Bais, une Voie de la Liberté

Photo Remonter le temps – IGN – 1950


Cette enquĂŞte sur un Ă©pisode sur la libĂ©ration et rattachĂ© Ă  Bais commence il y a environ 30 ans avec le tĂ©moignage de M. Cadieu Ă  LouvignĂ©-de-Bais. Il Ă©voquait l’atterrissage de plusieurs avions amĂ©ricains, des Piper, dans une prairie de la commune. Ă€ l’Ă©poque, je ne connaissais mĂŞme pas Bais. Les rumeurs mentionnaient aussi une station radar allemande Ă  proximitĂ©, Ă  la « Morinais » de VergĂ©al.

Plus tard, en 2007, je m’installe Ă  Bais et deviens membre, en 2009, de l’Union des Anciens Combattants (UNC) de Bais. Environ 15 ans plus tard, l’UNC reçoit le courrier d’un ancien de Bais, habitant dĂ©sormais Rennes. Il racontait avoir Ă©tĂ© tĂ©moin, durant la guerre, de la prĂ©sence d’une unitĂ© de transmissions de l’armĂ©e amĂ©ricaine stationnĂ©e dans un champ au « Haut Goué ». Ne connaissant pas encore l’histoire de la libĂ©ration de notre rĂ©gion, je n’ai pas pu lui rĂ©pondre.

Quelques annĂ©es après, Dominique Taburet me signale un autre bivouac amĂ©ricain : celui d’un campement dans un champ près de la ferme de « La Chenevetrie », sur la route de Teillais menant Ă  Domalain.


Au dĂ©but de l’annĂ©e 2025, Roger Colombel, nĂ© au village de « La Greulière » en 1945, partage ses souvenirs. Il se rappelle l’histoire racontĂ©e par sa famille, celle de petits avions amĂ©ricains qui avaient atterri dans la grande prairie « d’Housillé », juste en face de leur ferme. Son grand frère, très jeune Ă  l’Ă©poque, fut mĂŞme invitĂ© par un pilote Ă  monter dans un des avions pour aller en AmĂ©rique !

Roger me signale que Marcel ReuzĂ©, qui habitait au « Bas-Goué », avait aussi connaissance de cette histoire. Je dĂ©cide d’aller le rencontrer le 19 aoĂ»t, et il confirme le rĂ©cit. « Bien sĂ»r que je me souviens de ces avions venus atterrir dans la grande prairie de 8 hectares. Je me souviens de tout comme si c’Ă©tait hier, » me confie l’homme, âgĂ© de 96 ans. Je me trouvais Ă  travailler dans le champ juste en face quand ils arrivèrent pour venir se poser dans la prairie. Des petits avions de reconnaissance venus se poser dans notre dans la grande prairie « d’Housillé », (4 hectares d’après le cadastre).

Il se remĂ©more Ă©galement un autre Ă©vĂ©nement. Alors qu’il Ă©tait au bout du chemin de la ferme familiale du « Haut-Goué » avec ses parents, une Jeep s’arrĂŞte. Un gĂ©nĂ©ral amĂ©ricain et son ordonnance demandent la route de teillee, teilleee, de Teillais. Mon père comprit enfin. Je proposais de monter dans la jeep mais mon père refusa catĂ©goriquement. »


Peu après l’arrivée des Américains, des soldats canadiens ! s’installèrent dans la prairie de trèfle appartenant à la famille Reuzé, non loin de la route de Vergéal. Ils y déployèrent trois imposants canons : l’un orienté vers l’ouest, le deuxième vers le nord-est, et le dernier vers le sud-est. Ces hommes restèrent sur place pendant trois jours, et certains prêtèrent main-forte à la famille pour les travaux liés à la paille.
Les canons avaient été placés sous nos pommiers. Une radio, posée sur une vieille charrue à l’entrée du champ, diffusait leurs échanges. On pouvait entendre leurs conversations, comme un écho lointain de la guerre qui se jouait ailleurs.


Une nuit — ou peut-être un soir, comme le raconte Marcel — un avion allemand a survolé le champ où se trouvaient les canons. Avec nos parents, nous avons été pris d’une grande peur : celle de voir des bombes tomber sur notre ferme.

Après le départ des soldats américains et de leurs trois canons de notre prairie du Haut-Goué, notre voisin, Louis Theuret de la ferme du Breil, située à Vergéal juste après notre prairie, fit une découverte tragique. En fouillant les lieux, il trouva un sac contenant des grenades abandonnées.
Malheureusement, pris d’une mauvaise intuition, il monta au grenier avec sa femme pour examiner l’objet… et ce fut l’explosion.
Une ouvrière de leur ferme accourut chez nous, affolée, en criant : « Un grand malheur est arrivé au Louis ! » Je partis aussitôt avec mon père vers leur ferme. Là, Louis, dans un état effroyable, dit à mon père : « Pourtant, j’ai fait l’armée… mais je ne connaissais pas cet engin. Je me suis fait avoir. »
Louis avait les mains arrachées, le ventre ouvert. Il fut transporté en urgence à l’hôpital de La Guerche, mais il succomba rapidement à ses blessures. Sa femme, elle, fut blessée à la jambe par un éclat
.

Plus loin, dans notre autre champ celui de la « Bonnelière » en bordure de la route menant Ă  Bais, une autre troupe s’installe. Ă€ leur arrivĂ©e, ils arrachent nos jeunes plants de pommiers. Adolescent, par curiositĂ©, je m’approche du camp, mais une sentinelle me crie « Halt ! Halt ! » en me mettant en joue. J’ai failli me faire tuer ce jour-lĂ . Il me semble qu’il y avait eu qu’une tente, j’ai pensĂ© Ă  un PC, pour des officiers. Il n’y avait pas de gros vĂ©hicules.

Dans un autre de nos champs un peu plus loin que la « Bonnelière », il y a eu aussi plusieurs camions à stationner. Puis comme les ceux de la prairie de la « Bonnelière », ils durent partir durant une nuit.

Le témoin raconte aussi le passage incessant de tanks et de véhicules pendant au moins deux jours. La route et les fossés menant au bourg ont été complètement défoncés.


Ces tĂ©moignages ont lancĂ© mes recherches, d’autant plus que l’histoire de la 2ème Division BlindĂ©e du GĂ©nĂ©ral Leclerc Ă©tait mentionnĂ©e. J’avais appris qu’elle Ă©tait passĂ©e par VitrĂ©, ArgentrĂ©-du-Plessis et Domalain, oĂą le gĂ©nĂ©ral aurait passĂ© une soirĂ©e avant de prendre la route du Mans le 7 aoĂ»t 1944.

L’annĂ©e 2024 a marquĂ© le 80ème anniversaire de la libĂ©ration. En Ille-et-Vilaine, une borne « Voie de la 2ème DB » a Ă©tĂ© inaugurĂ©e Ă  Domalain le 17 septembre 2012, confirmant la prĂ©sence de la division dans la rĂ©gion.

Au dĂ©but de mon enquĂŞte, fin fĂ©vrier, je pensais donc que l’unitĂ© ayant bivouaquĂ© Ă  Bais, notamment dans la prairie près de la route de Teillais/Domalain, appartenait Ă  la 2ème DB. Cependant, en consultant le site de la Fondation du MarĂ©chal Leclerc et en analysant le parcours de ses unitĂ©s, de nouvelles rĂ©ponses sont arrivĂ©es.

Le 05/08/44 : A 8h, le Capitaine CHANSON accompagnĂ© du Lieutenant MESSIAH se rend Ă  une rĂ©union au Q.G., reçoit communication d’ordres prĂ©paratoires de mouvement et se rend en reconnaissance d’une nouvelle zone de stationnement dans la rĂ©gion 15 km sud sud-est d’Avranches, dĂ©part Ă  9h, arrivĂ©e Ă  13h. Le Lieutenant BREZINA est dĂ©tachĂ©. Entre 23h et 24h activitĂ© aĂ©rienne ennemie sur la region sud d’Avranches. Tirs de D.C.A. amĂ©ricaine (90, 40).

2ème Bie : Le Lieutenant MARTY dĂ©pose Ă  la caserne ROCHAMBAULT Ă  Cherbourg, 9 prĂ©dicteurs et 9 gĂ©nĂ©rateurs. La batterie est rĂ©unie en bivouac avec le groupe, Ă  Vesly près de la Haye-du-Puits.

3ème Bie : ArrivĂ©e du complĂ©ment de matĂ©riel. La batterie est au complet Ă  I8h.


Le 06/08/44 : Le Capitaine CHANSON retourne au stationnement du groupe Ă  Vesly et rend compte de sa mission. DĂ©part d’une reconnaissance par batterie Ă  l6h. Le groupe fait mouvement suivant ordre de mouvement de la Division, passage Ă  Vesly de la tĂ©te de colonne du groupe Ă  20h. Ordre des batteries: E.M.. l, 2, 3, 4. ItinĂ©raire: Vesly, PĂ©riers, Coutances, Gevrey, La Haye-Pesnel, Avranches, Ducey, St-Aubin-de-Terregatte et stationnement.

2ème Bie : DĂ©part de Vesly ĂĄ 19 heures. ArrivĂ©e au bivouac au sud de Bauerie Ă  3h00 le 07/08/44.

3ème Bie : 19h20, dĂ©part du bivouac de Vesly en colonne de Division. Une mutation Ă  la 4ème batterie.


Les autres batteries occupent un stationnement entre St-Aubin-de-Terregatte et St~James, EM. et la 2ème batterie sur G.C.78A entre St-Aubin-de-Terregarte et St-James, 1ère et 3ème batteries sur I.C.67 allant de St-Senier-de-Beuvron au G.C.78A (toutes ces batteries Ă  moins de 2 km au nord carrefour G.C.78A – I.C.67). Les tirs des canons de 40 est autorisĂ© en toutes circonstances sur avion reconnu ennemi. Les mitrailleuses ne sont pas autorisĂ©es Ă  ouvrir le feu.


Dans la nuit du 6 au 7 aoĂ»t, rĂ©ception d’ordres prĂ©paratoires du mouvement en direction de la rĂ©gion Ă  6 km nord de la Guerche-de-Bretagne. A 8h30, dĂ©part en reconnaissance du Lieutenant MESTDAG (plus 2 half-tracks avec 1 Jeep). A 9h, rĂ©union des chefs de corps et de leur adjoint (Commandant LANCRENON, Capitaine CHANSON) au Q.G. de la Division. Le GĂ©nĂ©ral LECLERC fait un exposĂ© de la situation et des enseignements Ă  tirer des opĂ©rations d`une division blindĂ©e en Bretagne (Enseignements recueillis pendant ces opĂ©rations par le sous-chef d’Etat-Major). A 11h, le Capitaine CHANSON prend contact au Q.G. du XXème Corps avec l’officier de liaison du groupe A.A.A. (Anti-Aircraft Artillery) – Artillerie anti-aĂ©rienne) du XXème Corps auprès de ce Corps. (Major General Walton Walker, commandant XXème Corps d’armĂ©e US). A l4h, le Commandant LANCRENON accompagnĂ© du Lieutenant PESKINE se rend au P.C. du groupe A.A.A. du XXème Corps (entre VitrĂ© et la Guerche-de-Bretagne). A 17h30, rĂ©ception d’un ordre prĂ©paratoire d`opĂ©rations en direction de l’est. Des reconnaissances sont envoyĂ©es par la Division, le groupe des F.T.A. (Forces Terrestres Anti-aĂ©riennes)  sauf la 4ème batterie qui reste dĂ©tachĂ©e Ă  la base) passe aux ordres du Colonel Commandant le R.M.S.M. (1er rĂ©giment de spahis marocains) et reste sur les emplacements actuels, guidĂ© et articulĂ© en direction de l’est. Le Lieutenant MESSIAH est dĂ©tachĂ© auprès du Colonel commandant le R.M.S.M. De 22h Ă  2h, activitĂ© aĂ©rienne ennemie au dessus de la zone de stationnement de la Division (bombardement).

Selon le journal de marche de la Battery B du 537th AAA AW Battalion, ce dernier pourrait la bonne unité en protection des troupes dans le secteur de Domalain.
Le 537th AAA AW Battalion a traversé la région au sud de Vitré autour du 5–7 août 1944, dans le cadre de la poussée vers la Mayenne et Laval.
Le 1er août, ils sont à Saint-Hilaire-du-Harcouët, au sud d’Avranches.

  • Le 3 aoĂ»t, ils engagent des formations aĂ©riennes allemandes (16 et 38 avions), rĂ©ussissant Ă  les disperser.
  • Le 5 aoĂ»t, ils sont bombardĂ©s sans pertes, puis rejoignent le 344th FA Battalion.
  • Le 7 aoĂ»t, ils traversent la Mayenne entre Mayenne et Laval, poursuivant leur route vers le sud-est.

L’officier de liaison A.A.A. au Q.G. du XXème Corps. Son rôle était essentiel : Transmettre les ordres du commandement du corps aux unités antiaériennes.
Positionner les batteries en fonction des menaces aériennes et des priorités opérationnelles.
Assurer la coordination avec les divisions (blindées, d’infanterie, d’artillerie) pour éviter les tirs amis.
Analyser les rapports de reconnaissance aérienne et proposer des ajustements de couverture.
Ce poste exigeait une connaissance fine du terrain, des capacités de communication interarmes, et une réactivité tactique face aux évolutions du front.
Lors de la percée vers Le Mans : L e 537th AAA AW Battalion et le 344th FA Battalion avancent en parallèle avec le XXème Corps. L’officier de liaison A.A.A. aurait été chargé de positionner les batteries autour de points sensibles comme Domalain, Bais, ou les carrefours routiers. Il aurait aussi coordonné les tirs contre les Fw 190 et Me 109 qui survolaient les colonnes.

Le 07/08/44 : La tĂŞte de colonne arrive aux lieux de stationnement le 7 Ă  2h. ActivitĂ© aerienne ennemie (bombardement) dans la rĂ©gion d’Avranches, Ducey pendant toute la première panĂ®e dans la nuit (22h Ă  2h). Tirs de la D.C.A. amĂ©ricaine (90, 40, 12,7). La colonne du groupe se trouve sur les itinĂ©raires bombardĂ©s au moment de son passage. Aucun incident sĂ©rieux Ă  signaler pour le groupe. A l`arrivĂ©e dans la zone de stationnement de la Division, une batterie (4ème) est mise Ă  la disposition du Colonel commandant la base pour assurer la protection de la base au stationnement et en dĂ©placement. Cette batterie rejoint la base dès son arrivĂ©e, sur un emplacement reconnu par le Lieutenant MESSIAH et le Sous-lieutenant CHRISTOPHE, et se met en position au jour. P.C. de la batterie sur route Pontaubault St-James, Ă  3 km sud de Pontaubault.

Une batterie du 537th AAA AW Battalion en position au nord de Domalain, le 7 août 1944. On y voit le M16 MGMC camouflé sous les feuillages, le Quadmount .50 cal braqué vers le ciel, les soldats en alerte. Image générée par IA via Microsoft Copilot.

Poste / FonctionNombre approximatif
Commandement (officiers supérieurs)10–15
Officiers de batterie (A, B, C, D)~20 par batterie
Sous-officiers (sergents, chefs de section)~80–100
Tireurs et opérateurs radio~200–250
Conducteurs et mécaniciens~100
Personnel logistique et médical~50
Total estimé~600 hommes

Chaque batterie (A, B, C, D) était divisée en plusieurs sections (ex. B1, B2, B3…), chacune avec ses propres véhicules et équipes de tir.

ÉquipementQuantité estiméeDescription
M16 MGMC (Multiple Gun Motor Carriage)~24Half-track équipé du Quadmount .50 cal
M15A1 Half-track~8Variante avec canon 37 mm + .50 cal
Jeep Willys MB~30Liaison, commandement, reconnaissance
Camions GMC CCKW 2.5t~40Transport de troupes et munitions
SCR-610 / SCR-510 radiosNombre variableCommunications tactiques
Munitions .50 calPlusieurs tonnesPour les Quadmounts
Camouflage et filetsStandardPour dissimulation des positions
Antennes fouetMontées sur véhiculesLiaison radio longue portée
  • HQ Company : commandement, communications, logistique
  • Battery A–D : chacune composĂ©e de 4 Ă  6 sections de tir
  • Sections : 1 half-track + 4 Ă  6 hommes (conducteur, chef de pièce, tireurs, radio)
  • DĂ©ploiement : en soutien mobile des divisions d’infanterie, souvent en embuscade ou en couverture de points stratĂ©giques (ponts, carrefours, dĂ©pĂ´ts)

🕒 Heure📍 Localisation🎖️ Acteurs impliqués🔧 Action / Événement clé
Nuit du 6 au 76 km au nord de La Guerche-de-BretagneÉtat-major de la 2e DBRéception d’ordres préparatoires pour mouvement vers l’est.
08h30Secteur nord de La GuercheLt MESTDAG + 2 half-tracks + 1 JeepDépart en reconnaissance vers la zone d’opérations.
09h00Q.G. de la 2ème DBCmdt. LANCRENON, Cne CHANSON, chefs de corpsRéunion de coordination. Leclerc expose les enseignements de la campagne bretonne.
11h00Q.G. du XXème CorpsCne. CHANSON / Officier de liaison AAA / Maj. Gen. Walton WalkerPrise de contact officielle entre la 2e DB et le groupe AAA du XXème Corps.
14h00P.C. du groupe AAA (entre Vitré et La Guerche)Cmdt. LANCRENON, Lt. PESKINEVisite au poste de commandement AAA pour coordination tactique antiaérienne.
17h30Q.G. de la 2ème DBÉtat-major de la divisionRéception d’un ordre préparatoire d’opérations vers l’est.
18h00Emplacements actuels (Domalain/Bais)Groupe F.T.A. / 1er R.M.S.M.Le groupe F.T.A. (sauf 4e batterie) passe sous les ordres du colonel du R.M.S.M.
18h30Q.G. du R.M.S.M.Lt. MESSIAHDétachement du Lt. MESSIAH auprès du colonel commandant le R.M.S.M.
22h–02hZone de stationnement de la 2ème DB2ème DB / F.T.A. / AAA américainesBombardement aérien ennemi. Activité intense au-dessus des positions françaises.

Le 7 Août 1944, Extrait du J.M.O. du 12 CUIRS. A 08H00, ravitaillement en essence et gas-oil. Des précurseurs partent vers la préparation d’un bivouac à 10 km au sud de Vitré, sur la route Vitré – La Guerche-de-Bretagne à La HERVIERES, « La Heinrière« , situé au Sud de Vitré.

2ème Bie : Stationnement.

3ème Bie : 3h. arrivĂ©e au bivouac au sud de St-Aubin~de-Terregatte. Pendant la route, Pontorson, la 6ème pièce, a Ă©tĂ© accidentĂ©. Il rejoint seulement vers 10h. Une Jeep, première section, endommagĂ©e par Ă©clatement de bombe sur la route. A I9 h, entrĂ©e en opĂ©rations. Ordre de se tenir prĂŞt Ă  intervenir pour repousser attaque allemande prĂ©vue dans la rĂ©gion de Mortain. Le groupe est en rĂ©serve sous les ordres du Colonel commandant le R.M.S.M.

4ème Bie : ActivitĂ© aĂ©rienne ennemie, plusieurs bombes sont tombĂ©es autour du convoi, deux vĂ©hicules endommagĂ©s par collision. Nouveau cantonnement au sud de Pontaubault.


Le 08/08/4 : Le groupe est stationnĂ© entre St-Aubin-de-Terregatte et St-James, 15 km sud sud-est d’Avranches. A 19h30, le Commandant de groupe, après liaison avec lc Q.G. de Ia Division, donne un ordre de mouvement pour le groupe.

1) Colonnes de combat allĂ©gĂ©es : Batterie d’E.M., le Commandant, et Capitaine CHANSON, le Lieutenant MESTDAG, le Lieutenant MESSIAH et le Lieutenant BREZTNA dans un Command Car, une Jeep, un 750 kg (5-13).

Batterie de tir 1, 2, 3, les véhicules de commandement (3 Jeeps, 2 750, 1 1500), les 8 autocanons et 1 2T5 des T.C.

Départ de la colonne ainsi constituée à 20h30, intercalée entre deux éléments de la Division (G.T.L. et Q.G.). Itinéraire : St-James, G.C. 12, G.C.40, Antrain, G.C.96, N776, N792. St-Aubin-du-Oonnier, Vitré, G.C.88. Argentré-du-Plessis, Cuillé, N80x, Cossé-le-Vivien. D4, Quelaines, DI, Château-Gontier, N769, Grez-en-Bouère, Boucssay. NI59, Sablé, N768, Le Mans.

2) la 4ème batterie reste dĂ©tachĂ©e Ă  la protection de la base et fera mouvement le 9 avec cet Ă©lĂ©ment.

3) le reste du groupe fera mouvement le 9, départ du stationnement à 9h45, sous le commandement du Capitaine DOUVILLE, même itinéraire que ci-dessus.

2ème Bie : DĂ©part de la batterie de tir Ă  20h00. Les T.C. et les T.R., qui restent sur place. subissent un bombardement aĂ©rien de nuit assez violent. Pas de dĂ©gât.

3ème Bie : 22h Ă  1h30 : passages d’avions ennemis, bombardement des environs, tirs de D.C.A., 3 avions abattus. On apprend dans la matinĂ©e que l’attaque allemande a Ă©chouĂ© et que les AmĂ©ricains dĂ©truĂ­sirent 135 chars et reprirent enfin Mortain. 19h40, ordre de se tenir prĂŞt Ă  partir pour 20h30. 20h30, dĂ©part de la batterie de tir.

4ème Bie : Bombardement aĂ©rien ennemi.


Le 09/08/44 : Entre 0h et lh, les Ă©lĂ©ments du groupe restĂ©s en stationnement font l`objet d’un bombardement d’aviatĂ­on, un blesse grave Ă©vacuĂ© (Canonnier FOURNET) et un blessĂ© lĂ©ger a la batterie d’E.M. Au passage ĂĄ ChĂŁteau~Gontier des colonnes combat du groupe (8h), la 2ème batterie reçoit l’ordre du Commandant de groupe de prendre position Ă  Château-Gontier autour du pont sur la Mayenne en protection du mouvement de la Division (point de passage obligĂ© ĂĄ Ă©coulement difficile). A 9h30 arrivĂ©e des 1ère et 3ème batteries Ă  Bouessay (6 km nord-ouest de SablĂ©) après liaison avec le 3ème bureau prĂ©curseur de la Division. Le Commandant de groupe fait mettre en position la 1ère batterie dans la rĂ©gion nord-est d’Auvers-le-Hamon (8 km nord de SablĂ©) en protection de la zone de stationement du QG. et la 3ème batterie dans la rĂ©gion nord de SablĂ© (G.C.l2. G.C.37) en protection du G.T.D. A 10h, le Capitaine CHANSON et le Lieutenant MESTDAG effectuent une liaison au P.C. de l’A.A.A. du XVème Corps auquel la 2ème D.B. est dĂ©somtais rattachĂ©e. (P.C. Ă  Blandouet, 22 km nord de SablĂ©). A 14h, le Commandant du groupe en liaison au Q.G. reçoit l’ordre de placer deux batteries en position au nord du Mans, en protection de deux ponts de bateaux en construction sur la Sarthe. ll convoque les reconnaissances des Ière et 2ème batteries et donne l’ordre de mouvement Ă  ces deux batteries. Reconnaissance et mise en place s’effectuent entre 14h et 17h. La 1ère batterie assure la dĂ©fense du pont sud Ă  St-Pavace (39-40), la 2ème batterie la dĂ©fense du pont nord près de Neuville-sur-Sanhe (39-44). Vers 17h Ă  Gennes-sur-Sarthe, le MarĂ©chal-des-Logis BOUCHER (2ème batterie) et le Canonnier CHALMEL (1ère batterie) sont blessĂ©s accidentellement et Ă©vacuĂ©s. A 20h30. le Sous-lieutenant GLOAGUEN commandant la 1ère batterie, au cours d’une mission de liaison, fait un prisonnier Ă  St-Marceau et le ramène en croisant une colonne de chars ennemis qui le prennent sous leur feu. A 18h, la 3ème batterie reçoit la mission de protĂ©ger le Q.G. dans la rĂ©gion d’Auvers-le-Hamon, mise en position terminĂ©e Ă  I9h. A 23h, les Ă©lĂ©ments du groupe partis du stationnement de St-James Ă  9h45 arrivent Ă  Bouessay. Ils sont dirigĂ©s par l`itinĂ©raire SablĂ©, Cheville, BrĂ»lon, Joue-en-CharnĂ­c, ChassillĂ©, Coulans-sur-GĂ©e, sur une none de stationnement situĂ©e entre Coulans-sur-GĂ©e et Chauffour-Notre-Dame. (route Nl57, 12 km est du Mans). ArrivĂ©e ĂĄ cette zone d’attente Ă  3h. La 4ème batterie suit la base dans son mouvement et assure sa protection.

2ème Bie : Mise en batterie autour du pont de Château-Gontier (Mayenne) pour la protection du passage de la Division. A 16 heures, dĂ©part pour le Mans, puis mise en place pour la protection du pont de bateaux nord sur la Sarthe Ă©tabli Ă  Neuville-sun Sarthe. Mise en place terminĂ©e Ă  22 heures. Les T.C. rejoignent sous le commandement du Capitaine DOUVILLE. Le Marechal des Logis Chef BOUCHER est grièvement blesse Ă  la suite d’un acte de dĂ©mence du Canonnier CHALMEL de la 1ère batterie.

3ème Bie : 13h, mise en batterie pour la protection des passages nord de SablĂ©. 15h, mise en position dans la zone de stationnement du G.T.L. pour protection. 19h30. ordre de se porter rĂ©gion Chauffour-Notre-Dame puis passe la Sarthe sur ponts de bateaux au nord du Mans vers l5h. 15h, reçoit mission de mettre la batterie en position pour dĂ©fendre la zone de statiotmement du Q.G. au carrefour de Ballon.

4ème Bie : Bombardement aĂ©rien de nuit. DĂ©part pour Bouessay.

Nous allons intercaler l’histoire de Jean Marcel Boscq, il est nĂ© le 18 avril 1921 Ă  Casablanca (Maroc), dĂ©cĂ©dĂ© des suites de ses blessures le 9 aoĂ»t 1944 Ă  VitrĂ© (Ille-et-Vilaine) ; Ă©tudiant ; FFL. Voici sa fiche.
Cela mĂ©ritĂ© d’en parler car il existe un monument dĂ©diĂ© Ă  Jean Marcel Boscq. Il s’agit d’une stèle commĂ©morative Ă©rigĂ©e Ă  l’endroit oĂą Jean Marcel Boscq a Ă©tĂ© mortellement blessĂ© le 9 aoĂ»t 1944, lors d’un accident en service commandĂ©. La stèle se trouve le long de la route dĂ©partementale D105, en direction de CornillĂ©, Ă  la sortie de VitrĂ©.
Elle porte l’inscription : « À la mémoire de Jean Marcel Boscq, aspirant au 28e Escadron du Train, mort pour la France le 9 août 1944 »
.

L’acte de décès numéro 130 dressé à l’état civil de Vitré le 9 août 1944 déclare que Jean Marcel Boscq, aspirant au FTG (Fleet Training Group) du QG, matricule 56221 est « décédé ce même jour à une heure trente sur le territoire de la commune de Vitré, aux Ormeaux-Ambulance américaine ».
Une mention additive, ajoutée à son acte de décès le 21 novembre 1944, le dit « aspirant au 28ème Escadron du train des équipages militaires ».
Cette mention « FTG (Fleet Training Group) », enregistrĂ©e en erreur a fait dire un moment par des personnes de la rĂ©gion que Jean Marcel Boscq Ă©tait un soldat amĂ©ricain. Une rumeur signale que ce dernier prit d’une crise de dĂ©mence, aurait Ă©tĂ© blessĂ© par un soldat amĂ©ricain !

Le terme Fleet Training Group est typiquement associé à la marine britannique ou américaine, désignant des unités chargées de la formation opérationnelle des équipages de flotte. Or, Jean Boscq était aspirant dans une unité de la France Libre, formé en Angleterre, et affecté à une division blindée.


Une erreur de transcription ou de terminologie : Il est possible que le terme « FTG » ait été mal interprété ou mal traduit dans l’acte de décès. Rappelons nous que ce dernier est décédé dans une ambulance américaine stationnant sur Vitré. Le contexte militaire français n’utilise pas cette appellation.


Le 28ème Escadron du Train des Équipages Militaires (ETEM) est une unitĂ© qui n’a jamais Ă©tĂ© rattachĂ© Ă  la 2ème Division BlindĂ© du gĂ©nĂ©ral Leclerc. Il s’agit d’une erreur.

  • Les unitĂ©s du train affectĂ©es Ă  la 2ème DB sont :
  • Les 197ème et 297ème compagnies de transport,
  • La 397ème compagnie de circulation routière
  • La 497ème compagnie de services
  • Le 97ème escadron de quartier gĂ©nĂ©ral.

L’aspirant Jean-Marcel BOSC Ă©tait affectĂ© Ă  la 97èmeescadron de quartier gĂ©nĂ©ral. Le 97ème escadron faisait partie du Train Divisionnaire, aux cĂ´tĂ©s des compagnies de transport (197ème, 297ème), de circulation routière (397ème), et de services (497ème). Il ne relevait pas directement du Groupe d’Exploitation d’Intendance ni du Bataillon MĂ©dical, mais jouait un rĂ´le transversal essentiel Ă  la coordination divisionnaire.

Merci au forum La 2ème Division BlindĂ©e de Leclerc pour la rectification au sujet de l’erreur de l’unitĂ©.

  • 12th Army Group – GĂ©nĂ©ral Omar Bradley
  • 1re armĂ©eGen Courtney Hodges
  • III CorpsGen James Van Fleet
  • V Corps Gen Clarence R. Huebner
  • VII Corps Gen Joseph Lawton Collins
  • XVIII Airborne Corps – Gen Matthew Ridgway
  •  3e armĂ©e – Gen George S. Patton
  • VIII Corps – Gen Troy H. Middleton
  •  XII Corps – Gen Manton S. Eddy
  •  XX Corps – Gen Walton Walker
  • 9e armĂ©e – Gen William Hood Simpson
  •  XIII Corps – Gen Alvan Cullom Gillem, Jr.
  •  XVI Corps – Gen John B. Anderson
  •  XIX Corps – Raymond S. McLain
  • 15e armĂ©e – Gen Leonard T. Gerow
  •  XXII Corps – Gen Ernest N. Harmon
  • XXIII Corps – Gen Jesmond Dene Balmer

Headquarters and Headquarters Battery XX Corps Artillery
Corps Artillery Organization – 9 August 1944
Headquarters and Headquarters Battery XX Corps Artillery

Major General Walton Walker
The Command Post of the XXth Corps
Campaigns of Normandy and France, XX Corps operational report, 1 August – 1 September 1944

Le 1er aoĂ»t 1944, la Troisième ArmĂ©e amĂ©ricaine, sous le commandement du lieutenant-gĂ©nĂ©ral George S. Patton Jr., devint opĂ©rationnelle. L’heure d’action du XXème Corps Ă©tait imminente. Ă€ la mĂŞme date, le 5ème Groupe d’artillerie de campagne et les 83ème, 695ème, 696ème et 177ème Bataillons d’artillerie de campagne furent dĂ©tachĂ©s de l’artillerie du XXème Corps et rattachĂ©s au VIIIème Corps pour sa percĂ©e Ă  travers la pĂ©ninsule bretonne.

Le 3 aoĂ»t, les groupes de reconnaissance du Corps d’artillerie furent les premières unitĂ©s Ă  se dĂ©placer. Ă€ 7 h 17, ils partirent avec pour mission de rechercher des points de franchissement d’artillerie sur les rivières Rousse et SĂ©lune et de sĂ©lectionner des zones de bivouac dans les environs de Fleury, Ă  une centaine de kilomètres au sud de Saint-Jacques-de-NĂ©hou. Tous les commandants de groupe furent rassemblĂ©s au poste de commandement du quartier gĂ©nĂ©ral de l’artillerie le soir du 3 aoĂ»t et l’ordre fut donnĂ© de faire marcher toutes les unitĂ©s du Corps le lendemain matin vers les environs de Fleury. Le dĂ©placement commença Ă  9 h 35, le 4 aoĂ»t, et après avoir parcouru 85 kilomètres, le Headquarters XXth Corps Artillery installa son poste de commandement Ă  1,6 kilomètre au sud-est de Fleury Ă  13 h. Peu après son arrivĂ©e sur place, on dĂ©couvrit que le XXth Corps Artillery se trouvait encore Ă  une distance considĂ©rable des combats, qui progressaient rapidement vers le sud, les lignes allemandes se dĂ©sintĂ©grant sous le poids de la percĂ©e amĂ©ricaine Ă  Avranches. L’ordre fut donnĂ© Ă  5 h 35, le 5 aoĂ»t, pour que l’artillerie du Corps d’armĂ©e reprenne la route. La destination cette fois Ă©tait Saint-Martin-de-Landelle, Ă  cinquante-six kilomètres plus au sud, atteinte Ă  9 h. C’est lĂ  que le quartier gĂ©nĂ©ral de l’artillerie du XXème Corps d’armĂ©e connut son premier bombardement aĂ©rien ennemi, lorsque les Allemands lancèrent la Luftwaffe, longtemps inactive, pour tenter de prĂ©parer le terrain Ă  leur attaque du 7 aoĂ»t, depuis Mortain en direction d’Avranches.

La Luftwaffe donnait tout ce qu’elle avait. Notre poste de commandement, juste Ă  l’est de Saint-Martin-de-Landelle, subit pendant trois nuits consĂ©cutives le poids des bombardements ennemis acharnĂ©s sur nos colonnes routières et les ponts sur la SĂ©lune et la Rousse, près de Saint-Hilaire-de-HarcouĂ«t. La nuit du 6 aoĂ»t fut notre premier vĂ©ritable baptĂŞme du feu dans la guerre. La terre tremblait sous le fracas des bombes, le sol Ă©tait « clair comme le jour Â» grâce aux fusĂ©es Ă©clairantes ennemies qui semblaient suspendues dans les airs, le ciel Ă©tait rouge sous les rafales de balles traçantes de calibre 50 et les rafales d’obus de 90 mm, deux avions Jerry en flammes luisaient comme des boules de feu en s’abattant vers la mort, et le bruit Ă©tait assourdissant du rugissement des moteurs, du fracas des bombes et des tirs furieux de la DCA. Ce spectacle dura trois nuits avant que l’ennemi ne s’affaiblisse. Nous n’oublierons jamais ces nuits. C’est alors que hommes et officiers apprirent Ă  utiliser les tranchĂ©es.

Cette contre-attaque de Mortain nous la connaissons bien, ayant travaillĂ© au sein de l’ABSA 39-45 Ă  Ă©tablir les pertes aĂ©riennes en Bretagne.

Nous avons de nombreuses pertes du 6 au 10 août sur le département de la Mayenne.
Des pertes plus nombreuses pour le département de la Sarthe.

Cliquez sur la bombe volante

Patton en uniforme de lieutenant-gĂ©nĂ©ral (1943 ou 1944).

Le gĂ©nĂ©ral Patton Ă  partir du 6 aoĂ»t avait installĂ© son poste de commandement, au manoir du Long-PrĂ©, Ă  Saint-MĂ©loir. Patton y restera « trois, quatre jours » au Long PrĂ©, avant de continuer son chemin pour libĂ©rer la Bretagne.

Headquarters and Headquarters Battery XX Corps Artillery
7th FA Observation Battalion

  • 177th FA Battalion (155 H)
  • 949th FA Battalion (155 H)
  • 733rd FA Battalion (155 G)
  • 736th FA Battalion (8′ H)
  • 774th Tank Destroyer Battalion (T)
  • 814th Tank Destroyer Battalion (S/P)

De ce tableau dressĂ© au 9 aoĂ»t, soit après la libĂ©ration d’Angers et ce grand pĂ©riple des Ă©lĂ©ments rattachĂ©s au XXth Corps, avec la 5th Division d’Infanterie, la 35th Division d’Infanterie et la  2ème Division BlindĂ©e du GĂ©nĂ©ral Leclerc. De ce grand dĂ©placement Ă  partir de la Manche vers le Mans et Angers, ne se trouve pas rattachĂ© le dans le 195th Field Artillery Group, le 177th et 949th. Du 4th Tank Destroyer Group en Normandie du 6 juin au 24 juillet 1944 et du 25 juillet au 14 septembre 1944 dans le nord de la France. Idem pour les deux battalions du 4th Tank Destroyer Group.

Corps Artillery Organization – 9 August 1944

Du 7 au 12 aoĂ»t 1944, l’organisation dĂ©barqua de 2 LST et 1 LCT Ă  Utah Beach Ă  partir de 4 h 50 et termina le dĂ©chargement Ă  9 h 15. Après un court sĂ©jour dans la zone de transit « B Â», le bataillon partit pour NĂ©greville, oĂą il termina sa mission Ă  23 h 50. Le bataillon « C Charlie » quitta NĂ©greville Ă  6 h le 8 aoĂ»t 1944 et arriva Ă  un bivouac Ă  1 h 07, le 9 aoĂ»t 1944, Ă  1 kilomètre Ă  l’est de Domalain, oĂą il Ă©tait rattachĂ© au 195th Field Artillery Group. La batterie « A Â», du 551st Anti-Aircraft Artillery Ă©tait rattachĂ©e au bataillon pour la dĂ©fense antiaĂ©rienne. Le bataillon C a quittĂ© Domalain Ă  00h30 le 10 aoĂ»t 1944 et est arrivĂ© Ă  une nouvelle zone de bivouac Ă  10 miles Ă  l’est de Laval Ă  08h30. Ă€ 16h10, le bataillon a quittĂ© cette zone et a occupĂ© des positions de tir Ă  2 1/2 miles au nord-ouest de Vaiges.

D’après le livret d’un ancien vĂ©tĂ©ran du 736th, sa batterie Ă  bivouaquĂ© le 8, oĂą ils sont restĂ©s temporairement Ă  l’Éclardière, puis le 9, près de Domalain, et le 10, ils sont arrivĂ©s Ă  un bivouac Ă  16 kilomètres Ă  l’est de Laval, dans une ville appelĂ©e Nuille-Sue-Ocewette, (NuillĂ©-sur-Ouette, Mayenne) et ont quittĂ© la zone Ă  16 h.

ÉlémentFonction
HQ BatteryCommandement, communications
Batteries A, B, CArtillerie de campagne (canons de 155 mm)
Service BatteryLogistique, munitions, maintenance
Unités rattachées551st AAA Battalion, 733rd FA Battalion, 736th FA Battalion

Le 551st AAA est rattaché au 195th FA Group pour assurer la protection antiaérienne des batteries d’artillerie et des axes logistiques.

Le 7 août 1944, une batterie du 551st est déployée à Domalain, sous coordination du 195th, pour défendre les positions du 736th FA Battalion.

Le poste de commandement AAA du XXth Corps était situé entre Vitré et La Guerche-de-Bretagne, et les officiers du 195th assurent la liaison avec les unités de la 2ème DB et de la 5th Infantry Division.

Ses deux photos, se trouvent sur le site de la fondation MarĂ©chal Leclerc de Hautecloque, la Voie de la 2ème DB et concerne la Guerche de Bretagne. La photo du haut, nous montre un convoi de M16 Multiple Gun Motor Carriage, Ă©galement connu sous le nom de M16 half-track, et d’une Jeep Willys M, et d’un camion GMC CCKW 353, transport de munitions et ravitaillement.

Sur la seconde photo, il s’agit de chars M4 Sherman (variante M4A1 ou M4A3). Il s’agit vraisemblablement de modèles de dĂ©but ou de milieu de production, probablement des variantes M4A1 ou M4A3, compte tenu de leur coque arrondie et de la forme de leur tourelle. La prĂ©sence de plusieurs Sherman en colonne suggère une avancĂ©e blindĂ©e coordonnĂ©e, possiblement au sein d’une force opĂ©rationnelle plus importante.

De cette traversée pour la grande armada de la 5th Infantry Division, qui passa par la Guerche de Bretagne ne laissa pas de trace photographique comme pour la 2ème DB, car le convoi passa de nuit en majorité.

Le 7 aoĂ»t le poste de commandement du Corps Ă©tait situĂ© Ă  proximitĂ© de VitrĂ©, point de dĂ©part de la grande offensive de l’organisation vers l’est, en direction du bassin lorrain. Une Ă©quipe de combat de la 5ème division d’infanterie du gĂ©nĂ©ral de division S. Leroy Erwin fut motorisĂ©e et envoyĂ©e au sud-est pour prendre Angers. La prise de la ville, le 10 aoĂ»t, empĂŞcha non seulement la 7ème armĂ©e allemande de s’Ă©chapper, mais bloqua Ă©galement toute chance Ă  la 15ème armĂ©e allemande de lui venir en aide.

Ă€ cette Ă©poque, le XXème Corps se composait de la 2ème Division blindĂ©e française et des 5ème et 35ème Division d’infanterie, avec pour mission initiale d’avancer vers l’est, en parallèle du XVème Corps situĂ© sur notre flanc sud. Cependant, l’attaque de quatre divisions blindĂ©es allemandes depuis Mortain vers Avranches devint si sĂ©rieuse que la 2ème Division blindĂ©e française, la 35ème Division d’infanterie, ainsi que la 80ème Division d’infanterie rĂ©cemment rattachĂ©e au XXème Corps depuis le XIIème Corps, furent redĂ©ployĂ©es pour stopper les Allemands. Après deux jours de combats très intenses, les Corps AX et VII (Première ArmĂ©e amĂ©ricaine) rĂ©ussirent Ă  arrĂŞter l’avancĂ©e ennemie, contribuant ainsi Ă  la formation de la poche de Falaise qui piĂ©gea par la suite la majeure partie des forces allemandes en France occidentale (7ème ArmĂ©e allemande).

Au dĂ©but de la deuxième semaine d’aoĂ»t, l’artillerie du XXth Corps se dĂ©plaça encore plus au sud pour Ă©tablir son poste de commandement près de VergĂ©al, (Bais) Ă  midi, le 7 aoĂ»t. Ă€ VergĂ©al (Bais), les bataillons d’artillerie de campagne suivants furent rattachĂ©s Ă  l’artillerie du XXth Corps, puis aux 195 Field Artillery Group et le 195th Field Artillery Group :
Le 177ème Bataillon d’artillerie de campagne (obusier de 155 mm howitzer), le 204ème Bataillon d’artillerie de campagne (155 mm howitzer), le 949ème Bataillon d’artillerie de campagne (155 mm howitzer), le 733ème Bataillon d’artillerie de campagne (canon de 155 mm).
Bien que ces unitĂ©s n’aient pas Ă©tĂ© directement impliquĂ©es dans la contre-offensive allemande Ă  Mortain, elles furent engagĂ©es, avec la 5ème Division d’infanterie, dans la protection du flanc droit du Corps, qui Ă©tait Ă©galement celui de la Troisième ArmĂ©e amĂ©ricaine et du Groupe d’armĂ©es n°12. Sauf le 736èmeBataillon d’artillerie de campagne (8 pouces howitzer), qui fut engagĂ© sur la rĂ©gion de VitrĂ©/Bais/voir Domalain.

La 5ème Division d’infanterie avait reçu pour mission de s’emparer de la ville d’Angers, situĂ©e sur la rive nord de la Loire, près de son embouchure. La Loire devait constituer l’ancrage du flanc droit du gĂ©nĂ©ral Patton dans sa course vers l’est, et les Allemands avaient sĂ©curisĂ© Angers avec une force importante pour conserver une position au nord du fleuve. Le 204ème Bataillon d’artillerie de campagne (obusier de 155 mm howitzer) du XXème Corps fut rattachĂ© Ă  la 5ème Division d’infanterie et tira plusieurs centaines de coups pour appuyer l’attaque de la division. Après de durs combats, Angers tomba le 10 aoĂ»t. Ă€ l’issue de cette bataille, le 204ème retourna sous le contrĂ´le de l’artillerie du Corps.

7th Field Artillery Observation Battalion

Le 6 aoĂ»t, le XXth Corps reçut sa première mission opĂ©rationnelle. La mission principale Ă©tait d’Ă©tendre l’infanterie, les canons et les forces de soutien du 12th Army Group afin qu’ils puissent affluer. Une fois Ă  environ 320 kilomètres au sud des plages du DĂ©barquement, le Corps d’ArmĂ©e devait se diriger vers l’est et se diriger vers le sud de Paris. La rapiditĂ© Ă©tait essentielle, car les AlliĂ©s s’efforçaient de couper l’arrière du saillant allemand de la poche de Falaise.

Les divisions de combat sous le contrĂ´le du XXth Corps Ă  ce moment-lĂ  Ă©taient les 5th, 35th et 8th Divisions d’Infanterie et la 2th Division BlindĂ©e Française. Le XXth Corps avait initialement l’intention de se concentrer dans les environs de VitrĂ©, Ă  environ 45 kilomètres au sud de l’emplacement actuel du quartier gĂ©nĂ©ral Ă  Saint-Hilaire. La 5th Division d’Infanterie, Ă©tait dĂ©jĂ  Ă  VitrĂ©, prendrait la tĂŞte du front sud. La plupart des troupes avancent et s’emparent d’Angers.


Encore cinquante kilomètres plus au sud. Le XXth Corps serait alors responsable d’une immense zone de cent dix kilomètres de large, s’Ă©tendant de Mortain, au nord, jusqu’Ă  Angers, au sud.
DĂ©sireux de quitter Saint-Hilaire, cible des bombardements de la Luftwaffe, le 7 aoĂ»t, la FAOB se met en route et parcourt quatre-vingt kilomètres au sud jusqu’Ă  une position près de La Mortinanais, oĂą elle entame ses premières opĂ©rations de combat offensives.

CatégorieMatériel utilisé
Véhicules blindésM8 Greyhound (auto-mitrailleuse légère pour reconnaissance)
Véhicules d’observationJeeps équipées de radios SCR-610 ou SCR-284, parfois avec périscopes ou télémètres
Véhicules de transportCamions 2½ tonnes, Dodge WC-54, Half-tracks pour le personnel et le matériel
Radars et télémètresTélémètres M1, radars SCR-584 (fin de guerre), équipements de triangulation
Appareils optiquesJumelles, télémètres stéréoscopiques, lunettes d’observation
Stations radioSCR-193, SCR-506, SCR-610 pour liaison avec les batteries d’artillerie

Reconstitution détaillée d’un bivouac du 7th Field Artillery Observation Battalion pendant la Seconde Guerre mondiale, avec tout l’équipement radio et les véhicules. Image générée par IA via Microsoft Copilot.

  • Sections de sonorĂ©glage : utilisaient des microphones et des chronographes pour localiser les batteries ennemies par le son.
  • Sections de repĂ©rage optique : dĂ©ployaient des observateurs avancĂ©s avec tĂ©lĂ©mètres et cartes topographiques.
  • Sections de liaison aĂ©rienne : parfois Ă©quipĂ©es de petits avions d’observation (L-4 Grasshopper) pour repĂ©rage aĂ©rien.

Les bataillons d’observation d’artillerie comme le 7th FAOB étaient généralement dotés de plusieurs avions légers L-4 pour assurer leurs missions. Bien que les archives ne donnent pas toujours un chiffre exact pour chaque unité, voici les standards connus :

  • Nombre d’appareils : En gĂ©nĂ©ral, chaque bataillon d’observation disposait de 6 Ă  12 L-4 Grasshopper, selon les besoins opĂ©rationnels et la disponibilitĂ© logistique.
  • RĂ©partition : Ces avions Ă©taient rĂ©partis entre les diffĂ©rentes batteries ou Ă©quipes d’observation, souvent avec un pilote et un observateur/artilleur.
  • Utilisation :
    • RĂ©glage des tirs d’artillerie
    • Reconnaissance tactique
    • Liaison entre unitĂ©s
    • Surveillance des mouvements ennemis
    • Équipement radio : Souvent Ă©quipĂ© de postes SCR-510 ou SCR-610 pour communiquer avec les batteries au sol.
    • Autonomie : Environ 2h30 de vol, ce qui permettait des missions courtes mais frĂ©quentes.
  • Compagnie QG : commandement, communications, logistique
  • Compagnie A & B : observation optique et sonorĂ©glage
  • Compagnie C : liaison et cartographie

Image générée par IA via Microsoft Copilot, représentant un Piper L-4 Grasshopper du 7th Field Artillery Observation Battalion en mission d’observation pendant la Seconde Guerre mondiale. Conception basée sur des références historiques et marquages authentiques.

Le 6 août, la Division Artillery est rassemblée dans le secteur de Saint Georges de Reintembault, avant de se déplacer en direction de Vitré à 12h45 (environs du Fresne, entre Torcé et Etrelles, selon une information transmise, il existe le lieu dit Fresne à Torcé).

Appui aérien : Les Piper Cub L-4 Grasshopper de la Division Artillery sont regroupés sur une piste d’aviation improvisée installée dans le parc du Château de la Vieuville, situé au nord de Fougères, sur la commune du Châtellier. (Ce château, aujourd’hui restauré, servait alors de base logistique pour les avions d’observation).
DĂ©placement : Ă€ 12h45, les unitĂ©s se mettent en route vers VitrĂ©, il s’agit en rĂ©alitĂ© du lieu dit : « Le Fresne », en VergĂ©al — un axe stratĂ©gique pour contourner les dĂ©fenses allemandes et soutenir l’avance vers Laval.

Les Piper Cub, vont se poser dans la grande prairie « d’HousillĂ© Â», en face de la ferme de la « Greulière », sans doute pour installer le poste de commandement de la 5th Infantry Division. Ce PC pouvait ĂŞtre celui installĂ© selon Marcel ReuzĂ© dans le verger de la « Bonnelière », voir le tĂ©moignage plus haut. De cette grande prairie « d’HousillĂ© Â», il y avait un chemin de terre situĂ© en face de la ferme de la « Greulière » et qui dĂ©bouchait au lieu dit « Les Buttes », passant devant le « Bas-Goué » pour rejoindre la D110, puis vers Bais, le verger de la « Bonnelière ».

Ce lieu dit Le Fresne Ă  VergĂ©al Ă©tait situĂ© juste Ă  cotĂ© du manoir d’HouzillĂ©, il y avait aussi de grandes prairies près de ce manoir, mais les Piper Cub viendront atterrir la grande prairie « d’HousillĂ© Â», les tĂ©moignages sur Bais sont imparables depuis bien longtemps dans les souvenirs.

À trois kilomètres au nord-est de la prairie dite « d’Housillé », se trouvait, durant la guerre, une station radar allemande connue sous le nom de Vierfüssler. Il s’agissait d’une installation stratégique pour la région de Rennes et, plus largement, pour la Bretagne, intégrée au vaste réseau de défense aérienne appelé la ligne Kammhuber.


L’armée américaine connaissait parfaitement l’emplacement de cette station radar située entre Torcé et Vergéal. La première mention dans un témoignage que j’en ai trouvée remonte à une trentaine d’années, avec un M. Cadieu, de Louvigné-de-Bais. Ce dernier, était originaire de Vergéal, il m’a rapporté avoir vu des avions Piper atterrir dans un champ à Bais — probablement pour ce dernier, en lien avec la présence de cette station radar.


Ce témoignage fut pour moi une révélation : j’apprenais alors l’existence d’une telle installation, sans me douter qu’en l’an 2000, je m’engagerais dans des recherches approfondies sur l’aviation durant la Seconde Guerre mondiale.


Le nombre estimé de Piper L-4 dans la Division Artillery de la 5th Infantry Division : entre 6 et 9 avions.

Le 7 aoĂ»t en dĂ©but d’après midi, la route qui fut prise ensuite part la grande armada de tous les Ă©lĂ©ments de la 5th Infantry Division, la voie vers Angers. Nous savons que d’après le compte rendu du 11th Infantry Regiment,  la Division reçut la mission de s’emparer du pont sur la Seiche, Ă  proximitĂ© de La Guerche-de-Bretagne, Ă  quelques kilomètres au sud de la zone de concentration.


A priori aucun tĂ©moignage ne ressort du passage de cette grande armada dans le bourg de Bais, c’est Ă  dire, que ce convoi aurait du prendre la route de Domalain, aujourd’hui la rue du docteur Lebreton et la grande route de la Guerche en passant sur le pont de la Seiche Ă  Carcraon. Il est vrai que ce grand convoi a Ă©tĂ© mise en route vers 22h30.

La seconde route et la plus courte d’après les anciens de Bais Ă©tait de prendre la route de Domalain, la D37, la Pavière, rue de la Pavière, le bourg de Domalain Ă©tant Ă©vitĂ©, par la D48, puis le passage sur le pont de la Seiche Ă  Carcron, la D95. La Guerche de Bretagne, RannĂ©e, Chelun, Senonnes, SegrĂ©, direction le Lion d’Anger et Angers.

Recherche documentaire : Fonds d’archives : 10 Fi 12 (48) : Commune de Bais. THOT Internet

  • 1 – Emplacement des trois canons de 203 mm dans la prairie du « Haut Goué ».
  • 2 – Emplacement d’un bivouac ou d’un PC dans le verger de la « Bonnelière ».
  • 3 – Zone d’atterrissages des Piper Cub dans la grande prairie « Ouzillé ».
  • 4 – Emplacement, stationnement de vĂ©hicules.
  • 5 – Bivouac ou emplacement d’un PC.
  • Flèches bleues, itinĂ©raire par la route de Domalain
  • Flèches rouges, itinĂ©raire direction le bourg de Bais, par la rue de Domalain, aujourd’hui, rue du docteur Lebreton.

Le Headquarters Battery de la Division Artillery pouvait également disposer d’un ou deux appareils supplémentaires pour les officiers supérieurs.
Ces avions étaient pilotés par des officiers ou sous-officiers spécialement formés, souvent issus de l’Artillery Air Section.

  • Dotation typique en L-4 Grasshopper
  • Bien que les chiffres prĂ©cis pour la 5th Infantry Division ne soient pas toujours dĂ©taillĂ©s dans les archives publiques, voici ce que l’on sait de manière gĂ©nĂ©rale :
  • Surveillance de mouvements ennemis
  • Chaque bataillon d’artillerie de campagne (comme les 19th, 21st, 46th ou 50th FA Bn de la 5th ID) Ă©tait gĂ©nĂ©ralement dotĂ© de 2 Ă  3 Piper L-4.
  • Les L-4 Ă©taient utilisĂ©s pour :
  • Observation des impacts
  • RĂ©glage de tir indirect
  • Liaison entre unitĂ©s

Il est très difficile de retracer le 736th Field Artillery Battalion. Les bataillons d’artillerie lourde comme le 736th Ă©taient souvent affectĂ©s temporairement Ă  diffĂ©rents corps ou divisions selon les besoins tactiques, notamment pour appuyer les offensives ou les sièges. Au mois d’aoĂ»t 736th Ă©tait rattachĂ© Ă  la 7th Armored Division.

Effectif estimé : Environ 530 à 600 hommes, selon le type d’artillerie utilisée. Cette unité opérait des obusiers de 8 pouces (environ 203 mm), tractés par des véhicules lourds. Ces obusiers étaient capables de tirer des projectiles puissants à longue distance, utilisés pour détruire des fortifications ennemies ou appuyer les troupes au sol. Ce bataillon illustre le rôle crucial de l’artillerie dans les opérations alliées : préparer le terrain, affaiblir les défenses ennemies, et protéger les troupes d’infanterie.

Organisation typique :

  • Quartier gĂ©nĂ©ral et batterie de commandement : coordination, reconnaissance, communications.
  • Trois batteries de tir : chacune avec ses propres pièces d’artillerie et Ă©quipes de tir.
  • Batterie de service : logistique, munitions, carburant, maintenance.
  • Composition en matĂ©riel :
  • Type d’artillerie : Le 736th Ă©tait Ă©quipĂ© principalement de obusiers tractĂ©s de 8 pouces (203 mm). 6 canons de 203 mm.
    • Ces pièces Ă©taient utilisĂ©es pour des tirs Ă  longue portĂ©e, souvent contre des positions fortifiĂ©es ou des concentrations de troupes ennemies.
  • MatĂ©riel de soutien :
    Tracteurs pour le remorquage des obusiers.
  • VĂ©hicules de transport pour les munitions et le personnel.
  • Équipements de communication et de repĂ©rage.
  • Une batterie d’obusiers de 8 pouces (203 mm) comme celle du 736th Field Artillery Battalion Ă©tait gĂ©nĂ©ralement composĂ©e de 6 canons. Batterie pouvant ĂŞtre divisĂ©e en deux sections de trois canons.
  • Ces canons Ă©taient rĂ©partis en deux sections de trois pièces chacune.
  • Chaque batterie Ă©tait soutenue par des vĂ©hicules de transport, des Ă©quipes de munitions, des observateurs avancĂ©s et un poste de commandement.
  • 3 batteries de tir (A, B, C), chacune avec 6 canons
  • 1 batterie de quartier gĂ©nĂ©ral (HQ Battery), chargĂ©e de la coordination, des communications et du soutien logistique

Cela donnait un total de 18 canons de 203 mm pour l’ensemble du bataillon.

Carte reconstitution historique montrant le déploiement du 736th Field Artillery Battalion près de Haller, Luxembourg, en février 1945. Image générée par IA via Microsoft Copilot.
Le 736th Field Artillery Battalion Ă©tait composĂ© comme sur ce document de la batterie A (Able), B (Baker), C (Charlie) et HQ  Headquarters Battery et d’une dernière appelĂ©e Service Battery.
Nous avons la chance d’avoir ce site internet du 736th Field Artillery Battalion, malheureusement ce site date d’au moins de l’annĂ©e 2002 selon la mention en bas de la page. Site constituĂ© par des vĂ©tĂ©rans, le temps passe et il ne doit plus rester beaucoup de ses hommes en vie. Nous avons une page vers History Page 3 – Chronology -7 Aug 1944 to  30 Aug 1944 (Photos). Nous aurions eu des photos selon ce lien pour le mois d’aoĂ»t, mais le lien est cassĂ©. Les adresses mails des administrateurs ne sont plus valables.
En recherchant sur internet des informations sur le 736th Field Artillery Battalion, il existe une page Facebook oĂą j’ai rĂ©ussi Ă  poser des questions pour essayer de retrouver des photos pour le mois d’aoĂ»t 1944, j’ai obtenu dès aussitĂ´t une rĂ©ponse d’une femme, JoAnn Baez, son mari Ă©tait un membre du 736th Field Artillery Battalion.
VoilĂ  sa rĂ©ponse : Je n’ai pas de photos, mais le 7 aoĂ»t, ils sont partis pour NĂ©greville, en France. Le 8, ils sont restĂ©s temporairement Ă  Éclardière, le 9, près de Dalmatie, et le 10, ils sont arrivĂ©s Ă  un bivouac Ă  16 kilomètres Ă  l’est de Laval, dans une ville appelĂ©e Nuille-Sue-Ocewette, et ont quittĂ© la zone Ă  16 h. C’est d’après les notes/le dossier de mon mari.

Selon mes prĂ©cisions : sa batterie Ă  bivouaquĂ© le 8, oĂą ils sont restĂ©s temporairement Ă  l’Éclardière (La Chapelle-FleurignĂ©
), puis le 9, près de Domalain, et le 10, ils sont arrivĂ©s Ă  un bivouac Ă  16 kilomètres Ă  l’est de Laval, dans une ville appelĂ©e Nuille-Sue-Ocewette, (NuillĂ©-sur-Ouette, Mayenne) et ont quittĂ© la zone Ă  16 h.

Selon la page du 736th Field Artillery Battalion WWII History & Reunions Web Page. En cherchant dans les listes des roster des batteries, nous retrouvons dans la C (Charlie), Charles M. Baez. Il était le Pfc. Charles Manuel Baez, né en 1921 et décédé en 2013.

Canon américain M115 203 mm Howitzer
Calibre : 203 mm ( 8 inch ) – Cadence de tir : 3 coups en 2 min. PortĂ©e : 16,8 km. Poids : 14,5 tonnes. AnnĂ©e : 1939. Servant : 14 personnes. Longueur : 10.97 m

Un vĂ©hicule utilitaire M-4 de dix-sept tonnes, remorquĂ© par un obusier de quinze tonnes et Ă©quipĂ© d’un Ă©quipage de canon, pouvait atteindre une vitesse de 56 km/h sur une route.
The 736th Field Artillery Battalion

Canon américain M115 203 mm Howitzer
Calibre : 203 mm (8 pouces) – Cadence de tir : 3 coups en 2 min. Obus explosifs M106 de 90,7 kg. PortĂ©e maximale : jusqu’à 22 860 mètres. Poids : 14,5 tonnes. AnnĂ©e : 1939. Longueur : 10.97 m. Servants : 14 personnes.
Véhicules de traction utilisés : Camion Mack NO 7½ tonnes 6×6 : robuste et conçu spécialement pour le remorquage de pièces d’artillerie lourde comme le M115.
Tracteur d’artillerie M4 : un véhicule chenillé utilisé pour tracter les canons lourds sur terrains difficiles
.

Le canon de 155 mm, M1 ou M2 (plus tard M59), plus connu sous le nom de Long Tom, était un canon de cam-pagne de 155 mm utilisé par l’armée américaine durant la Seconde Guerre mondiale.
Poids du canon et de l’affût : 4 352 kg (batterie) et 13 880 kg (transport).
Portée pratique : 16 000 m
Portée maximale : 22 014 m avec des obus à charge séparée de 45 kg, (AP M112) et de 23 513 m pour une charge de TNT de 42 kg (obus HE M101).
Cadence de tir : 1 coup toutes les 2 minutes.
 Servants : 8 Ă  10 hommes

Le 195th Field Artillery Group (souvent appelé 195th Field Artillery Battalion) était une unité d’artillerie de l’armée américaine pendant la Seconde Guerre mondiale, engagée dans plusieurs campagnes majeures en Europe. Voici une synthèse détaillée de sa composition et de ses opérations :

  • Effectif estimĂ© : Environ 500 Ă  600 hommes, rĂ©partis en :
  • Quartier gĂ©nĂ©ral et batterie de commandement
  • Trois batteries de tir : A, B et C
  • Batterie de service : logistique, munitions, maintenance

Matériel utilisé :
Le 195th était équipé de canons de 155 mm tractés, capables de tirs à longue portée. Ces pièces d’artillerie étaient utilisées pour appuyer les divisions d’infanterie et blindées dans des combats intensifs, notamment en terrain difficile comme les forêts ou les zones urbaines.

  • Engagements majeurs : Le parcours du 195th FA Group est impressionnant :
    15 juin 1944 : Débarquement sur Utah Beach
  • Normandie Juin–juillet 1944 : Soutien aux 4th, 79th et 82nd Divisions dans la pĂ©ninsule du Cotentin
  • AoĂ»t 1944 : Intervention dĂ©cisive Ă  Mortain contre la contre-offensive allemande
  • Septembre 1944 : Passage de la ligne Siegfried et entrĂ©e en Allemagne

Le 733rd Field Artillery Battalion était une unité d’artillerie de campagne de l’armée américaine, active pendant la Seconde Guerre mondiale.

UnitéFonction
HHB (Headquarters and Headquarters Battery)Commandement, communications, logistique, coordination tactique
Battery A, B, CBatteries de tir principales, chacune équipée de canons (souvent de 155 mm)
Service BatterySoutien logistique : munitions, carburant, maintenance

Chaque batterie de tir comprenait :

  • Des canons tractĂ©s ou automoteurs
  • Des Ă©quipes de tir (artilleurs, chefs de pièce, observateurs avancĂ©s)
  • Des vĂ©hicules de transport pour les munitions et le personnel
  • DĂ©ploiement en aoĂ»t 1944
  • Le bataillon faisait partie de la 3rd Army du gĂ©nĂ©ral Patton, qui venait d’être activĂ©e le 1er aoĂ»t 1944.
  • Le 733rd avançait Ă  travers la Normandie et se dirigeait vers l’est, participant Ă  la percĂ©e d’Avranches et Ă  la libĂ©ration de villes comme Le Mans et Chartres, dans le cadre de l’opĂ©ration Cobra.
  • Il fournissait un appui feu mobile pour les unitĂ©s d’infanterie et blindĂ©es, en utilisant des canons de 155 mm pour neutraliser les positions allemandes.
  • Progression vers la Lorraine
  • Ă€ la fin du mois d’aoĂ»t, le bataillon se rapprochait de la rĂ©gion de Lorraine, en prĂ©paration de la campagne de Metz et de la ligne Siegfried, qui deviendront des points clĂ©s de leur engagement en automne.

La 5th Infantry Division (Mechanized), « Red diamond »

Lieutenant General Stafford LeRoy Irwin

Le jeudi 10 aoĂ»t 1944, les troupes amĂ©ricaines de la 11th Infantry Regiment de la 5th Infantry Division (Mechanized), « Red diamond », parviennent Ă  traverser le pont endommagĂ© de la Basse-ChaĂ®ne et Ă  progressivement investir le centre-ville D’Angers. GĂ©nĂ©ral Birdsong, William H., Jr. Commanding Officer, HQ, 3rd Battalion, 11th Infantry Regiment, 5th Infantry Division « Red Diamond », U.S. Army. Le 11th rĂ©giment avait trois bataillons. Le 1er a attaquĂ© de La Membrolle vers AvrillĂ© et est arrivĂ© Ă  la Maine par la rue Beaurepaire. Le 2th bataillon a attaquĂ© par la route de Nantes et est entrĂ© dans Angers par la rue Saint-Jacques.

Jeep Willys MB HQ-0 de la 5th Infantry Division. Image générée par IA via Microsoft Copilot.

La lĂ©gende de cette photo sur le site de VitrĂ© CommunautĂ© est rĂ©fĂ©rencĂ©e comme ceci : AmĂ©ricains Ă  Bourgneuf, sans doute pour le hameau du Bourgneuf en Val d’IzĂ©. Le matin du 4 aoĂ»t 1944, le 85th Cavalry Reconnaissance Squadron (Mechanized), de la 5ème Division d’Infanterie de l’armĂ©e du gĂ©nĂ©ral Patton pĂ©nètre Ă  VitrĂ© par les routes de PocĂ©-les-Bois, Combourg, Fougères et BalazĂ©. Marquage sur le pare-chocs avant : 5Δ-85R C-22.
Ce marquage est typique des véhicules américains pendant la Seconde Guerre mondiale. Il se lit comme suit :
C-22 : Compagnie C, véhicule numéro 22.
5Δ : 5ème Division d’Infanterie (le triangle Δ est l’insigne de division).
85R : 85th Cavalry Reconnaissance Squadron (Mechanized). Était rattaché au XXème Corps.

Ce 85th Cavalry Reconnaissance Squadron (Mechanized) Ă©tait arrivĂ© dans la rĂ©gion de Fougères le 3 aoĂ»t. Le 4 aoĂ»t il se dĂ©place au sud-est de Fougères vers VitrĂ©. Le 5 le 85th prend la direction d’ErnĂ©e, le 6 sur CossĂ©-le-Vivien, direction le Mans.

Ce sont principalement des éléments de la 79th Infantry Division américaine qui ont libéré Bourgneuf-la-Forêt. En tête, on retrouve le 79th Reconnaissance Troop et le 121st Cavalry Squadron.

Le 2nd Cavalry Reconnaissance Group et le 42nd Cavalry Reconnaissance Squadron précède arrivent sans doute en avance sur le 85th son arrivée sur Vitré. Au soir du 3 août, la Troop B [2ème escadron]a rencontré l’ennemi près de Vitré. La Troop, en réserve, était en avant-garde pour le 2nd squadron de commandement. L’axe de marche était la vallée de Vitré. En approche de la ville de Val d’Izé, à 4 km au nord-est de Vitré, la colonne, commandée par le lieutenant Ratcliffe William Edward et le 3ème peloton a trouvé le sommet d’une colline et à commencé à descendre de l’autre côté quand un véhicule ennemi, une voiture ordinaire avec quatre occupants à bord, approche par une petite route et se retrouve dans le champ de vision à 60 mètres de la jeep de tête. Le mitrailleur, le soldat Perry, a immédiatement ouvert le feu et a mis beaucoup de balles dans le véhicule ennemi. Le premier véhicule blindé arrêté à côté de la jeep a tiré deux balles explosives (HE) dans le radiateur de la voiture. L’excitation étant retombée, les soldats ont été se rendre compte du résultat. Ils ont constaté que nos tirs avaient tué trois des quatre occupants et que l’autre, peut-être blessé, s’était enfui.


Le capitaine Potts William E
. a ordonné à la colonne de s’arrêter et a mis en ligne des soldats pour rechercher l’Allemand qui s’est enfui et pour des indications sur les positions ennemies. Après avoir couvert environ 400 mètres un nid d’ennemis armés a ouvert le feu sur notre droite. Nous avons concentré nos petites armes sur ce barrage et l’avons aussitôt neutralisé mais l’équipe mitrailleuse (Machine Gun) s’est enfuie à la tombée de la nuit.

Le long de la route près de Val d’Izé, le 42nd Cavalry Reconnaissance Squadron allait à son bivouac quand la colonne est arrêtée par la Résistance de Vitré.
Le staff (état-major) lisait les rapports du premier contact avec l’ennemi à Fougères quand le colonel Reeds est arrivé au poste de commandement de l’escadron pour alerter le colonel Hill de relever le 2nd Squadron le lendemain matin, excepté la Troop B qui va attaquer Vitré. Maintenant le 42d Cavalry Reconnaissance Squadron,
était toujours bien abrité dans les premiers jours de combat, à chaque halte plus de dix minutes chaque homme creusait son trou.

Au lever du jour [le 4 aoĂ»t], après un petit dĂ©jeuner rapide, la ligne de combat a Ă©tĂ© reformĂ©e et nous sommes repartis en direction de notre objectif  : VitrĂ©. Cette fois, nous Ă©tions soutenus par la Troop E et un peloton de la Troop C devait attaquer la ville depuis une autre direction. Après avoir parcouru quelques centaines de mètres, nous avons traversĂ© un ruisseau et sommes tombĂ©s sur une vieille ferme. Nous venions juste de finir de fouiller l’endroit, sans rien trouver d’important, et nous commencions Ă  nous Ă©loigner lorsqu’une mitrailleuse allemande a ouvert le feu sur nous. Ils ont peut-ĂŞtre du mal, lors de l’entraĂ®nement de base, Ă  faire comprendre aux soldats l’importance de se coucher au sol, mais vous pouvez me croire, il ne faut pas longtemps pour dĂ©couvrir comment se rapprocher de notre mère la Terre lorsqu’une mitrailleuse est pointĂ©e vers vous. Votre gorge devient sèche, les paumes de vos mains moites et, soudain, vous ĂŞtes conscient de chaque petit contour du terrain devant vous. Un petit monticule, insignifiant pour un observateur occasionnel, prend l’importance protectrice d’une montagne.

En nous mettant Ă  couvert et en rampant, nous avons rapidement contournĂ© ce point d’appui et nous avons recommencĂ© Ă  avancer sur la route et Ă  travers les champs en direction de la ville. Notre progression a Ă©tĂ© interrompue par un 40 mm et par de petites armes qui nous ont fixĂ©s le long de la route. Les armes d’assaut (M8 ?ou chars) sont arrivĂ©es et tirent sur les points forts que nous avons indiquĂ©s. Les boches ont reculĂ©. Nous avons avancĂ© doucement. Quand nous sommes arrivĂ©s sur un point haut Ă  l’entrĂ©e de la ville, l’artillerie a ouvert le feu Ă  une distance d’environ 1 800 mètres stoppant encore provisoirement notre avance. La situation s’est Ă©claircie quelque peu vers 10 h 30 liquidant toute rĂ©sistance majeure dans la ville. Mais mĂŞme après nous avons sĂ©curisĂ© nous-mĂŞmes dans la ville oĂą il y avait de petits tirs sporadiques ici et lĂ . Les civils nous ont signalĂ© la prĂ©sence de quelques soldats allemands et il y a eu des Ă©changes de tirs pour les Ă©liminer.

Quand le calme est revenu, ce fut un merveilleux sentiment ; nous avions libĂ©rĂ© une ville ! Pour preuve, nous avons Ă©tĂ© impressionnĂ©s par le comportement des civils. Chaque petit groupe de soldats a un groupe d’admirateurs (…)

Mais notre joie s’est assombrie par une mauvaise nouvelle du 1er peloton de la Troop C qui nous avait appuyés par le sud-ouest de la ville et en attirant l’attention des Allemands. Au cours de leur déplacement, ils se sont heurtés à un canon de 88, des mitrailleuses et des tireurs isolés. C’est là que le Pvt Harry Earnshaw a été tué, le premier homme de notre groupe à mourir au combat.

L’ennemi qui a tenu Rennes lors de l’attaque de la 8th Infantry Division et la 4th Armored Division, est maintenant coupĂ© de Paris et un autre axe de route vers la Loire a Ă©tĂ© dĂ©gagĂ© et garanti. Le gĂ©nĂ©ral Patton a immĂ©diatement dĂ©signĂ© ce point comme la zone de concentration du XVème corps d’armĂ©e en vue de fermer la poche de Falaise.

Après que la Troop du capitaine Pott a libéré Vitré, le 42nd Cavalry Reconnaissance Squadron, qui a été engagé pour soulager les éléments du 2nd Squadron, a passé par la ville et a poursuivi sa route vers le sud en direction d’Angers. Le groupe de commandement a suivi de près. En route, des ordres sont parvenus de la 4th DB pour appuyer les éléments du Combat Command B dans Châteaubriant et la Troop A du 2nd Squadron a été désignée pour cette mission.


L’état-major du Groupe s’est positionnĂ© aux alentours de PouancĂ© vers 23 h 00. A peine le bivouac Ă©tant en place que le commandement Ă©tait alertĂ© d’un nouveau combat dans PouancĂ©. Le 1er Peloton de la Troupe C, du 42d Cavalry Reconnaissance Squadron, sous les ordres du lieutenant William Pridgen, a accrochĂ© une petite colonne de Boches dans la ville juste 300 mètres du poste de commandement du Groupe. [Il s’agit de l’accrochage au lieu-dit la Promenade situĂ© au carrefour des routes de MartignĂ©-Ferchaud et de PouancĂ©-Châteaubriant].


Le 2nd Cavalry Reconnaissance Group Mechanized (ou 2nd Cavalry Group, Mechanized) était une unité de reconnaissance blindée de l’armée américaine pendant la Seconde Guerre mondiale, rattachée à la 3rd Army du général Patton. Voici sa structure typique et son évolution :

  • 🛡️ Structure gĂ©nĂ©rale (Ă  partir de dĂ©cembre 1943).
  • Headquarters and Headquarters Troop (HHT) Commandement et coordination des opĂ©rations du groupe.
  • 2nd Cavalry Reconnaissance Squadron, Mechanized Escadron de reconnaissance blindĂ©e, issu du 2nd Cavalry Regiment (anciennement montĂ©).
  • 42nd Cavalry Reconnaissance Squadron, Mechanized Deuxième escadron de reconnaissance du groupe, Ă©galement mĂ©canisĂ©.
    Chaque escadron était composé de plusieurs troupes (équivalent de compagnies) :

    🏇 Composition typique d’un escadron de reconnaissance mécanisé
  • Troop A, B, C – Troupes de reconnaissance VĂ©hicules blindĂ©s lĂ©gers (jeeps, M8 Greyhound, M20) pour missions de patrouille, Ă©claireurs, liaison.
  • Troop D – Troupe antichar ÉquipĂ©e de canons antichars tractĂ©s ou automoteurs (souvent M10 ou M18).
  • Troop E – Troupe de mortiers Soutien indirect avec mortiers de 81 mm montĂ©s sur half-tracks.
  • Troop F – Troupe de mitrailleuses lourdes Appui feu avec mitrailleuses .50 cal sur vĂ©hicules blindĂ©s.
  • Medical Detachment – Soutien sanitaire Personnel mĂ©dical et ambulances pour les soins en première ligne.

5th Cavalry Reconnaissance Troop (Mechanized)

Le 7 aoĂ»t 1944, la Cinquième Division reçut pour mission de s’emparer d’Angers et des ponts sur la Loire. Ă€ la rĂ©ception de cet ordre, le Major-gĂ©nĂ©ral Irwin, commandant de la division, dĂ©cida d’envoyer une force Ă  Châteauneuf-sur-Sarthe, Ă  34,5 kilomètres au nord d’Angers, puis Ă  l’est d’Angers, afin de dĂ©border Angers et de s’emparer du pont sur la Loire, situĂ© directement au sud de la ville, aux Ponts de CĂ©. Cette force fut baptisĂ©e Task Force Thackeray. SimultanĂ©ment Ă  la constitution de la Task Force Thackeray, la Septième Équipe de Combat se dirigea vers Angers, quittant VitrĂ© Ă  14 heures le 7 aoĂ»t et effectuant une marche motorisĂ©e d’environ 101 kilomètres Ă  bord de vĂ©hicules de transport, de chars, de chasseurs de chars, d’artillerie et de camions du gĂ©nie.

La Task Force Thackeray était une force composite, regroupant environ 500 hommes issus de diverses unités : Elle était commandée par le Lieutenant Colonel Donald W. Thackeray, officier du renseignement (G-2) de la division.

5th Cavalry Reconnaissance Troop

  • Company G, 2nd Infantry Regiment
  • 81 mm Mortar Platoon, H Company
  • First Platoon, Company A, 7th Engineer Battalion
  • Clearing Company, 5th Medical Battalion
  • Company D, 735th Tank Battalion (moins un peloton)
  • ÉlĂ©ments de photographie militaire, interprĂ©tation, et contre-espionnage

Composition en matériel standard

CatégorieÉquipement
Véhicules blindés6 × M8 Greyhound (auto-mitrailleuse légère à 6 roues, canon de 37 mm)
Véhicules semi-chenillés6 × M3 Half-tracks (transport de troupes et soutien feu)
Véhicules légers3 × Jeeps (liaison, commandement, patrouille)
Véhicules de soutien1 × Camion 2½ tonnes (ravitaillement, transport logistique)
Véhicules :
Reconnaissance rapide
Transport de personnel et de matériel léger
Liaison entre unités
Évacuation sanitaire improvisée
Truck, ÂĽ-ton, 4×4. Willys MB et Ford GPW.
Le ÂĽ-ton 4×4 Ă©tait idĂ©al pour les troupes de reconnaissance mĂ©canisĂ©e.

Armement individuel et collectif

  • Mitrailleuses :
    • 6 Ă— calibre .50 (sur M8 et half-tracks)
    • 6 Ă— calibre .30 (souvent montĂ©es sur jeeps ou half-tracks)
  • Armes portatives :
    • Fusils M1 Garand
    • Pistolets mitrailleurs Thompson
    • Carabines M1
    • Bazookas (pour appui antichar lĂ©ger)

Effectif

  • Organisation en sections de reconnaissance, section de commandement, et section de soutien
  • Environ 3 officiers et 68 hommes (variable selon les pĂ©riodes et les pertes)

RĂ´le tactique

  • OpĂ©rations en avant de la division pour dĂ©tecter l’ennemi
  • SĂ©curisation des routes, ponts et points stratĂ©giques
  • Liaison entre unitĂ©s et transmission de renseignements

Un M8 Greyhound du 5th Cavalry Reconnaissance Troop (Mechanized). Image générée par IA via Microsoft Copilot.

Un Gi de la 5th Cavalry Reconnaissance Troop (Mechanized) avec un colt 45

Le 7 août 1944 : La Task Force avance depuis Azé vers Coudray, où elle affronte une forte résistance allemande, notamment des éléments de la Waffen SS.
Objectif principal : S’emparer du pont Dumnacus sur la Loire à Angers, afin de faciliter la progression de la 5th Infantry Division vers l’est.

Passage en Mayenne

  • Juillet–AoĂ»t 1944 : Après avoir traversĂ© la Normandie, le rĂ©giment progresse vers la Mayenne, en direction de Laval, Château-Gontier, et Craon.
  • LibĂ©ration : La ville de Laval est libĂ©rĂ©e le 6 aoĂ»t 1944 par des Ă©lĂ©ments de la 5th Infantry Division, dont le 2nd Infantry Regiment faisait partie.

  • 81 millimeter Mortar Platoon of H Company 2th Infantry ; peloton de mortiers de 81 mm de la compagnie H du 27ème rĂ©giment d’infanterie
  • First Platoon Company A 7th Combat Engineer Battalion ; 1er peloton de la compagnie A du 7th Combat Engineer Battalion
  • 1er platoon of the Clearing Company ; 1er peloton d’une compagnie de triage mĂ©dicale – Exemple du 603d Medical Clearing Company
  • 5th Medical Battalion ; Effectif total : environ 500 hommes, dont mĂ©decins, infirmiers, brancardiers, chauffeurs d’ambulance, personnel administratif et technique.
  • 5th Signal Company : communications. Installation et maintenance des rĂ©seaux de communication (radio, tĂ©lĂ©phone, tĂ©lĂ©graphe).
  • 5th Quartermaster Company : logistique, ravitaillement
  • 705th Ordnance Company : maintenance et munitions. RĂ©parer et entretenir les armes lĂ©gères, les vĂ©hicules, les Ă©quipements de communication et autres matĂ©riels.
  • Military Police Platoon : sĂ©curitĂ© et discipline. Gestion des mouvements de troupes et de vĂ©hicules, surtout dans les zones de combat.
  • Elements of the Division Photo Team, the Military Interpretation Team, Signal Corps ; Équipe photo divisionnaire, corps des transmissions, documenter visuellement les opĂ©rations militaires.
  • Counter Intelligence Detachment. The force was commanded by Lieutenant Colonel D. W. Thackeray, Division G-2. Ou CID : Ă©tait une unitĂ© spĂ©cialisĂ©e du Counter Intelligence Corps (CIC), rattachĂ©e Ă  chaque division amĂ©ricaine. Sa mission : protĂ©ger les forces armĂ©es contre l’espionnage, le sabotage, la subversion et les menaces internes.

Le 7th Combat Engineer Battalion était une unité du Corps du Génie de l’armée américaine, spécialisée dans les missions de soutien au combat : franchissements, déminage, fortifications, destructions, etc.

  • Un peloton de mitrailleuses (.30 ou .50 cal)
  • Un peloton de mortiers de 81 mm

La compagnie H était une compagnie d’armes lourdes dans un régiment d’infanterie. Elle comprenait :

  • 1 chef de peloton (lieutenant)
  • 1 sergent de peloton
  • 3 escouades de sapeurs, chacune avec :
    • 1 chef d’escouade
    • 8 Ă  10 soldats du gĂ©nie
    • 1 vĂ©hicule (jeep ou camion lĂ©ger)
  • 1 escouade de soutien (optionnelle) :
    • Transport de mines, explosifs, outils lourds

Effectif total : environ 30 Ă  40 hommes

  • Armement individuel : fusils M1 Garand, mitraillettes M3, pistolets M1911
  • Armement collectif : mitrailleuses Browning (.30 ou .50 cal), lance-grenades
  • MatĂ©riel du gĂ©nie :
    • Explosifs (TNT, charges de dĂ©molition)
    • Mines antipersonnel et antichars
    • Outils : pelles, haches, scies, pinces
    • Ponts portables (type Bailey), radeaux, treuils
    • VĂ©hicules
    • Jeep Willys MB pour commandement et reconnaissance
    • Camions GMC 2½-ton pour transport de matĂ©riel
    • Remorques d’explosifs et de mines
    • Parfois vĂ©hicules blindĂ©s lĂ©gers selon le théâtre d’opĂ©ration

Sapeurs du 7th Combat Engineer Battalion en pleine opération de déminage sur la route D69, au petit matin du 8 août 1944, juste après l’explosion qui a touché un M8 Greyhound du 5th Cavalry Reconnaissance Troop.

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Colonel Robert P. Bell

DĂ©barquant sur la plage d’Utah en juillet 1944, la 5th DI servit de troupes de remplacement pour celles perdues lors du premier dĂ©barquement de Normandie en juin. Le 10 juillet, elle Ă©tablit un poste de commandement Ă  Montebourg, Ă  douze milles au nord-ouest de la plage d’Utah, sur la pĂ©ninsule du Cotentin. Puis elle marcha vers le sud en direction de Balleroy, un village situĂ© Ă  trente kilomètres Ă  l’ouest de Caen. Pendant le reste du mois de juillet, la 5th DI combattit Ă  la base de la pĂ©ninsule du Cotentin, Ă©tablissant un poste de commandement Ă  Cerisy-la-Salle le 4 aoĂ»t.22 Pendant ce temps, un obus d’artillerie toucha John Maddox, le blessant Ă  la jambe ; Heureusement, il se rĂ©tablit de cette grave blessure.
De Cerisy-la-Salle, le 10th Infantry Regiment de Maddox quitta la Normandie et marcha 200 kilomètres au sud jusqu’Ă  Angers, rencontrant en chemin une lĂ©gère rĂ©sistance de la part d’unitĂ©s allemandes dĂ©sorganisĂ©es. Angers s’est avĂ©rĂ©e gĂ©ographiquement et tactiquement importante, car la ville marquait une voie centrale pour sortir de la rĂ©gion Bretagne vers le centre et l’est de la France.

Colonel Charles W. Yuill

Le 11th Infantry Regiment : Ă€ 21 h 42, le 4 aoĂ»t, des ordres d’alerte furent donnĂ©s pour un mouvement motorisĂ© vers une autre zone d’assemblĂ©e Ă  proximitĂ© de Saint-Georges-de-Reintembault. Le 5 aoĂ»t, la division se dĂ©plaça, avec deux navettes de transport organique et deux compagnies de camions, jusqu’Ă  Saint-Georges-de-Reintembault, sur une distance de 40 kilomètres, et s’approcha de la nouvelle zone Ă  4 h 20 le 6. Pendant cette pĂ©riode, la troupe de reconnaissance du 5th rĂ©giment de cavalerie patrouilla jusqu’Ă  VitrĂ© au sud sans rencontrer de rĂ©sistance, bien qu’aucune troupe alliĂ©e n’ait auparavant Ă©tĂ© prĂ©sente dans la majeure partie de la zone. Alors que les unitĂ©s de tĂŞte se rapprochaient de la zone de concentration autour de Saint-Georges-de-Reinteinbault, la Division reçut l’ordre de se dĂ©placer vers une nouvelle zone de rassemblement Ă  proximitĂ© de « La Bresne », au sud de VitrĂ©. Ce lieu dit « La Bresne » est inconnu au sud de VitrĂ© mais un lieu dit « Le Fresne en VergĂ©al, lieu qui se trouve situĂ© près de la dans la grande prairie « d’HousillĂ© Â».

Le mouvement devait s’effectuer en deux navettes, utilisant uniquement les moyens de transport. Ce fut le premier d’une longue sĂ©rie de mouvements « sur la route Â» au cours desquels chaque centimètre carrĂ© disponible sur les moyens de transport fut utilisĂ© afin d’empĂŞcher les navettes incessantes des vĂ©hicules « Red Diamond Â». Outre ce mouvement, la Division reçut la mission de s’emparer du pont sur la Seiche, (au village de Carcraon, voici une vue sur le pont oĂą passe la Seiche) Ă  proximitĂ© de La Guerche-de-Bretagne, Ă  quelques kilomètres au sud de la zone de concentration. Le mouvement et la mission furent accomplis sans difficultĂ© et la Division pĂ©nĂ©tra dans la nouvelle zone Ă  6 h 00 le 7 aoĂ»t, Ă  l’exception de quelques unitĂ©s de l’arrière et de service. Le pont nouvellement conquis Ă©tait fortement dĂ©ployĂ© par nos troupes et les canons de l’artillerie divisionnaire y Ă©taient dĂ©ployĂ©s pour parer Ă  toute tentative de contre-attaque. Pendant ce temps, des patrouilles opĂ©raient devant la division sans rencontrer de rĂ©sistance.

C’est pendant la pĂ©riode de mouvement de Cerisy-La-Salle Ă  VitrĂ© que les armĂ©es alliĂ©es formaient les puissantes tenailles qui devaient plus tard se refermer sur la cĂ©lèbre trouĂ©e de Falaise, et les colonnes allemandes en fuite constituaient d’excellentes cibles pour notre aviation. Les troupes de la Cinquième Division ont pu se faire une idĂ©e de l’immense puissance de notre aviation alors qu’elles dĂ©valaient la route qui longeait Avranches et le Mont-Saint-Michel. Des vĂ©hicules cabossĂ©s et du matĂ©riel dĂ©foncĂ© gisaient de chaque cĂ´tĂ© de la route tandis que les colonnes poussiĂ©reuses de la division avançaient vers le sud. Des corps calcinĂ©s de chevaux et d’hommes encombraient les fossĂ©s, et un dĂ©luge de casques, de fusils, de papiers et de vĂŞtements jonchait les champs adjacents Ă  la route. Des batteries de pièces lĂ©gères allemandes de campagne Ă©taient immobilisĂ©es le long des routes, leurs moteurs principaux et leurs caissons ne constituant qu’un obstacle Ă  la circulation des chars roulants.

La percĂ©e s’Ă©tait transformĂ©e en une avancĂ©e radicale, et les forces aĂ©riennes amĂ©ricaines et britanniques balayaient les colonnes boches jour et nuit, les bombardant sans relâche de bombes lĂ©gères et lourdes, et les mitraillant sans relâche. Il Ă©tait Ă©vident pour les hommes de la division que sans le puissant soutien aĂ©rien fourni aux forces terrestres, nombre des engagements mineurs auraient Ă©tĂ© majeurs et que l’avancĂ©e des forces alliĂ©es aurait Ă©tĂ© beaucoup plus lente. L’accueil rĂ©servĂ© aux troupes par la population française des provinces de Normandie et de Bretagne rendait les voyages, mĂŞme les plus pĂ©nibles, plus rentables. Des groupes de paysans se tenaient Ă  chaque carrefour, saluant les troupes qui passaient. Ă€ chaque halte, les Français pressaient des fleurs, des fruits et du vin sur les colonnes libĂ©ratrices.

Pendant ce temps, devant la division, des Ă©lĂ©ments des FFI (Forces françaises de l’intĂ©rieur) tendaient des embuscades aux convois allemands, traquaient les tireurs d’Ă©lite et indiquaient aux Ă©lĂ©ments avancĂ©s les embuscades et les points d’appui possibles. Les rues bondĂ©es des villes Ă©taient pavoisĂ©es de drapeaux, français et amĂ©ricains, et le rugissement de bienvenue dĂ©ferlait comme une vague tandis que les chars, les camions et les jeeps filaient vers le sud. La nĂ©cessitĂ© de maintenir les compagnies de fusiliers Ă  portĂ©e de main des Ă©lĂ©ments de tĂŞte, et la pĂ©nurie de camions de transport de troupes, imposèrent de charger les hommes sur tout ce qui roulait, y compris les chars, les chasseurs de chars et les vĂ©hicules allemands capturĂ©s. Les vĂ©hicules moteurs et les camions de ravitaillement de l’artillerie divisionnaire grouillaient de fusiliers, tout comme les batteries antiaĂ©riennes et les camions-restaurants.

CatégorieÉquipement principalDétails
Armement individuelM1 Garand, M1 Carbine, Colt M1911Fusils semi-automatiques, carabines légères, pistolets
MitrailleusesBrowning M1919, M2 .50 calAppui feu lourd, anti-aérien et anti-véhicule
Mortiers60 mm & 81 mm M1 mortarsAppui indirect, haute cadence
BazookasM1/M9 Rocket LauncherArme antichar portative
VéhiculesJeep Willys MB, camions GMC CCKWTransport de troupes, logistique
Artillerie divisionnaire105 mm & 155 mm howitzersFournie par les Field Artillery Battalions de la division
CommunicationRadios SCR-300, SCR-536Liaison entre unités, commandement
Équipement de terrainTentes, sacs de couchage, outils de tranchéeVie en campagne, fortification légère

Le 11th Infantry Regiment ne possédait pas sa propre artillerie lourde. Celle-ci était fournie par les unités suivantes :

  • 46th Field Artillery Battalion – obusiers de 105 mm
  • 94th Field Artillery Battalion – obusiers de 155 mm
  • 10th Field Artillery Battalion – obusiers de 105 mm

Ces unités appuyaient directement les régiments d’infanterie comme le 11th avec des tirs de barrage, de neutralisation ou de destruction.

  • Le 11th Infantry Regiment Ă©tait une unitĂ© motorisĂ©e mais pas mĂ©canisĂ©e

La carte du siège d’Angers par le 11th Infantry Regiment  revĂŞt une importance capitale, car elle fournit des informations prĂ©cises sur la composition des bataillons en combat, ce qui a permis d’identifier l’intĂ©gralitĂ© des unitĂ©s de la 5th Division ayant ultĂ©rieurement suivi la route de la Manche par Bais.

Photo du camion américain traversant La Guerche. Il appartient à la 5th Infantry Division, 19th Field Artillery Battalion

La Task Force YUILL Ă©tait composĂ©e du 11th Infantry Regiment, commandĂ© par le colonel C. W. Yuill, du 19th Field Artillery Battalion  ; de la Compagnie C du 7th Engineer Battalion;  ; de la Compagnie C du 818th Tank Destroyer Battalion  ; de la Compagnie C de rassemblement, d’un peloton de la Compagnie de dĂ©minage du 5th Bataillon mĂ©dical ; et d’un peloton de la Compagnie D du 735th Tank Battalion. Cette force devait progresser directement vers le sud sur 48 km jusqu’Ă  Châteaubriant, puis vers le sud-est jusqu’Ă  Angers, sur 70 km supplĂ©mentaires, et capturer la ville.

Le jeudi 10 aoĂ»t 1944, les troupes amĂ©ricaines de la 11th Infantry Regiment de la 5th Infantry Division (Mechanized), « Red diamond », parviennent Ă  traverser le pont endommagĂ© de la Basse-ChaĂ®ne et Ă  progressivement investir le centre-ville D’Angers. GĂ©nĂ©ral Birdsong, William H., Jr. Commanding Officer, HQ, 3rd Battalion, 11th Infantry Regiment, 5th Infantry Division « Red Diamond », U.S. Army. Le 11th rĂ©giment avait trois bataillons. Le 1er a attaquĂ© de La Membrolle vers AvrillĂ© et est arrivĂ© Ă  la Maine par la rue Beaurepaire. Le 2th bataillon a attaquĂ© par la route de Nantes et est entrĂ© dans Angers par la rue Saint-Jacques.

Le 735th Tank Battalion. Le 6 aoĂ»t 1944. Message tĂ©lĂ©phonique reçu Ă  12 h 40 demandant au capitaine Robinson, de la 5th division d’infanterie, de rejoindre leurs rĂ©giments. La compagnie « B Â», rattachĂ©e au 10th bataillon d’infanterie, et la compagnie C ont reçu l’ordre verbal Ă  16 h de partir Ă  19 h 15 et de se diriger vers la zone de concentration de la division, près de VitrĂ©, en France. Le dĂ©part a Ă©tĂ© de nouveau retardĂ© et nous n’avons pas pu partir avant 21 h 30.

Le 7 aoĂ»t 1944, le bataillon, sans les compagnies « B Â» et Co « C Â», s’est rapprochĂ© dans une nouvelle zone. Ă€ 2 h 00, position 350467 (Lieu-dit La GĂ©rardière-Ronceray Ă  Étrelles), carte rĂ©f. 1/100 000, feuille 6G de la Belgique et de la France. Il s’agissait d’une marche d’environ 56 km ; la compagnie « B Â» a pris position Ă  1 h 20. Ă€ 13 h 30, le poste 355465 (Lieu-dit La ChĂ©devinière Ă  Étrelles), a reçu un message au 1er peloton, la compagnie « D Â», lui demandant de se prĂ©senter au commandant de section de S Ă  14 h 30. Le chef de peloton (Lt. Taylor) et le peloton lui demandant de se prĂ©parer pour une opĂ©ration de trois jours ont reçu Ă  15 h 05 un autre message au peloton (Lt. Scialla) de la compagnie « D Â» pour rejoindre le CT 2. La mission consistait Ă  s’emparer et Ă  tenir un pont au sud d’Angers (850780), feuille n° 14, /250 000, sur la Loire, connu sous le nom de force de Yuill.

Structure et équipement par compagnie

CompagnieÉquipement principal
Compagnie QG10 jeeps, 8 half-tracks, 3 M21 (mortiers 81 mm), 2 M4 Sherman 75 mm, 3 M4 105 mm
Compagnie A, B, C17 M4 Sherman 75 mm, 1 M32 ARV (véhicule de récupération), 1 half-track, 2 jeeps
Compagnie D17 M5 Stuart ou M24 Chaffee, 1 M32 ARV, 1 half-track, 2 jeeps

Soutien et armement additionnel

  • Chars :
    • 53 Ă— M4 Sherman
    • 17 Ă— M5 Stuart ou M24 Chaffee
    • 6 Ă— M4 105 mm (obusier)
  • VĂ©hicules :
    • 3 Ă— M21 half-track (mortiers)
    • 16 Ă— half-tracks
    • 39 Ă— camions 2½ tonnes
    • 23 Ă— jeeps
  • Armement individuel :
    • 35 Ă— bazookas
    • 449 Ă— mitraillettes
    • 227 Ă— carabines
    • 6 Ă— mortiers de 81 mm

Effectifs

  • 39 officiers
  • 2 enseignes
  • 709 sous-officiers et soldats

Un camion militaire GMC CCKW 2½ tonnes, surnommé « Jimmy ». Image générée par IA via Microsoft Copilot.

Un M21 Half-track Mortar Carrier, mortier de 81 mm M1. Image générée par IA via Microsoft Copilot.

Un M4 Sherman 75 mm du 735th Tank Battalion. Image générée par IA via Microsoft Copilot.

Un M24 Chaffee du 735th Tank Battalion. Image générée par IA via Microsoft Copilot.

Un M5 Stuart du 735th Tank Battalion. Image générée par IA via Microsoft Copilot.

Le 818th Tank Destroyer Battalion a entamĂ© sa marche vers le sud de la France le 6 aoĂ»t 1944. Après avoir parcouru 64 kilomètres, il est arrivĂ© Ă  VitrĂ© le 7 aoĂ»t Ă  3h00. Le 8 aoĂ»t, le bataillon a poursuivi sa progression sur 88 kilomètres, bivouaquant près de  Saint-ClĂ©ment-de-la-Place. La route Ă©tait jonchĂ©e de nombreux dĂ©bris. Ă€ ce moment, la 5ème Division et le 818th Tank Battalion Ă©taient bloquĂ©s depuis deux jours et demi par les forces ennemies dans la rĂ©gion d’Angers.

Composition en matériel du 818th Tank Destroyer Battalion

PériodeÉquipement principal
Juillet 1944M10 GMC (canon automoteur de 76 mm)
Février 1945M36 GMC (canon automoteur de 90 mm)
  • M10 GMC : montĂ© sur châssis de char M4A2, Ă©quipĂ© d’un canon de 76 mm, sans tourelle fermĂ©e (ouvert sur le dessus).
  • M36 GMC : version amĂ©liorĂ©e avec un canon de 90 mm, capable de dĂ©truire les chars lourds allemands comme les Panther ou Tiger.

Un M10 GMC du 818th Tank Battalion. Image générée par IA via Microsoft Copilot.

Un M36 GMC du 818th Tank Battalion. Image générée par IA via Microsoft Copilot.

Visite à la ferme de « La Chènevétrie » – Mercredi 3 septembre 2025

Le mercredi 3 septembre 2025, j’ai eu l’honneur d’être accueilli à la ferme de « La Chènevétrie » par son exploitant actuel, Monsieur Samuel Dugas. Cette exploitation agricole, transmise de génération en génération depuis 1860, constitue un patrimoine familial remarquable.


Dans le cadre de mes recherches relatives à un ancien bivouac militaire, quelques échanges préliminaires ont eu lieu en début d’année avec le père de Samuel, Monsieur Pierre-Yves Dugas. Né dans l’immédiat après-guerre, ses souvenirs sont essentiellement constitués de récits transmis par son propre père ainsi que par le commis de la ferme. Ce dernier rapportait notamment qu’un matin, alors qu’il s’était levé de bonne heure pour aller couper du trèfle dans la prairie, il avait aperçu des véhicules américains quittant les lieux à l’aube.


Lors de mon premier entretien avec Samuel Dugas, il fut question de ce campement situé dans une prairie qui, depuis lors, est communément désignée sous le nom de prairie aux Américains. L’accès à cette parcelle se trouve à quelques centaines de mètres sur la gauche, en empruntant la route reliant Teillais à Domalain.


Bien que la date exacte de ce bivouac demeure inconnue, il subsiste sur place des traces matérielles de la présence des soldats américains, notamment deux ou trois jerricans abandonnés. Deux d’entre eux sont encore conservés à la ferme, dans leur état d’origine.


Une visite sur le terrain a permis d’observer l’emplacement supposé de ce bivouac. Il convient de noter que le paysage a considérablement évolué depuis les opérations de remembrement. Une consultation du cadastre napoléonien permettra d’apprécier les modifications apportées à la configuration des parcelles.
La prairie de la ferme Dugas.

Selon la section du Teillais-C1, les anciennes parcelles ayant été le bivouac américain serait la parcelle, n°238 « La feronnerie », il y avait ce chemin de terre qui partait de la route de Teillais/Domalain, situé à 250 mt de la dites route. Un bivouac bien caché derrière la haie. Haie qui se trouve toujours à la même place en 2025. Voir la photo aérienne de 1950.

Vue de la zone du bivouac vers la route de Teillais

Prairie lieu du bivouac, au fond au delà de la haie la « Loge Bâtie », nous voyons la ligne à haute tension qui passe dans la prairie du « Haut-Goué »

Prairie lieu du bivouac, au fond a delĂ  de la haie, lieu d’atterrissage des Piper Cub

Les deux jerrican étant dans leur jus, il est noté dessus Q.M.C. et au dos USA. Marquages, fabricant Q.M.C. (Quarter Master Corps)

Selon les comptes rendus des quatre dossiers IDPF des tués.

Ci-dessus, des hommes de la section de maintenance et d’approvisionnement du quartier gĂ©nĂ©ral des troupes en route pour ravitailler et rationner les pelotons qui avaient effectuĂ© une mission de reconnaissance plus tĂ´t ce jour-lĂ .
La section d’approvisionnement, composĂ©e de dix-neuf hommes, avec la mission indiquĂ©e, voyageant Ă  bord d’une voiture blindĂ©e, de deux semi-chenillĂ©s et d’un camion d’une demi-tonne, en route pour ravitailler deux pelotons, a Ă©tĂ© dĂ©signĂ©e « Force Thackerays Â». Ce groupe partait des environs de Mondron (sud-ouest de VitrĂ©, VergĂ©al), via Craon, Château-Gontier, Daon, Le Lion d’Angers. Peu après avoir franchi Le Lion D’angers et ne rencontrant aucun Ă©lĂ©ment de la force opĂ©rationnelle, il s’est dirigĂ© vers l’objectif. Ă€ une distance estimĂ©e Ă  4,5 km au nord-ouest d’Angers, dans l’obscuritĂ©, il s’est heurtĂ© Ă  un champ de mines antichar et Ă  un barrage routier en travers de l’autoroute. Les avant-postes allemands ont bloquĂ© la sortie et ont tirĂ© au mortier, Ă  la mitrailleuse et aux armes lĂ©gères sur le groupe pris en embuscade.

DÉCLARATIONS DES TÉMOINS, LE CAS ÉCHÉANT :
Voir le certificat ci-joint du 1st. lieutenant LOUIS R. MORRIS, 5th Régiment de la Force de réserve, qui a mené l’enquête.
DĂ©clarations sous serment du sergent-chef Wardie Barnett, 15011532 â€“ Membre du groupe.
T/5. gr Vincent J. Hughes, 33600563 – Membre du groupe.

Après avoir prĂŞtĂ© serment, le Tec 5. Vincent J. Hughes, 33600563, 5th troupe de reconnaissance (Mecz), APO 5 (Army Post Office, 5th Infantry Division – APO 5), aux soins du maĂ®tre de poste, New York, N.Y., a tĂ©moignĂ© comme suit :
« Vers 00 h 15, le 8 aoĂ»t 1944, une automitrailleuse lĂ©gère (M8 Greyhound
), qui conduisait un convoi de deux semi-chenillĂ©s (M3 Half-track) et d’un camion d’un quart de tonne (Jeep Willys M38 ou Willys MC), a percutĂ© un champ de mines et un barrage Ă  environ 4,5 km au nord-ouest d’Angers, en France. L’automitrailleuse a explosĂ© et a immĂ©diatement pris feu. Tous les occupants, Ă  l’exception du soldat Arthur H. Klug, 3601909, ont Ă©tĂ© projetĂ©s hors de la voiture et ont Ă©tĂ© blessĂ©s. Les deux semi-chenillĂ©s et le camion d’une tonne se sont arrĂŞtĂ©s Ă  proximitĂ© de l’automitrailleuse en feu. L’artillerie a ensuite Ă©tĂ© attaquĂ©e par des tirs nourris de mortiers, de mitrailleuses et d’armes lĂ©gères.

Le
sergent-chef. Kardle Barnett et moi-mĂŞme avons couru vers l’automitrailleuse. Pour enquĂŞter et porter secours aux blessĂ©s. Nous avons rĂ©cupĂ©rĂ© le Sergent Jesse Rice, matricule 15054951, qui gisait au sol Ă  proximitĂ©, blessĂ© aux jambes, et nous l’avons transportĂ© jusqu’Ă  l’un des half-tracks. Nous sommes ensuite retournĂ©s porter secours au soldat Klug, dont les jambes semblaient coincĂ©es sous le canon de 37 mm. Nous n’avons pas pu le sortir de lĂ  et, malgrĂ© nos efforts, sous un feu nourri, nous nous sommes cachĂ©s pour quitter les lieux sans lui. On pense qu’il a Ă©tĂ© brĂ»lĂ© dans la voiture et que le Sergent Rice a peut-ĂŞtre Ă©tĂ© capturĂ© par l’ennemi après notre dĂ©part, abandonnant les half-tracks et le semi-chenillĂ© de 7,5 tonnes derrière nous.

Quatre hommes d’un groupe de dix-neuf hommes ont Ă©tĂ© les premiers Ă  s’Ă©chapper et, avec l’aide des Français libres, nous avons atteint le quartier gĂ©nĂ©ral des troupes le 9. Sept d’entre nous sont restĂ©s avec les Français libres tandis que le Sergent-chef Arlie E. Robinson, Le Tec 5. Waitman Dodd, le Tec 5. Harold F. Nielsen et le soldat Creason Babineaux, blessĂ©s, ont Ă©tĂ© transportĂ©s d’urgence Ă  l’hĂ´pital amĂ©ricain. On ignore ce qu’il est advenu de deux autres membres du groupe, le Tec 4. Kenneth A. Anderson et le Tec 5 Kenneth Smartt, mais on pense qu’ils ont Ă©tĂ© tuĂ©s pendant l’engagement. Des civils Ă  AvrillĂ© nous ont informĂ©s qu’ils avaient rĂ©cupĂ©rĂ© trois corps : l’un brĂ»lĂ© dans le vĂ©hicule blindĂ©, probablement celui de Klug, et les deux autres sur les lieux de l’incident, probablement ceux d’Anderson et de Smartt. Ces trois soldats ont ensuite Ă©tĂ© enterrĂ©s par les Français au cimetière d’AvrillĂ©.

Le 10 aoĂ»t 1944, après l’Ă©vacuation de la ville d’AvrillĂ© par l’ennemi, je me suis rendu sur les lieux de l’affrontement. J’ai contactĂ© des civils et j’ai Ă©tĂ© conduit au cimetière local, oĂą ils m’ont dit avoir enterrĂ© trois soldats amĂ©ricains. Les Français avaient enterrĂ© deux hommes dans une fosse le 8 et y avaient placĂ© leurs deux casques. L’un portait le nom de Smartt et l’autre celui d’Anderson. Les Français m’ont racontĂ© qu’après l’extinction des flammes dans le vĂ©hicule blindĂ©, ils s’y Ă©taient rendus, avaient retirĂ© un corps (probablement celui de Klug) et l’avaient enterrĂ© dans la deuxième fosse le 10 aoĂ»t. Les plaques d’identification de Klug m’ont Ă©tĂ© remises et elles avaient clairement Ă©tĂ© brĂ»lĂ©es. D’après le rĂ©cit des Français, il semble que l’homme restĂ© dans le semi-chenillĂ©, le sergent Jesse Rice, ait Ă©tĂ© enlevĂ© par les Allemands lors de l’enlèvement des vĂ©hicules. Toutes les informations ont Ă©tĂ© placĂ©es dans des enveloppes impermĂ©ables et fixĂ©es aux stèles funĂ©raires. Tous les papiers d’identitĂ© (Ă©tiquettes, etc.) avaient Ă©tĂ© retirĂ©s des corps par les Allemands avant leur inhumation par les Français.
Je certifie Ă©galement que, d’après la description qui m’a Ă©tĂ© donnĂ©e par les habitants d’AvrillĂ©, le soldat Klug a Ă©tĂ© brĂ»lĂ© vif dans le vĂ©hicule blindĂ©, et que les Tec 4 Anderson et Tec 5. Smartt ont Ă©tĂ© tuĂ©s lors de l’engagement.

Avrillé, le 16 août 1944. Événements qui se sont déroulés sur le territoire de la commune d’Avrillé du 8 au 16 août 1944.

Dans la nuit du 7 au 8 aoĂ»t, un violent bombardement s’abat sur le bourg. Mademoiselle Delerable a Ă©tĂ© blessĂ©e dans son lit par un obus qui a traversĂ© le mur, (jambe cassĂ©e). Ă€ la première heure, je suis allĂ© trouver un poste de secours allemand dans le bourg. Un infirmier est venu pour le premier pansement. J’ai demandĂ© un passeport afin de pouvoir conduire la blessĂ©e Ă  l’hĂ´pital dans la voiture de la DĂ©fense Passive. Au cours de la nuit, plusieurs voitures amĂ©ricaines sont venues. Une a sautĂ© sur les mines. Il y eut trois morts que nous avons enterrĂ©s dans le cimetière d’AvrillĂ©. Les autres survivants ont pu s’échapper et se sont cachĂ©s dans un abri. Plusieurs agents de la DĂ©fense Passive et les voisins les ont ravitaillĂ©s pendant deux nuits et une journĂ©e. Ils Ă©taient au nombre de cinq. Ils ont rejoint leurs camarades qui Ă©taient dans les alentours. Grande bataille sur l’étendue du bourg et du terrain de manĹ“uvres. La plupart des gens avaient Ă©vacuĂ© leur maison.
Signé : Riveron

Avrillé, nuit du 7 au 8 août 1944

Voici Ă  ma connaissance comment s’est produite l’arrivĂ©e des AmĂ©ricains Ă  AvrillĂ©. Il Ă©tait une heure et demie du matin, le 8 aoĂ»t, lorsque j’entendis une forte dĂ©tonation se produire Ă  l’extrĂ©mitĂ© du pays en direction d’Angers, et quelques minutes après une fusillade du cĂ´tĂ© opposĂ©, en direction de Montreuil-Belfroy. Quelques instants après, mon camarade Huellou m’appelle en me disant qu’une voiture amĂ©ricaine Ă©tait arrivĂ©e en face de chez lui. Ă€ ce moment se prĂ©sente un premier soldat amĂ©ricain, puis surviennent quelques instants après quatre de ses camarades. Nous les avons logĂ©s tous les cinq dans l’abri de Monsieur Lecoq. Il y avait trois blessĂ©s, dont un assez grièvement. Vers 7 heures du matin, les Boches s’emparent de la voiture, et en regardant du cĂ´tĂ© oĂą s’Ă©tait produite la fusillade, j’aperçois deux corps Ă©tendus sur le cĂ´tĂ© de la route, en face du Cottage Sainte-Marie oĂą Ă©taient logĂ©s les Boches. J’appelle mes deux camarades Huellou et Roer Alexandre, et nous partons voir. Lorsque nous approchâmes, c’Ă©taient deux malheureux soldats amĂ©ricains qui Ă©taient tuĂ©s. Un officier boche s’approcha et nous dit en avoir fait un prisonnier. Un camarade partit prĂ©venir le Maire pour procĂ©der Ă  l’enterrement de ces deux malheureux. Pendant ce temps, ma femme, ma belle-mère et quelques voisins avaient Ă©tĂ© soigner les trois blessĂ©s et leur donner quelques victuailles. Le mercredi matin 9 aoĂ»t, les Boches Ă©taient partis d’AvrillĂ©. Nous avons, moi, Huellou et Lecoq, reconduit nos cinq amis Ă  leurs camarades au lieu dĂ©nommĂ© « Les Cinq Chemins ». Ă€ notre retour, nous apprenons qu’une voiture avait sautĂ© sur le champ de mines oĂą s’Ă©tait produite la dĂ©tonation, et lĂ  un autre soldat amĂ©ricain Ă©tait tuĂ©. Nous l’avons transportĂ© avec deux autres camarades au cimetière. Voici ce dont j’ai Ă©tĂ© tĂ©moin.
Signé : Cussonneau

ÉvĂ©nements survenus sur le territoire de la commune d’AvrillĂ© du 8 au 16 aoĂ»t 1944
TĂ©moignage d’un tĂ©moin
Voici mon rĂ©cit de l’arrivĂ©e des AmĂ©ricains Ă  Avrillè. Il Ă©tait 1 h 30 le matin du 8 aoĂ»t lorsque j’entendis une forte dĂ©tonation Ă  l’extrĂ©mitĂ© du pays, en direction d’Angers, et quelques minutes plus tard, un bombardement venant du cĂ´tĂ© opposĂ©, en direction de Montreuil-Belfroy. Quelque temps plus tard, un ami nommĂ© Huellou m’appela de loin pour m’annoncer qu’un vĂ©hicule amĂ©ricain Ă©tait arrivĂ© devant sa maison. Ă€ ce moment, le premier soldat amĂ©ricain apparut, suivi quelques instants plus tard de quatre de ses camarades. Nous logeâmes tous les cinq dans l’abri antiaĂ©rien de Monsieur LECOQ. Il y avait trois blessĂ©s qui souffraient beaucoup. Puis, vers 7 h, les Allemands emportèrent le vĂ©hicule et inspectèrent le lieu du bombardement. J’ai aperçu deux corps au bord de la route, devant le chalet Sainte-Marie oĂą logeaient les Allemands. J’ai appelĂ© mes deux amis Huello et Alexandre Royer, et nous sommes allĂ©s les voir. Alors que nous approchions des deux malheureux soldats tuĂ©s, un officier allemand s’est approchĂ© et nous a demandĂ© de les faire prisonniers. Il avait pris un ami. Un ami est parti chercher le maire pour procĂ©der Ă  l’enterrement des deux malheureux. Pendant ce temps, ma femme, ma belle-mère et des voisins sont arrivĂ©s pour soigner les trois blessĂ©s et leur donner Ă  manger.

Sont Ă©galement jointes les dĂ©clarations de tĂ©moins oculaires. Il convient de prĂŞter attention Ă  la dĂ©claration de Jules Cussonneau : « Un officier allemand s’est approchĂ© et a annoncĂ© qu’il avait fait un prisonnier. » Les deux tĂ©moins affirment que seuls trois soldats ont Ă©tĂ© tuĂ©s, ce qui suggère que le sergent Jesse Rice, matricule 15054951, pourrait ĂŞtre le soldat fait prisonnier.

Lors de leur progression vers Angers, la 5th troupe de reconnaissance mécanisée (Mecz) a subi ses premières pertes. Une section de maintenance et d’approvisionnement du quartier général semblait avoir pris de l’avance sur le reste du 5th Cavalry, empruntant une route plus au nord — probablement une trajectoire moins sûre. Il est à noter que, dans le cadre de leurs différentes patrouilles, certains éléments ont suivi des itinéraires variés pour atteindre Angers.


Quoi qu’il en soit, la 5th Cavalry Reconnaissance Troop (Mechanized) constituait l’avant-garde de la 5th Division dans sa course vers Angers.
Les premiers bataillons du 11th Infantry Regiment sont arrivés aux abords de la ville d’Angers au petit matin du 8 août. Ils ont été suivis dans leur avancée par le 10th Infantry Regiment.

🕯️ S/Sgt. Jesse Rice

  • Grade : Staff Sergeant
  • UnitĂ© : 5th Cavalry Reconnaissance Troop (Mechanized)
  • Date de dĂ©cès : 9 aoĂ»t 1944
  • Lieu : Kriegslazarett 1/604 Ă  Tours Ă  0h30.
  • Cause : Blessures suite Ă  explosion
  • Hommage : EnterrĂ© au cimetière de Tours. (Indre et Loire).
  • Jesse Rice est nĂ© le 25 mars 1922 Ă  Jessamine County, Kentucky, USA.

🕯️ Tech/4. Kenneth A. Anderson

  • Grade : Technician Fourth Grade
  • UnitĂ© : 5th Cavalry Reconnaissance Troop
  • Date de dĂ©cès : 8 aoĂ»t 1944
  • Lieu : AvrillĂ©
  • Cause : Mine terrestre
  • Hommage : SoignĂ© par les habitants, dĂ©cĂ©dĂ© peu après
  • Kenneth A. Anderson est nĂ© le 29 mai 1920. Chicago, Cook County, Illinois, USA.

🕯️ Tech/5. Kenneth Smartt

  • Grade : Technician Fifth Grade
  • UnitĂ© : 5th Cavalry Reconnaissance Troop
  • Date de dĂ©cès : 8 aoĂ»t 1944
  • Lieu : AvrillĂ©
  • Cause : Mine terrestre
  • Hommage : TransportĂ© au cimetière par les civils
  • Kenneth Smartt est nĂ© le 6 mai 1920 Ă  Irving College, Warren County, Tennessee, USA.

🕯️ Pfc. Arthur Herman Klug

  • Grade : Private First Class
  • UnitĂ© : 5th Cavalry Reconnaissance Troop
  • Date de dĂ©cès : 8 aoĂ»t 1944
  • Lieu : AvrillĂ©
  • Cause : Mine terrestre
  • Hommage : MentionnĂ© dans les tĂ©moignages civils
  • Arthur Herman Klug est nĂ© le 27 octobre 1913 Ă  Ada, Norman County, Minnesota, USA.

La VOIE de la 2e DB LECLERC - Bornes du serment de KOUFRA

818th Tank Battalion

Un ouvrage intitulé : On the Way: The Story of the 195th Field Artillery Battalion publié en 1945 retrace en détail l’histoire de cette unité, avec cartes, portraits et témoignages. Consultable gratuitement sur Internet Archive.

Dossier IDPF – ANDERSON_KENNETH_16004214 – KLUG_ARTHUR_36019209 – RICE_JESSE_15054951 – SMARTT_KENNETH_34147896

Le Kriegslazarett 1/604, ou hôpital militaire allemand n°1 de la 604ème unité, était actif à Tours pendant la Seconde Guerre mondiale, notamment à partir du 22 février 1943. Il faisait partie de la Kriegslazarett-Abteilung 604, une unité médicale de l’armée allemande qui gérait plusieurs hôpitaux de campagne et établissements pour les blessés légers.
À Tours, elle a été impliquée dans le traitement des soldats blessés, notamment ceux du 8ème régiment de sécurité et du 7ème régiment de chars (Panzer-Regiment 100)

Le 2nd Cavalry Reconnaissance Group Mechanized
Photo Remonter le temps – IGN – 1950
Recherche documentaire : Fonds d’archives : 10 Fi 12 (48) : Commune de Bais. THOT Internet

Journal de marche original du 195th FA Group est conservé aux U.S. National Archives, sous les fonds de la 3rd Army / XX Corps.

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