battalion. Image générée par IA via Microsoft Copilot.

Un M24 Chaffee du 735th Tank Battalion. Image générée par IA via Microsoft Copilot.

Un M5 Stuart du 735th Tank Battalion. Image générée par IA via Microsoft Copilot.
Le 818th Tank Destroyer Battalion

Le 818th Tank Destroyer Battalion a entamé sa marche vers le sud de la France le 6 août 1944. Après avoir parcouru 64 kilomètres, il est arrivé à Vitré le 7 août à 3h00. Le 8 août, le bataillon a poursuivi sa progression sur 88 kilomètres, bivouaquant près de Saint-Clément-de-la-Place. La route était jonchée de nombreux débris. À ce moment, la 5ème Division et le 818th Tank Battalion étaient bloqués depuis deux jours et demi par les forces ennemies dans la région d’Angers.
Composition en matériel du 818th Tank Destroyer Battalion
| Période | Équipement principal |
|---|---|
| Juillet 1944 | M10 GMC (canon automoteur de 76 mm) |
| Février 1945 | M36 GMC (canon automoteur de 90 mm) |
- M10 GMC : monté sur châssis de char M4A2, équipé d’un canon de 76 mm, sans tourelle fermée (ouvert sur le dessus).
- M36 GMC : version améliorée avec un canon de 90 mm, capable de détruire les chars lourds allemands comme les Panther ou Tiger.

Un M10 GMC du 818th Tank Battalion. Image générée par IA via Microsoft Copilot.

Un M36 GMC du 818th Tank Battalion. Image générée par IA via Microsoft Copilot.
L’enquête sur le terrain à la ferme de « la Chènevétrie » à Bais
Visite à la ferme de « La Chènevétrie » – Mercredi 3 septembre 2025
Le mercredi 3 septembre 2025, j’ai eu l’honneur d’être accueilli à la ferme de « La Chènevétrie » par son exploitant actuel, Monsieur Samuel Dugas. Cette exploitation agricole, transmise de génération en génération depuis 1860, constitue un patrimoine familial remarquable.
Dans le cadre de mes recherches relatives à un ancien bivouac militaire, quelques échanges préliminaires ont eu lieu en début d’année avec le père de Samuel, Monsieur Pierre-Yves Dugas. Né dans l’immédiat après-guerre, ses souvenirs sont essentiellement constitués de récits transmis par son propre père ainsi que par le commis de la ferme. Ce dernier rapportait notamment qu’un matin, alors qu’il s’était levé de bonne heure pour aller couper du trèfle dans la prairie, il avait aperçu des véhicules américains quittant les lieux à l’aube.
Lors de mon premier entretien avec Samuel Dugas, il fut question de ce campement situé dans une prairie qui, depuis lors, est communément désignée sous le nom de prairie aux Américains. L’accès à cette parcelle se trouve à quelques centaines de mètres sur la gauche, en empruntant la route reliant Teillais à Domalain.
Bien que la date exacte de ce bivouac demeure inconnue, il subsiste sur place des traces matérielles de la présence des soldats américains, notamment deux ou trois jerricans abandonnés. Deux d’entre eux sont encore conservés à la ferme, dans leur état d’origine.
Une visite sur le terrain a permis d’observer l’emplacement supposé de ce bivouac. Il convient de noter que le paysage a considérablement évolué depuis les opérations de remembrement. Une consultation du cadastre napoléonien permettra d’apprécier les modifications apportées à la configuration des parcelles. La prairie de la ferme Dugas.

Selon la section du Teillais-C1, les anciennes parcelles ayant été le bivouac américain serait la parcelle, n°238 « La feronnerie », il y avait ce chemin de terre qui partait de la route de Teillais/Domalain, situé à 250 mt de la dites route. Un bivouac bien caché derrière la haie. Haie qui se trouve toujours à la même place en 2025. Voir la photo aérienne de 1950.

Vue de la zone du bivouac vers la route de Teillais

Prairie lieu du bivouac, au fond au delà de la haie la « Loge Bâtie », nous voyons la ligne à haute tension qui passe dans la prairie du « Haut-Goué »

Prairie lieu du bivouac, au fond a delà de la haie, lieu d’atterrissage des Piper Cub


Les deux jerrican étant dans leur jus, il est noté dessus Q.M.C. et au dos USA. Marquages, fabricant Q.M.C. (Quarter Master Corps)

HOMMAGE AUX QUATRE PREMIERS SOLDATS AMÉRICAINS TUÉS EN ARRIVANT SUR ANGERS
5th Cavalry Reconnaissance Troop (Mechanized)
Selon les comptes rendus des quatre dossiers IDPF des tués.
Ci-dessus, des hommes de la section de maintenance et d’approvisionnement du quartier général des troupes en route pour ravitailler et rationner les pelotons qui avaient effectué une mission de reconnaissance plus tôt ce jour-là.
La section d’approvisionnement, composée de dix-neuf hommes, avec la mission indiquée, voyageant à bord d’une voiture blindée, de deux semi-chenillés et d’un camion d’une demi-tonne, en route pour ravitailler deux pelotons, a été désignée « Force Thackerays ». Ce groupe partait des environs de Mondron (sud-ouest de Vitré, Vergéal), via Craon, Château-Gontier, Daon, Le Lion d’Angers. Peu après avoir franchi Le Lion D’angers et ne rencontrant aucun élément de la force opérationnelle, il s’est dirigé vers l’objectif. À une distance estimée à 4,5 km au nord-ouest d’Angers, dans l’obscurité, il s’est heurté à un champ de mines antichar et à un barrage routier en travers de l’autoroute. Les avant-postes allemands ont bloqué la sortie et ont tiré au mortier, à la mitrailleuse et aux armes légères sur le groupe pris en embuscade.
DÉCLARATIONS DES TÉMOINS, LE CAS ÉCHÉANT :
Voir le certificat ci-joint du 1st. lieutenant LOUIS R. MORRIS, 5th Régiment de la Force de réserve, qui a mené l’enquête.
Déclarations sous serment du sergent-chef Wardie Barnett, 15011532 – Membre du groupe.
T/5. gr Vincent J. Hughes, 33600563 – Membre du groupe.

Après avoir prêté serment, le Tec 5. Vincent J. Hughes, 33600563, 5th troupe de reconnaissance (Mecz), APO 5 (Army Post Office, 5th Infantry Division – APO 5), aux soins du maître de poste, New York, N.Y., a témoigné comme suit :
« Vers 00 h 15, le 8 août 1944, une automitrailleuse légère (M8 Greyhound), qui conduisait un convoi de deux semi-chenillés (M3 Half-track) et d’un camion d’un quart de tonne (Jeep Willys M38 ou Willys MC), a percuté un champ de mines et un barrage à environ 4,5 km au nord-ouest d’Angers, en France. L’automitrailleuse a explosé et a immédiatement pris feu. Tous les occupants, à l’exception du soldat Arthur H. Klug, 3601909, ont été projetés hors de la voiture et ont été blessés. Les deux semi-chenillés et le camion d’une tonne se sont arrêtés à proximité de l’automitrailleuse en feu. L’artillerie a ensuite été attaquée par des tirs nourris de mortiers, de mitrailleuses et d’armes légères.
Le sergent-chef. Kardle Barnett et moi-même avons couru vers l’automitrailleuse. Pour enquêter et porter secours aux blessés. Nous avons récupéré le Sergent Jesse Rice, matricule 15054951, qui gisait au sol à proximité, blessé aux jambes, et nous l’avons transporté jusqu’à l’un des half-tracks. Nous sommes ensuite retournés porter secours au soldat Klug, dont les jambes semblaient coincées sous le canon de 37 mm. Nous n’avons pas pu le sortir de là et, malgré nos efforts, sous un feu nourri, nous nous sommes cachés pour quitter les lieux sans lui. On pense qu’il a été brûlé dans la voiture et que le Sergent Rice a peut-être été capturé par l’ennemi après notre départ, abandonnant les half-tracks et le semi-chenillé de 7,5 tonnes derrière nous.
Quatre hommes d’un groupe de dix-neuf hommes ont été les premiers à s’échapper et, avec l’aide des Français libres, nous avons atteint le quartier général des troupes le 9. Sept d’entre nous sont restés avec les Français libres tandis que le Sergent-chef Arlie E. Robinson, Le Tec 5. Waitman Dodd, le Tec 5. Harold F. Nielsen et le soldat Creason Babineaux, blessés, ont été transportés d’urgence à l’hôpital américain. On ignore ce qu’il est advenu de deux autres membres du groupe, le Tec 4. Kenneth A. Anderson et le Tec 5 Kenneth Smartt, mais on pense qu’ils ont été tués pendant l’engagement. Des civils à Avrillé nous ont informés qu’ils avaient récupéré trois corps : l’un brûlé dans le véhicule blindé, probablement celui de Klug, et les deux autres sur les lieux de l’incident, probablement ceux d’Anderson et de Smartt. Ces trois soldats ont ensuite été enterrés par les Français au cimetière d’Avrillé.
Compte rendu du 1st Lieut, Cavalry. LOUIS R. MORRIS, 5th Rcn Tr (Mecz). APO 5, U S Army
Le 10 août 1944, après l’évacuation de la ville d’Avrillé par l’ennemi, je me suis rendu sur les lieux de l’affrontement. J’ai contacté des civils et j’ai été conduit au cimetière local, où ils m’ont dit avoir enterré trois soldats américains. Les Français avaient enterré deux hommes dans une fosse le 8 et y avaient placé leurs deux casques. L’un portait le nom de Smartt et l’autre celui d’Anderson. Les Français m’ont raconté qu’après l’extinction des flammes dans le véhicule blindé, ils s’y étaient rendus, avaient retiré un corps (probablement celui de Klug) et l’avaient enterré dans la deuxième fosse le 10 août. Les plaques d’identification de Klug m’ont été remises et elles avaient clairement été brûlées. D’après le récit des Français, il semble que l’homme resté dans le semi-chenillé, le sergent Jesse Rice, ait été enlevé par les Allemands lors de l’enlèvement des véhicules. Toutes les informations ont été placées dans des enveloppes imperméables et fixées aux stèles funéraires. Tous les papiers d’identité (étiquettes, etc.) avaient été retirés des corps par les Allemands avant leur inhumation par les Français.
Je certifie également que, d’après la description qui m’a été donnée par les habitants d’Avrillé, le soldat Klug a été brûlé vif dans le véhicule blindé, et que les Tec 4 Anderson et Tec 5. Smartt ont été tués lors de l’engagement.
🧾 Défense passive – Témoignage de Monsieur Riveron
Avrillé, le 16 août 1944. Événements qui se sont déroulés sur le territoire de la commune d’Avrillé du 8 au 16 août 1944.
Dans la nuit du 7 au 8 août, un violent bombardement s’abat sur le bourg. Mademoiselle Delerable a été blessée dans son lit par un obus qui a traversé le mur, (jambe cassée). À la première heure, je suis allé trouver un poste de secours allemand dans le bourg. Un infirmier est venu pour le premier pansement. J’ai demandé un passeport afin de pouvoir conduire la blessée à l’hôpital dans la voiture de la Défense Passive. Au cours de la nuit, plusieurs voitures américaines sont venues. Une a sauté sur les mines. Il y eut trois morts que nous avons enterrés dans le cimetière d’Avrillé. Les autres survivants ont pu s’échapper et se sont cachés dans un abri. Plusieurs agents de la Défense Passive et les voisins les ont ravitaillés pendant deux nuits et une journée. Ils étaient au nombre de cinq. Ils ont rejoint leurs camarades qui étaient dans les alentours. Grande bataille sur l’étendue du bourg et du terrain de manœuvres. La plupart des gens avaient évacué leur maison.
Signé : Riveron
🧾 Témoignage de Monsieur Cussonneau
Avrillé, nuit du 7 au 8 août 1944
Voici à ma connaissance comment s’est produite l’arrivée des Américains à Avrillé. Il était une heure et demie du matin, le 8 août, lorsque j’entendis une forte détonation se produire à l’extrémité du pays en direction d’Angers, et quelques minutes après une fusillade du côté opposé, en direction de Montreuil-Belfroy. Quelques instants après, mon camarade Huellou m’appelle en me disant qu’une voiture américaine était arrivée en face de chez lui. À ce moment se présente un premier soldat américain, puis surviennent quelques instants après quatre de ses camarades. Nous les avons logés tous les cinq dans l’abri de Monsieur Lecoq. Il y avait trois blessés, dont un assez grièvement. Vers 7 heures du matin, les Boches s’emparent de la voiture, et en regardant du côté où s’était produite la fusillade, j’aperçois deux corps étendus sur le côté de la route, en face du Cottage Sainte-Marie où étaient logés les Boches. J’appelle mes deux camarades Huellou et Roer Alexandre, et nous partons voir. Lorsque nous approchâmes, c’étaient deux malheureux soldats américains qui étaient tués. Un officier boche s’approcha et nous dit en avoir fait un prisonnier. Un camarade partit prévenir le Maire pour procéder à l’enterrement de ces deux malheureux. Pendant ce temps, ma femme, ma belle-mère et quelques voisins avaient été soigner les trois blessés et leur donner quelques victuailles. Le mercredi matin 9 août, les Boches étaient partis d’Avrillé. Nous avons, moi, Huellou et Lecoq, reconduit nos cinq amis à leurs camarades au lieu dénommé « Les Cinq Chemins ». À notre retour, nous apprenons qu’une voiture avait sauté sur le champ de mines où s’était produite la détonation, et là un autre soldat américain était tué. Nous l’avons transporté avec deux autres camarades au cimetière. Voici ce dont j’ai été témoin.
Signé : Cussonneau
Événements survenus sur le territoire de la commune d’Avrillé du 8 au 16 août 1944
Témoignage d’un témoin
Voici mon récit de l’arrivée des Américains à Avrillè. Il était 1 h 30 le matin du 8 août lorsque j’entendis une forte détonation à l’extrémité du pays, en direction d’Angers, et quelques minutes plus tard, un bombardement venant du côté opposé, en direction de Montreuil-Belfroy. Quelque temps plus tard, un ami nommé Huellou m’appela de loin pour m’annoncer qu’un véhicule américain était arrivé devant sa maison. À ce moment, le premier soldat américain apparut, suivi quelques instants plus tard de quatre de ses camarades. Nous logeâmes tous les cinq dans l’abri antiaérien de Monsieur LECOQ. Il y avait trois blessés qui souffraient beaucoup. Puis, vers 7 h, les Allemands emportèrent le véhicule et inspectèrent le lieu du bombardement. J’ai aperçu deux corps au bord de la route, devant le chalet Sainte-Marie où logeaient les Allemands. J’ai appelé mes deux amis Huello et Alexandre Royer, et nous sommes allés les voir. Alors que nous approchions des deux malheureux soldats tués, un officier allemand s’est approché et nous a demandé de les faire prisonniers. Il avait pris un ami. Un ami est parti chercher le maire pour procéder à l’enterrement des deux malheureux. Pendant ce temps, ma femme, ma belle-mère et des voisins sont arrivés pour soigner les trois blessés et leur donner à manger.
Sont également jointes les déclarations de témoins oculaires. Il convient de prêter attention à la déclaration de Jules Cussonneau : « Un officier allemand s’est approché et a annoncé qu’il avait fait un prisonnier. » Les deux témoins affirment que seuls trois soldats ont été tués, ce qui suggère que le sergent Jesse Rice, matricule 15054951, pourrait être le soldat fait prisonnier.
Lors de leur progression vers Angers, la 5th troupe de reconnaissance mécanisée (Mecz) a subi ses premières pertes. Une section de maintenance et d’approvisionnement du quartier général semblait avoir pris de l’avance sur le reste du 5th Cavalry, empruntant une route plus au nord — probablement une trajectoire moins sûre. Il est à noter que, dans le cadre de leurs différentes patrouilles, certains éléments ont suivi des itinéraires variés pour atteindre Angers.
Quoi qu’il en soit, la 5th Cavalry Reconnaissance Troop (Mechanized) constituait l’avant-garde de la 5th Division dans sa course vers Angers.
Les premiers bataillons du 11th Infantry Regiment sont arrivés aux abords de la ville d’Angers au petit matin du 8 août. Ils ont été suivis dans leur avancée par le 10th Infantry Regiment.
Fiches mémorielles des soldats tombés A Avrillé
🕯️ S/Sgt. Jesse Rice
- Grade : Staff Sergeant
- Unité : 5th Cavalry Reconnaissance Troop (Mechanized)
- Date de décès : 9 août 1944
- Lieu : Kriegslazarett 1/604 à Tours à 0h30.
- Cause : Blessures suite à explosion
- Hommage : Enterré au cimetière de Tours. (Indre et Loire).
- Jesse Rice est né le 25 mars 1922 à Jessamine County, Kentucky, USA.
🕯️ Tech/4. Kenneth A. Anderson
- Grade : Technician Fourth Grade
- Unité : 5th Cavalry Reconnaissance Troop
- Date de décès : 8 août 1944
- Lieu : Avrillé
- Cause : Mine terrestre
- Hommage : Soigné par les habitants, décédé peu après
- Kenneth A. Anderson est né le 29 mai 1920. Chicago, Cook County, Illinois, USA.
🕯️ Tech/5. Kenneth Smartt
- Grade : Technician Fifth Grade
- Unité : 5th Cavalry Reconnaissance Troop
- Date de décès : 8 août 1944
- Lieu : Avrillé
- Cause : Mine terrestre
- Hommage : Transporté au cimetière par les civils
- Kenneth Smartt est né le 6 mai 1920 à Irving College, Warren County, Tennessee, USA.
🕯️ Pfc. Arthur Herman Klug
- Grade : Private First Class
- Unité : 5th Cavalry Reconnaissance Troop
- Date de décès : 8 août 1944
- Lieu : Avrillé
- Cause : Mine terrestre
- Hommage : Mentionné dans les témoignages civils
- Arthur Herman Klug est né le 27 octobre 1913 à Ada, Norman County, Minnesota, USA.


Un ouvrage intitulé : On the Way: The Story of the 195th Field Artillery Battalion publié en 1945 retrace en détail l’histoire de cette unité, avec cartes, portraits et témoignages. Consultable gratuitement sur Internet Archive.
Dossier IDPF – ANDERSON_KENNETH_16004214 – KLUG_ARTHUR_36019209 – RICE_JESSE_15054951 – SMARTT_KENNETH_34147896
Le Kriegslazarett 1/604, ou hôpital militaire allemand n°1 de la 604ème unité, était actif à Tours pendant la Seconde Guerre mondiale, notamment à partir du 22 février 1943. Il faisait partie de la Kriegslazarett-Abteilung 604, une unité médicale de l’armée allemande qui gérait plusieurs hôpitaux de campagne et établissements pour les blessés légers.
À Tours, elle a été impliquée dans le traitement des soldats blessés, notamment ceux du 8ème régiment de sécurité et du 7ème régiment de chars (Panzer-Regiment 100)
Le 2nd Cavalry Reconnaissance Group Mechanized
Photo Remonter le temps – IGN – 1950
Recherche documentaire : Fonds d’archives : 10 Fi 12 (48) : Commune de Bais. THOT Internet



